N.P.A. ou le trotskisme chic

NPA : LE TROTSKISME CHIC, par ARIS.

Le N.P.A. est un chou-chou des médias bourgeois et spécialement, du plus bobo d’entre eux, Canal +.

« Olivier » (Besancenot) et « Alain » (Krivine) sont reçus assez souvent et assez complaisamment sur les plateaux des télés et les radios.

Étrange lorsqu’on sait l’ostracisme qui vise les militants révolutionnaires…à moins que, justement, les portes-parole du N.P.A. ne soient pas des révolutionnaires. Jugeons sur pièce.

Syrie : pas d’anti-impérialisme pour le NPA. Et du coup une position hors sol, hors réalité, hors rapports de forces, hors géopolitique régionale et internationale : " à bas Bachar ! à bas les islamistes ! vivent les révolutionnaires syriens !". Comme si, dans la réalité, les islamistes barbares financés par les services secrets français, américains et qataris, n’étaient pas la SEULE alternative concrète !

Trop occupé à coller aux petits-bourgeois qui en constituent l’ossature sociale et idéologique, le N.P.A. prend des poses qui lui permettent, croit-il, de surfer sur les mensonges des médias bourgeois qu’il prend pour argent comptant et de garder les mains propres en refusant d’intégrer le front anti-impérialiste dans son positionnement et en soutenant une composante syrienne qui…n’existe pas. En effet les vrais révolutionnaires syriens, notamment le P.C. syrien, combattent contre la destruction de leur pays par les terroristes islamistes financés et armés par le Qatar et l’Arabie Saoudite (donc par les U.S.A. et l’U.E.) et ils forment un front patriotique avec le régime bourgeois semi-laïque de Bachar el-Assad. Ils ne sont pas dans la soi-disant opposition "démocratique", en fait un ramassis d’agents des impérialistes.

Le N.P.A. aux mains propres et aux idées courtes. Mais comme cela est bien vu dans les salons bourgeois où entre deux toasts au caviar on s’extasie devant le talent d’Olivier ou la fidélité sans faille de Krivine à… l’opportunisme le plus durable. Guevariste d’A.G., quand il fallait l’être, entriste à l’Union des Etudiants Communistes, "-révolutionnaire" quand le P.C.F. était idéologiquement hégémonique à gauche, "anti-capitaliste" seulement après la mutation réformiste du P.C.F., trotskiste toujours pour ne pas être confondu avec la plèbe vulgairement (mais Trotski eût-il accepté de répudier la dictature du prolétariat comme l’a fait le N.P.A. ?), Krivine symbolise les errements d’un opportunisme de droite qui se pare d’oripeaux gauchistes.

Sotchi: Krivine, encore lui désolé, invité (très souvent) sur France Culture, hurle avec les loups du Monde et du Figaro contre le "dictateur Poutine", dénonce la corruption, soutient sans distance les "Pussy Riot", et éructe contre "les mœurs staliniennes"de retour. Le Zorro du Café de Flore voit-il que la campagne de guerre froide anti-russe et anti-soviétique (à retardement….faut croire que l’U.R.S.S. leur fait encore peur !) est orchestrée par les impérialistes des U.S.A. et de l’U.E. ? Ne voit-il pas que Poutine et la bourgeoisie russe ont des contradictions potentiellement explosives avec l’impérialisme? Ne voit-il pas ce qui se passe en Ukraine où un front, qui va des nazis aux européistes, tente, avec le soutien actif de l’U.E. et des États-Unis, de plonger ce pays dans la guerre civile pour affaiblir la Russie et renforcer les positions de l’impérialisme qui, par exemple, n’a pas supporté le soutien de la Russie à la Syrie qui a permis d’arrêter le bras belliciste des impérialistes français, anglais et américains ? Ne voit-il pas que les "Pussy Riots", dont il tente de faire des héroïnes, n’ont pas grand chose à voir avec la lutte des classes même si une peine de prison contre elles était franchement ridicule… Ces jugements étant proclamés du haut de notre propre justice « démocratique », laquelle condamne davantage un abruti qui bat son chat qu’un criminel qui bat sa femme…

Conclusion de Krivine, tête "pensante" du N.P.A. : "au secours le stalinisme est de retour!"

"Faut-il pleurer, faut-il en rire ?" disait le poète. Quand le réflexe conditionné remplace la pensée critique on arrive très vite au degrés zéro de la réflexion. Merci au NPA de nous le rappeler.

Enfin, il est très utile pour les états-majors syndicaux réformistes de disposer d’une « extrême gauche » euro-béate et pseudo- « internationaliste », comme l’est le N.P.A. ; en effet, quand, dans une AG syndicale de lutte, certains syndicalistes de classe stigmatisent les directives européennes et les critères d’austérité de Maastricht,  il y a souvent un militant N.P.A. de service pour crier opportunément au « nationalisme » et pour dénoncer le risque de « repli national »…  c’est-à-dire pour EPARGNER l’U.E. du capital, le chef d’orchestre supranational des attaques antisociales !

Bref, si l’ « extrême gauche » N.P.A. n’existait pas, il faudrait l’inventer. Mais au service de quelle classe sociale ?

ARIS  le 9 Février 2014