Quand le gouvernement Hollande supprime l’obligation d’égalité de temps de parole des candidats à l’élection présidentielle.

élection Portugal - 2016Au plus bas dans l’opinion, et alors que la défiance envers la classe politique du parti unique de la classe capitaliste dans ses différentes tendances (PS, LR, FN…) n’a jamais été aussi grande, la majorité présidentielle a adopté en seconde lecture à l’Assemblée Nationale les dispositions organisant les modalités de la prochaines élections présidentielles.

Parmi les mesures prises par le gouvernement Valls :  la publication intégrale de la liste des élus ayant présenté un candidat.  Il serait également prévu que  les élus eux-mêmes à transmettre par courrier la déclaration de parrainage au Conseil Constitutionnel.

Il s’agit tout simplement d’essayer de faire pression sur les élus locaux – en particulier les milliers de maires.

Ainsi que la modification de l’accès aux audiovisuels des candidats en substituant un pseudo principe d’équité à l’actuelle règle d’égalité des temps de parole des candidats.

les dispositions prévues par la loi prévoit tout simplement de réserver l’essentiel du temps de parole à la télévision et sur les radios à des “grands candidats” et de censurer les “petits candidats”. Qui seront les grands candidats ? ceux désignés par les sondages d’opinion, ceux dont les médias jugeront qu’ils animent le débat électoral. En clair, ce sont les télés et radios de Bouygues, Lagardères, Weil et Cie qui vont continuer à faire l’élection en choisissant les candidats et les thèmes mis en avant devant l’opinion. Si le régime présidentiel contribue à faire du système une monarchie présidentielle, les médias du capital en demeurent les chiens de garde, à l’image de la formidable promotion qu’ils assurent au FN afin d’interdire l’émergence de toute alternative politique progressiste et populaire.

Accès aux médias audiovisuels des candidats à l’élection présidentielle

Article 4

Après le I de l’article 3 de la loi n° 62-1292 du 6 novembre 1962 précitée, il est inséré un I bis ainsi rédigé :

« I bis. – À compter de la publication de la liste des candidats et jusqu’à la veille du début de la campagne, les éditeurs de services de communication audiovisuelle respectent, sous le contrôle du Conseil supérieur de l’audiovisuel, le principe d’équité en ce qui concerne la reproduction et les commentaires des déclarations et écrits des candidats et la présentation de leur personne.

« Dans l’exercice de cette mission de contrôle, le Conseil supérieur de l’audiovisuel tient compte :

« 1° De la représentativité des candidats, appréciée, en particulier, en fonction des résultats obtenus aux plus récentes élections par les candidats ou par les partis et groupements politiques qui les soutiennent et en fonction des indications de sondages d’opinion ;

« 2° De la contribution de chaque candidat à l’animation du débat électoral.

« À compter du début de la campagne et jusqu’au tour de scrutin où l’élection est acquise, les éditeurs de services de communication audiovisuelle respectent, sous le contrôle du Conseil supérieur de l’audiovisuel, le principe d’égalité en ce qui concerne la reproduction et les commentaires des déclarations et écrits des candidats et la présentation de leur personne.

« Le respect des principes mentionnés aux premier et cinquième alinéas du présent I bis est assuré dans des conditions de programmation comparables, précisées par le Conseil supérieur de l’audiovisuel dans une recommandation relative à l’élection présidentielle.

« À compter de la publication de la liste des candidats et jusqu’au tour de scrutin où l’élection est acquise, le Conseil supérieur de l’audiovisuel publie, au moins une fois par semaine, dans un format ouvert et aisément réutilisable, le relevé des temps consacrés à la reproduction et au commentaire des déclarations et écrits des candidats et à la présentation de leur personne. »