Journalisme ou Guerre froide ?

les nouveaux chiens de gardeLe Pen père et fille agents du KGB-FSB…pour l’Obs., Sapir agent stipendié de Poutine pour .

Mais  que ne vont-ils pas encore inventer ?

On pourrait en rire mais ces journaux et leurs pseudo-journalistes (pas tous, certains, hélas nombreux) trompent des lecteurs de bonne foi.

Un véritable climat de guerre froide s’installe sur les ondes et dans la presse. Quotidiennement le combat des communistes pour l’émancipation humaine est réduite à une entreprise criminelle, ceux qui résistent tant soit peu à l’impérialisme (stade suprême du capitalisme) sont traités de clone d’Hitler, pour ces médias, propriété du capital ou de ses laquais, l’amalgame est constant, la confusion la règle, le mensonge la loi.

Les Le Pen sont des anti-communistes revendiqués, hystériques qu’importe cela ! Qu’importe que le FN a passé des accord avec les nazis ukrainiens de Svoboda !  Ce qui compte c’est de créer des réflexes conditionnés : Poutine=Communiste=Fasciste. Qu’importe que l’URSS ait vaincue le fascisme-nazisme au prix de plus de 27 millions de morts? Qu’importe que dans tous les pays occupés par le fascisme/nazisme les communistes fussent les Résistants anti-fascistes les plus résolus, les plus nombreux, les mieux organisés ? Qu’importe que toutes les plus sanglantes dictatures fascistes depuis 1945 aient été soutenues par les États-Unis et les impérialistes ? Les faits ne comptent pas, ce qui compte c’est de faire croire aux citoyens que se battre pour un meilleur salaire  et un avenir digne pour ses enfants c’est préparer le Goulag ou la guillotine place de la Concorde redevenue, le temps d’un cauchemar, la place de de la Révolution.

Qu’importe que les communistes de Russie combattent Poutine? Qu’importe que nous, communistes de France, nous disions que face à l’agression impérialiste en Ukraine, où l’UE et les États-Unis soutiennent les fascistes, nous soutenons les forces anti-fascistes et anti-impérialistes?

Là encore il s’agit de cacher la vérité avec du brouillard idéologique. Nous, contrairement à Libération ou l’Obs, nous combattons les fascistes ici, en Ukraine et partout. La fascisation c’est aussi cela : la calomnie, l’amalgame en lieu et place du débat démocratique et pluraliste.

C’est pourquoi nous exprimons à notre solidarité face aux attaques scandaleuses de Libération, le journal des capitalistes Ledoux (issu de la famille Ledoux propriétaire de la multinationale minière Penarroya (Metaleurop), Groupe Colber ) et Drahi (Numéricable – SFR).

Et nous rappelons ce que disait Orwell: “Dans ces temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire”.

L’aberration de Libération

27 octobre 2014

Par

Libération vient ce commettre un mauvais coup, quelque chose dont ce journal moribond nous avait donné l’habitude depuis 2005 et la campagne du référendum sur le projet de constitution européenne. Mais, cette fois, ce mauvais coup porte sur la Russie et prend la forme d’une pseudo-enquête sur les « réseaux de Poutine » en France. Il est frappant que, dans l’esprit de ces « journalistes », on ne puisse défendre des positions qu’au travers de réseaux. Sans doute est-ce le reflet du monde grégaire dans lequel ils vivent. Mais il y a plus grave. Il y avait une tradition dans la presse française, qui remontait à Émile Zola ; c’était celle de « J’accuse ». Aujourd’hui, les journalistes dénoncent. Le passage d’un mot à un autre en dit long sur le processus de dégénérescence. Cette « dénonciation » se trouve dans le numéro de vendredi 24 octobre. Je n’aurais pas relevé ce qu’elle avait d’ignominieux si certains de mes collègues et amis n’étaient aussi mis en cause.

Du journalisme d’investigation au journalisme d’inquisition

Le soi-disant dossier fait sept pages. C’est rendre beaucoup d’honneur à ceux qui sont mis en cause. Je suis persuadé que d’autres, hommes politiques ou industriels, sauront y répondre. Je me contenterai de ce que je connais, et je prêcherai pour ma paroisse.

Courriel de présentation de la journaliste de Libération

De: “Lorraine Millot” <lorrmillot@gmail.com>

À: sapir@msh-paris.fr

Envoyé: Lundi 8 Septembre 2014 17:05:08

Objet: Interview avec Libération

Cher Monsieur Sapir,

serait-il possible de vous rencontrer pour un entretien avec Libération? Je voudrais vous interroger sur la relation franco-russe et l’image du régime russe en France, dans le contexte actuel du conflit en Ukraine.

En tant qu’ancienne correspondante à Moscou, et Washington, je serais aussi très heureuse de cette occasion de faire votre connaissance.

Lorraine Millot

Libération

—–

La journaliste, qui s’était présentée ainsi le lundi 8 septembre, commence son papier par cette affirmation : « il nous cueille par une question, la même exactement que celle posée par John Laughland de l’étrange Institut de la démocratie et de la coopération ‘pouvez-vous prouver que la Russie est intervenue cet été en Ukraine ?’ » C’est tout simplement faux. La conversation n’a pas commencé sur ce point, et je ne suis pas si mal élevé que j’apostropherais de la sorte une personne ayant demandé à me voir. Quand la discussion est venue sur ce sujet, j’ai demandé à la journaliste si elle avait les preuves d’une présence massive de l’armée russe dans l’Est de l’Ukraine. Je lui ai fait part de mes doutes sur ce point, mais aussi du fait qu’il était certain que la société russe s’était assez largement, et avec l’accord du gouvernement, portée au secours des forces insurgées. La présentation de cette partie de notre entretien est tout simplement mensongère.

Nous avons ensuite longuement évoqué mes recherches sur la Russie, qui datent de 1976 et je me suis attardé sur les problèmes de financement que connaissent les chercheurs. Ceci donne, retraduit en langage de journaliste de Libération : « Pour ce qui est des financements de son centre d’études, Jacques Sapir explique bénéficier de contrats avec des entreprises occidentales ». Le fait que le CEMI et le séminaire Franco-Russe aient bénéficié d’un soutien constant et intangible tant de l’EHESS, dont nous dépendons, que la Fondation Maison des sciences de l’homme, est ainsi passé sous silence. Que plusieurs de mes thésards aient eu des allocations de recherches (on dit aujourd’hui « bourses doctorales ») est tout autant ignoré, et je suis bien obligé de constater que cela est volontaire, et fait avec une évidente intention de nuire. Par ailleurs, oui, nous avons eu des contrats, des administrations (par exemple le Ministère de la Défense) comme de sociétés occidentales, et pour tout dire françaises. En quoi cela est-il différent de la situation des centres de recherches en économie de Toulouse (où officie Jean Tirole) et de Paris de l’EHESS ? Ici encore, on ne peut que relever l’intention de nuire, de discréditer. Je le dis sans fard : je suis fier d’avoir trouvé pour certains de mes étudiants des contrats. Je sais que nous, économistes, avons plus de facilité pour ce faire que les historiens ou les anthropologues. C’est pourquoi j’ai toujours considéré de ma responsabilité vis-à-vis de collègues opérant dans des disciplines importantes mais moins reconnues, de trouver par moi-même des financements afin de leur laisser une plus grande part des maigres ressources qui nous sont allouées par l’administration. Cela, je l’ai aussi dit à cette journaliste, mais à la lire, j’aurais pu tout aussi bien pisser dans un violon !

Cerise sur le gâteau, cette journaliste m’a posé une question sur mes revenus personnels. Comme s’il était impossible que l’on ait des positions convergentes avec celle du gouvernement russe sans être payé par ce dernier. Voilà qui en dit long sur la mentalité mercenaire qui sévit, semble-t-il, à Libération. On entendrait les cris d’orfraie de ces journalistes si l’on se mettait à noter la liste de leurs commanditaires. Nous aurions instantanément les oreilles cassées par des cris de défense de la «  d’expression ». Qu’une journaliste soit incapable de penser qu’une personne a des postions, justes ou fausses, simplement parce qu’il a fait une certaine analyse de la situation sur le terrain signe le triste constat d’une presse non pas aux ordres mais à gages.

Les individus et la profession

Ceci cependant soulève un problème qui dépasse de loin le cas d’une journaliste. Tout d’abord, et je connais un peu les us et coutumes de la profession, cet article a été discuté en conférence de rédaction. Il a été relu. Nul ne s’est offusqué des imprécisions, mensonges et calomnies fielleuses qu’il contenait. Nul n’a demandé des comptes à la journaliste, ne lui a suggéré que des références aux travaux des uns et des autres, qu’il s’agisse d’Hélène Carrère d’Encausse ou de Philippe Migaut s’imposaient, simplement pour que le lecteur puisse se forger une opinion par lui-même. Il y a donc ici responsabilité collective de la rédaction de Libération dans la volonté non pas d’informer mais de désinformer. C’est en cela qu’il est révélateur d’un problème général qui touche une partie de la presse écrite française. On peut d’ailleurs signaler que les lecteurs de Libération, à la différence de ceux du Guardian en Grande Bretagne, du Spiegel en Allemagne, ne sauront rien des fosses communes découvertes par les insurgés après le repli des troupes du gouvernement de Kiev, ni de l’emploi d’armes à sous-munitions ou de missiles lourds, signalés par l’ONG Human Right Watch. C’est bien à une désinformation, qui s’inscrit dans une de guerre, que se livre Libération.

Non qu’il soit interdit à un journaliste d’avoir des opinions ; bien au contraire. Mais, un journaliste devrait faire la distinction entre ses opinions et les informations qu’il rapporte. Dans la presse anglaise et américaine, ceci est même institutionnalisé par la séparation nette entre articles d’informations et éditoriaux. Mais, il est clair que ce genre de distinction, et donc d’éthique, est étrangère à une partie de nos journalistes, qui vit d’ailleurs bien souvent dans des relations incestueuses avec le monde politique ou celui des affaires. La presse écrite d’information est mourante en France. Il suffit de lire The Guardian ou le Washington Post et de les comparer à Libération ou au Monde pour comprendre pourquoi. Non qu’il n’y ait de bons journalistes en France. On en trouve encore quelques uns. Mais la profession elle-même, faute d’accepter un regard critique sur sa pratique, est en train de faillir. Car ce dossier de Libération n’est hélas ! pas isolé. On se souvient du dossier du Point sur les « néo-conservateurs », qui par un mélange d’insinuations, de mensonges francs, et de détournements d’étiquettes cherchait à construire un bloc qui n’existait que dans le cerveau malade de ses rédacteurs. On se souvient aussi des mensonges proférés à mon égard par des journalistes de l’AFP 1. Mais, dans ce cas, la direction du bureau Russie avait rapidement corrigé le tir et s’était excusée du préjudice commis, ce qui est tout à son honneur, et prouve, s’il en était besoin, qu’il y a encore des femmes et des hommes de conscience et d’honneur parmi les journalistes.

Une mesquinerie

Il reste à signaler une ultime mesquinerie dans cet article crapuleux de Libération. Il est en réalité réservé aux seuls abonnés. Si on ne me l’avait pas signalé, et si un ami ne me l’avait pas fait parvenir, je l’eusse ainsi ignoré. Il semble bien loin le temps où un journaliste, mettant en cause une personne, lui faisait parvenir en avance l’article litigieux pour qu’il puisse, si l’envie l’en prenait, y répondre. Le savoir-vivre se perd, tout comme le savoir-faire. Un petit travail de vérification aurait évité de dire les énormités que l’on peut lire dans cet article. Mais aujourd’hui, visiblement, il ne reste que le faire-savoir. On ne cherche plus à informer, mais à communiquer.

Il n’en reste pas moins, exiger d’une personne mise en cause qu’elle paye pour lire les énormités sur son compte, c’est ajouter à l’escroquerie intellectuelle la rapine en bande organisée.


  1. Voir « Basile est bien vivant et il vit en France », note publiée sur RussEurope le 10 juin 2013, http://russeurope.hypotheses.org/1347 []

2 Commentaires de lecteur “Journalisme ou Guerre froide ?

  1. 30 octobre 2014 at 11:42

    La presse français aux ordres veut maintenant montrer que les nazis sont les amis de la France… ambiance avant 40!

    Conseil de lecture : P. Laborie, L’opinion française sous Vichy, les français et lacrise de l’identité nationale, le point Histoire 2008

    Alors tout ce qui doit être affiché méchant, mauvais , contraire à la position officielle et aux donneurs d’ordres et d’argent…ce sont les ROUGES!…les Lepens sont donc maintenant rouges! et tous ceux qui ne donnent pas la bonne parole (l’hypothèses d’honnêteté intellectuelle sans quoi il n’existe pas de recherche possible est exclue)…des rouges aussi…des pro-russes, des pro-Poutine!…des ennemis des nazis, des ennemis de Kiev, des ennemis de l’UE-US!

    Faut-il fermer les yeux? laisser crier et laisser en pâture encore une fois la France aux financiers, aux IPO américaines sur notre industrie…. pour permettre aux US de se sortir encore une fois de la crise économique ? 1929…2007 même excès de la financiarisation!

    Il faut exiger une dénazification de l’Ukraine avant de payer le gaz et leur chauffage de cet hiver… mettre des conditions au partenariat européen. Si c’est refusé on saura pourquoi et on démystifiera encore plus le pouvoir supranational et non démocratique de Bruxelles. Si la mémoire nous revient…et si il est encore temps.

    27 millions de morts en Russie ça laisse plus de traces dans les mémoires, même si ils ont eu aussi leur collabos! Le Poutine bashing sous commande OTAN est une honte, une COLLABORATION de plus pour soutenir le nazisme. Il ne change pas de visage, il tue toujours à Odessa comme à Oradour ! La banalisation du nazisme en un “romantisme” salonnards, des gens osent cela encore en France en 2014. Nos grands parents sont morts…ils n’ont plus rien à dire, c’est la braderie du pays.

    Je crois en la RESISTANCE pour la France à toute les époques, à l’esprit du CNR qui en rassemblant a créer le NOUS qui honore et à fait de notre pays un concurrent industriel que les US veulent faire tomber. Islamistes ou nazis, tout est à prendre pour instaurer le chaos et la rapide.

    Il y a des journalistes collabos, des économistes collabo, par facilité, manque de courage et de capacité d’effort et aussi par intérêt ; et il y a ceux qui ont choisi de faire honnêtement leur métier et de servir leur pays avec espoir et efficacité, sous la bannière du Normandie Niemen. C’est pour moi une chance et un honneur.

    Et pour rire en ravivant la mémoire (oui c’est possible!) : http://www.youtube.com/watch?v=GTmUjNhgxY4
    Extraits du film le Viager Tchernia-Gossiny 1972

    Hélène Clément-Pitiot
    CEMI EHESS le centre de recherche que dirige Jacques Sapir