Apartheid doux en Israël : Mon fils, d’Eran Riklis – IC n°154 – Lisez et Abonnez vous à Initiative Communiste

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Mon fils, d’Eran Riklis (). Avec Taoufik Barhom, Yaël Abecassis, Michael Moshonov.

Apartheid doux en Israël

Lyad est doué en maths. Petit, il était déjà capable de calculer de tête et instantanément combien se faisait l’épicier du coin en truandant sur le prix de certains produits. Son père aussi était fort à l’école, mais il a fini cueilleur de fruits parce qu’il n’a pas pu faire d’études : quand il était jeune, il a été rafflé avec d’autres militants communistes palestiniens par la police israélienne dans le cadre d’une enquête sur un attentat, puis innocenté… après plusieurs années de préventive. Son fils surdoué, c’est son espoir de revanche : il l’inscrit dans le meilleur lycée de Tel-Aviv.

Mon fils n’est pas une charge brutale contre la société israélienne. Il refuse la facilité en nous plongeant dans le coeur progressiste du pays – à part une courte scène avec quelques jeunes fascistes du Bétar, qui méprisent non seulement les musulmans, mais tous les étudiants en sciences, puisque la Vérité est dans les Textes… Dans son lycée, Lyad sera bien accueilli, par des professeurs éclairés et des camarades ouverts, qui l’emmènent écouter des groupes musicaux doublement mixtes (garçons-filles, Juifs-Arabes). Il y a bien un petit problème avec les programmes d’Histoire, mais Lyad le prend avec humour et fait rire la classe en montrant qu’il a bien appris que les responsables des conflits, « ce sont les Arabes, bien sûr ! »

Mais ce problème n’est pas si petit que cela en fin de compte, et l’humour ne suffit pas à le régler. On croit d’abord à une fable optimiste sur le Palestinien qui réussit son ascension sociale en Israël. Or, l’État sioniste est justement conçu pour empêcher cela – c’est pourquoi cela n’arrive jamais. Et c’est ce que montre impitoyablement le film de Riklis – un Israélien formé aux Etats-Unis, au Canada et au Brésil. Les barrières israéliennes sont officieuses et invisibles, mais bien réelles et solides. Un système beaucoup plus subtil que le régime d’apartheid sud-africain, dont l’État hébreu resta un fidèle allié jusqu’à la fin…

Les seuls Israéliens sur qui Lyad pourra finalement compter, c’est son ami Yonatan, atteint d’amyotrophie, et sa mère Edna. Yonatan est en train de perdre son corps et sa vie, Lyad son identité. Chacun va aider l’autre, avec la complicité de la mère. Un film subtil et poignant sur l’écrasement silencieux des Palestiniens, bien moins spectaculaire, mais ô combien plus efficace que toutes les opérations « Plomb durci » et « Bordure protectrice »…

par VF pour Initiative Communiste