Sous la pression, Europe 1 revient sur la censure de Ruffin et de son film Merci patron #mercipatron

Merci Patron affiche 2Sous la pression, la radio du miliardaire Lagardère a fait volte face : revient sur la de Ruffin et de son . Un film qu’on a beaucoup aimé à www.initiative-communiste.fr et que l’on vous recommande (lire ici la critique et voir la bande annonce)

Il y a quelques jours, le journaliste , réalisateur du film Merci Patron apprenait à la dernière minute par l’équipe de Taddei que l’entretien qu’il devait avoir avec Europe 1 était déprogrammé.

Sans doute que le milliardaire propriétaire de cette station de radio privée, qui émet en utilisant des ondes qui rappelons le nous appartiennent à tous, s’inquiétait qu’un peu de publicité à un film qui donne temps à voir de la lutte des classes et de l’intérêt pour les travailleurs de se retrousser les manches tous ensemble pour passer à la contre offensive. Motif invoqué, l’absence de contradicteur sur le plateau…. ben tiens. Comme si quand les Finkelkraut, les BHL, les Sarko ou les Le Pen sont invités, les médias des milliardaires leur mettent des contradicteurs dans les pattes !

Ce n’est pas les militants du PRCF qui s’étonneront du procédé eux qui ne sont JAMAIS invités à aucune radio, à aucune télé, y compris celles du service publics. Dont les actions et propositions sont tous simplement 100% censurées. Y compris dans les médias dit de gauche et de la gauche de la gauche ( et oui, il faut aussi le dire, et dénoncer aussi cette censure qui frappe les militants communistes….).

Ce qu’il faut souligner c’est que sous la pression, Europe 1 a fait marche arrière, et reprogrammé un entretien. Ruffin devra donc faire face au chien de garde en chef de la station, JM Apathie. Mais on fait confiance à Ruffin, il ne se laissera pas mordre. Il a pas le choix, il a toute la pression de la classe ouvrière derrière lui :-)

mais contre le censure le mieux n’est ce pas d’aller voir ce film. De demander à son cinéma de le projeter. d’inviter ses amis, ses collègues, ses camarades à le voir. bref, de faire un ramdam d’enfer pour que merci patron soit vu par un maximum de travailleurs. parce que ce film pose les vraies questions et parce qu’ il donne le sourire, la pèche et que tous ensemble la classe des travailleurs va gagner.

www.initiative-communiste.fr se devait d’ouvrir ses pages à François Ruffin :

 

Europe 1 : dix minutes conquises par vous

Europe 1 fait volte-face et François Ruffin sera invité chez Jean-Michel Apathie ce mercredi à 12 h 45. Cela durera 10 minutes. 10 minutes de vérité.

Cher tous,

Je serai donc l’invité de Europe 1 ce mercredi à 12 h 45 chez Jean-Michel Apathie. Je l’ai appris en plein week-end, ce samedi soir. C’est dire si, pour la radio de Lagardère, il s’agissait d’éteindre en toute urgence l’incendie que vous aviez allumé sur les facebook et twitter.

Ce face-à-face durera dix minutes. Dix minutes seulement. Mais il faut en dire la valeur : ces dix minutes d’antenne ne sont pas accordées, mais conquises. Conquises par vous, par des milliers, des dizaines de milliers d’entre vous. Et ça donne un tout autre sens à mon passage dans leur studio.

Derrière leur micro, je ne me sentirai pas seul, mais fort de votre force. Je ne viendrai pas en réalisateur qui fait la promo de Merci patron !, mais comme porte-parole de votre collectif informel, bordélique et divers. Je ferai de mon mieux pour en faire dix minutes de vérité. Dix minutes seulement, mais dix minutes quand même (la foire aux idées est ouverte ici).
Ce mercredi à 12 h 45, sur Europe 1, nous essayerons quelque chose.
Ça ne marchera peut-être pas, mais nous aurons essayé.
(On vous invite à un petit pique-nique chips/bière/paté picard devant le siège d’Europe 1, rue François Ier, ce mercredi midi).

Il faut tirer une leçon, et une leçon optimiste, de cette petite séquence :
La preuve est donnée, à nouveau, que les petits réseaux font les grandes rivières.

Ou comme on le répète à Fakir :

Sans vous, on ne peut rien. Avec vous, on peut beaucoup.
Et c’est pour ça qu’à la fin, c’est nous qu’on va gagner !

Nous ne sommes pas des victimes, mais des conquérants.
Je vous remercie chaleureusement.

François Ruffin, réalisateur de Merci Patron !
et red’chef de Fakir

 


 

François Ruffin a répondu aux questions de Metro News à propos de cette tentative de censure

Comment Europe 1 vous a justifié l’annulation de votre interview ?
J’ai été très surpris par la franchise de Frédéric Taddéï. C’est Sandrine Taddeï, qui gère la production de l’émission, qui nous a contactés pour nous dire que finalement nous ne pouvions pas être reçus. Selon la direction d’Europe 1, il manquait un contradicteur sur le plateau. Moi je n’ai aucun problème avec ça, au contraire ! Mais je trouve quand même ça étrange. Quand Bernard Arnault est élu personnalité de la semaine par Europe 1, il n’y a pas de contradiction…

La direction de LVMH vous a-t-elle contacté directement pour parler du film ?
Non, jamais. Mais leur méthode est différente. L’exemple d’Europe 1 est clair. Plutôt que de chercher à censurer directement le film, ils détournent la censure. Aux projections presse, j’ai bien senti que le sujet dérangeait. Un journaliste du Parisien est venu voir mon attachée de presse pour lui dire qu’il adorait le film mais qu’il n’écrirait pas une ligne dessus. Pareil pour la journaliste des Echos qui a vu le film (les deux titres sont détenus par le groupe LVMH, ndlr). Déjà à la production du film, le CNC (Centre national du cinéma) nous a refusé tous les financements. Et alors qu’on devait avoir un partenariat avec une association caritative, elle s’est retirée en raison de ses liens avec LVMH.

Vous ne craignez pas que LVMH fasse payer au couple du film les pots cassés (Bernard Arnault a versé la somme pour préserver son image, ndlr) ?
Pas du tout. De toute façon, on ne peut rien leur prendre. Le seul moyen de pression qu’ils auraient, c’est l’emploi de Serge, qui travaille chez Carrefour (dont des parts sont détenues par Bernard Arnault, ndlr). Mais s’il devait avoir des problèmes, on est prêt. Le film n’a été financé que grâce à la générosité des lecteurs de Fakir, alors s’il le faut, on lancera la même collecte pour défendre Serge et on récoltera l’argent en une semaine. Et puis en France, on a encore un droit du travail, il faut en profiter tant qu’li existe. 

La lettre ouverte de François Ruffin à Jean Michel Apathie :

Cher Jean-Michel Aphatie,

C’est donc sur vous que c’est tombé.
La censure était trop voyante : « Europe 1 nous interdit de recevoir François Ruffin » (dixit Frédéric Taddéi), le scandale grossissait. Pour rattraper le coup, votre hiérarchie vous a donc demandé de vous transformer en critique ciné. Et de me recevoir, ce mercredi, à 12 h 45.

Vous êtes en train de découvrir Merci patron !
J’espère que ça vous plait, que vous rigolez bien.

Faux-cul, votre direction a déclaré à Ozap : « La nature polémique du film nécessite la présence d’un contradicteur pour instaurer un véritable débat. »
Ce sera donc vous le contradicteur.
Le porte-parole de l’homme le plus riche de France, ce sera vous.
L’avocat de Bernard Arnault, de LVMH, du premier groupe de luxe au monde, vous.

Nul doute que ce rôle vous convienne.
Défenseur de l’oligarchie, des Jérôme Cahuzac et compagnie, vous savez faire.
Aboyeur, même, si nécessaire, c’est dans vos cordes.
« Vous mettez votre plume au service des puissants », comme l’avait dénoncé à votre sujet Eva Joly.

Mais j’ai cette faiblesse : je crois en l’Homme.
En vous aussi.
Je crois que, pour un quart d’heure au moins, vous pouvez montrer un autre visage, plus de courage. Vous souvenir du jeune journaliste, moins conformiste, que vous étiez. Je viens comme un secours, ranimer ce qu’il y a de meilleur en vous-même.
Amen.

Autant vous avertir :
Pour sauver votre âme, je ne viendrai pas seul, mais avec une caméra et un micro. Avec un copain minuteur, également. Pour mesurer, sur les quinze minutes, quel temps de parole m’est réellement accordé.
Je viens de visionner cette vidéo, datée du 7 novembre 2007, où vous interrogiez alors Bernard Arnault sur RTL. Le PDG n’est, pour le moins, pas trop chahuté. Vous lui posez sept questions en 7’22’’. Avec, soyons précis (il faut être précis dans la vie), 1’36’’ de temps de parole pour vous, présentation comprise, et le reste, 5’46’’ pour votre interlocuteur – soit 21,7% pour vous, et 78,3% pour lui. Bref, vous ne l’interrompez pas trop et il peut dérouler tranquillement son argumentaire.
Nul doute que vous me réserverez le même traitement.

Je vous préviens de tout cela, car je veux vous placer devant un dilemme :
Soit répondre aux consignes de votre direction, et jouer le « chien de garde » comme décrit ci-dessus.
Soit m’accorder dix minutes de liberté.
Dix minutes seulement, mais dix minutes quand même.
Après ces dix minutes, je sais que, plus jamais, de toute ma carrière, je ne serai invité sur « Radio Lagardère ».
Mais il restera ces dix minutes, pour vous et pour moi.
Tel un kamikaze des ondes, je viens pour commettre un attentat radiophonique.

Alors, suspense : quel rôle choisirez-vous ?
J’espère qu’ensemble nous allons vivre un beau moment.

Très fakirement,

François Ruffin.