Le piratage de masse d’un site de rencontres amoureuses donne lieu à une énième chasse aux sorcières aux Etats-Unis. Il est probable que des employés municipaux, des fonctionnaires, des militaires seront prochainement congédiés pour « immoralité » s’il est avéré que leur nom figure sur cette liste diabolique. Le commentaire de France-Inter, si impitoyable quand il s’agit des libertés censément violées à Cuba ou en Russie, vaut alors son pesant de moraline vassalisée : « dans un pays très attaché aux valeurs morales, comme les Etats-Unis, déclare le journaliste de service, l’adultère peut être un motif de licenciement » : bravo pour le respect de la vie privée et des libertés individuelles ! Suit aussitôt, dans la même émission, une déclaration d’un porte-parole officiel de l’US Army qui claironne à l’adresse des pêcheurs : « nous exigeons une conduite exemplaire de notre personnel ».

Certes, l’adultère, qui ne coïncide pas avec le libertinage (sauf à criminaliser le droit au plaisir…) n’a rien de glorieux. Mais n’est-il pas un million de fois plus grave, du point de vue des « valeurs morales » chères à l’Oncle Sam, que la Maison-Blanche fasse espionner le monde entier (chefs d’Etat « alliés » compris), que les majors US de l’alimentaire détruisent l’agriculture paysanne avec leurs OGM, que les institutions financières fondées sur le dollar strangulent les pays pauvres, que l’armée et les services spéciaux US aient semé le chaos de l’Irak au Soudan en passant par la Syrie, que la CIA ne cesse de fomenter des coups d’Etat en Amérique latine ou qu’en Ukraine, le si « moral » Obama encourage le régime  pronazi de Kiev à provoquer la Russie avec tous les risques de guerre mondiale que cela comporte ?

« Je sème partout la guerre, / Ça plait à Dieu le Père,/ Soupçonné d’adultère / Les élections je perds… ».

Comme France-Inter, on peut nommer cela « attachement aux valeurs morales » ; à nos yeux, cela montre surtout que la « modernité » US marie à la perfection la brutalité impériale à la la tartufferie la plus ringarde.