USA amérique latineComme beaucoup de nos concitoyens, si j’en crois la place que le JT a consacré à cela,  si vous devez aller de Boston à Washington ou de San Francisco à Denver, la météo aux États-Unis vous sera très utile. France 2 ou France inter, pour ne parler que des médias dit de service public, ont dû comprendre cette urgence puisque pendant une semaine ou deux nous avons eu droit, en détails, avec journaliste sous le neige ou sous la pluie (au fait ça sert à quoi?), à tous les aléas météo des Ricains.

De mauvais esprits m’ont soufflé que bien peu de Français étaient passionnés par ce sujet. Alors je me suis demandé pourquoi. Pourquoi cette place démesurée à la météo aux États-Unis ?

Première explication : la météo de la Chine ou du Nigeria tient une place identique dans nos médias. Hélas, non. Jamais un mot sur le climat du Sin-Xiang ou du Kaduna.

Deuxième explication : il ne se passe rien nulle part, faut bien que ces gens justifient leur salaire. Hélas, non. Il se passe beaucoup de choses. Partout. Des événements passionnants ou terribles, simples ou complexes mais riches de leçons si l’on veut bien les expliquer, les décrire, les comprendre. Il est vrai que nous avons un premier ministre pour qui l’intelligence des choses signifie délit pénal voir criminel, vu que « comprendre c’est déjà excuser »…

Troisième explication : de même que dire black est plus sexy que de dire noir, de même que dire happy Christmas est plus fun que de dire joyeux Noël, que bouffer du pop’ corn au cinéma est plus in, que Orange est Open, que Dior est adict, que Façonnable est the modern elegance from the French riviera et de Fursac la french étiquette, que le Crédit Agricole fait du Private Equity et que dans le train c’est Rail Team SNCF qui vous souhaite un bon voyage…..De même donc connaître la météo de New-York c’est tout de même autre chose que la météo à Argenton-sur-Creuse. C’est plus tendance, plus trendy, plus moderne… Laissons le français aux manifs et aux tracts des beaufs, des militants ringards, des ouvriers looser.

Faire baigner des millions de téléspectateurs dans ce bouillon d’inculture, d’américanisation insidieuse, d’impérialisme « de la séduction », entre la météo et les séries US (TF1 dixit), le coca et le MacDo si vous n’applaudissez pas quand « Le Monde » proclame « Nous sommes tous Américains ! » ce n’est pas la peine que les nouveaux Goebbels so friendly se décarcassent !

Et dans le même ordre d’idée et pour viser au même objectif, faire en sorte que nous nous sentions citoyens de l’Empire américain, les télés et tous les médias en chœur  nous bassinent avec les primaires étasuniennes. Nous voilà dans l’Iowa. Comme si c’était la Corrèze. Comme si notre sort dépendait des braves gens de l’Iowa qui doivent situer la France à côté de la Mongolie et sous la Tour Eiffel. Mais comprenez donc, Françaises-Français, que ces primaires sont les vôtres, il y va de l’élection de notre nouvel empereur, de notre bon maître à tous.
De plus nos chers médias ont déjà leur candidat : Hillary ! Accessoirement Clinton. Pensez donc, après le premier Noir à la Maison-Blanche, la première femme ! Qui peut résister à l’argument? Que la politique de cette Maggy d’outre-Atlantique soit celle de l’impérialisme le plus brutal et le plus meurtrier, on s’en fiche ! C’est une femme à la White House et en plus elle connait déjà les locaux !

Bon il y a bien un os : Bernie Sanders. Un timide social-démocrate qui passe là-bas pour un bolchevik mangeur d’enfants. Cet honnête homme qui veut la Sécu pour tous et la gratuité des Universités, c’est vous dire, est un….oui, vous avez deviné, un po-pu-liste. Bref un Le Pen/Mélenchon. Ce n’est pas moi qui le dis, écoutez C’est dans l’air, BFM, I-Télé, TF1 ou France 2. Partout la même rengaine: à droite le méchant Trump, à gauche le méchant Sanders, tous les deux po-pu-lis-tes vous dis-je!

Mais que voulez-vous les électeurs démocrates de l’Iowa ont mis à égalité la candidate officielle de Wall Street et des médias (français) et le sénateur, anti-guerre d’Irak, Sanders. Malgré les milliards de dollars dont disposent les candidats des deux grands partis, un candidat qui dit quelques vérités, qui veut un peu de progrès social (horreur !), qui aime la paix, fait trembler Clinton, Trump et Wall Street.

Finalement rien n’est jamais perdu. Il suffit de se battre. En ouvrant les yeux. – A.M.