Jean-Luc Mélenchon subit actuellement une attaque venimeuse de la part du Monde à propos de ses prétendues relations politiques avec le sulfureux Patrick Buisson.

La coïncidence temporelle entre ces insinuations (Mélenchon conseillé par Buisson, donc « gauche de la gauche » et ultra-droite = même combat) et des déclarations fort courageuses et à contre-courant de J.-L. Mélenchon sur l’Ukraine, la Russie, Cuba, le Venezuela ou sur la nocivité des lois Macron, est évidente : « le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté », disait le poète…

Le Monde, le PS et sans aucun doute certains « alliés » de Mélenchon au PCF ou au NPA aimeraient se débarrasser de cet encombrant personnage – dont le franc-parler dérange même si nous sommes loin de partager sa stratégie (notamment sur l’euro et l’UE) ; et pour cela tous les procédés sont bons.

Ne serait-il pas temps pour le Parti de gauche et pour JLM lui-même d’aller au bout de leur démarche critique en déclarant haut et fort que la France ne sauvera son existence nationale, qu’elle ne retrouvera sa capacité d’agir dans un sens progressiste qu’en recouvrant sa souveraineté, nationale et populaire sur tous les terrains : politique, diplomatique, budgétaire, monétaire, industriel, culturel, linguistique, socio-économique ? Ne voient-ils pas que c’est en mettant le monde du travail au centre de la vie politique, comme en 1936 avec le Front populaire, ou à la Libération avec le CNR, que les militants du progrès pourront stopper la fascisation en cours tout en aidant le monde du travail à reprendre l’offensive ?

JLM et le PG devront donc surmonter leurs contradictions s’ils veulent agir efficacement à gauche avant qu’il ne soit trop tard. Ce ne sont pas les danses du ventre faites à Europe-Ecologie-les Verts qui permettront de rassembler les travailleurs, et notamment, les ouvriers. C’est en traduisant en termes politiques ce que les classes populaires ont compris depuis longtemps : que l’euro, l’ UE et l’OTAN sont leurs ennemis mortels, les ennemis du travail, des nations libres, du produire en France et de paix et que ces carcans supranationaux ne sont rien d’autre qu’un moyen pour imposer l’hégémonie de l’Axe Washington-Berlin. Bref, si JLM et les siens ne comprennent pas très vite que, comme le dit le PRCF, « l’UE, pour s’en sortir, il faut en sortir », alors ils seront isolés, calomniés, broyés ou pire : récupérés. Ce choix se pose objectivement et urgemment à tout militant sincère de la « gauche de la gauche » : plutôt rouges que morts ou plutôt morts que rouges ?

Et vu la droitisation continue du gouvernement « socialiste » et de presque tout l’arc politique français, l’urgence d’une clarification radicalement euro-critique devient proprement vitale !