Fête nationale en Grèce, le « OXI » du 28 octobre 1940 célèbre le NON du peuple grec à l’ultimatum mussolinien. Le peuple grec transforme le guerre en guerre populaire anti-fasciste.
Alors que le gouvernement grec est lui-même fasciste (Metaxas), Nicos Zachariadis, secrétaire général du KKE, depuis sa cellule où l’a enfermé le régime grec, comprend que la défense de la patrie contre l’Italie fasciste est aussi le meilleur moyen de combattre le fascisme grec. Il appelle à combattre d’abord Mussolini car c’est aussi combattre Metaxas.
Avec des forces très largement inférieures en nombre, malgré un état-major truffé de fascistes grecs, le peuple, hommes et femmes résistent, contre-attaquent et finissent par faire subir à l’agresseur fasciste ce qui restera dans l’histoire comme la première défaite de l’Axe.
Le 5 juillet, le peuple grec aura l’occasion de dire NON à l’ultimatum de la Troïka.
Sans être une panacée, sans dispenser en rien de la lutte anticapitaliste et de  la dénonciation des illusions europhiles de Tsipras, ce référendum ne peut-il
ouvrir une brèche, créer une occasion, une amorce de processus menant à la sortie de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et, si les forces populaires s’en emparent suffisamment, du capitalisme lui-même ? En arrachant un « oui » qui serait interprété partout comme un consentement à la « servitude volontaire », l’UE veut étrangler la Grèce rebelle car l’exemple de sa résistance risque de donner des idées aux peuples d’Europe et au peuple espagnol en particulier qui vote dans six mois, au plus tard en décembre 2015. Au Portugal où le PCP a rassemblé 100.000 personnes à Lisbonne sur le mot d’ordre de « Gauche patriotique et populaire »….En France ou en Italie, l’espoir pourrait renaître à condition que le mouvement populaire se fixe pour but, par l’unité d’action des forces franchement communistes, de construire un Front Antifasciste, Populaire et Patriotique tourné contre l’UE : plus que mille discours, une lutte concrète pour extraire la France de la dictature euro-atlantique du capital permettrait de remettre concrètement à l’ordre du jour la question décisive : celle du pouvoir pour la classe laborieuse, seule classe patriotique et internationaliste jusqu’au bout.
Le NON grec serait aussi un avertissement et une contrainte pour le gouvernement réformiste grec lui-même. Et une gifle historique à la dictature de l’oligarchie capitaliste qui dirige les institutions supranationales : FMI, BCE, UE et bientôt, si nous laissons faire, Union transatlantique.

Certes la-bas comme ici la propagande catastrophiste bat son plein, on veut mettre dans la tête des gens la fausse alternative suivante : « Oui à l’UE, donc à l’austérité » ou « Non-qui-mène-au-chaos » : on a connu ça chez nous en 2005 ! Les eurocrates savent qu’un succès du « Oui » leur permettrait de marquer un point au niveau continental. Cependant la volonté de dignité nationale et de justice sociale sont des leviers puissants pour peu que les peuples s’en emparent et que, balayant les conditions humiliantes de la Troïka, ils engagent aussi la lutte contre les compromissions de Syriza et de ses dirigeants « euro-constructifs ».