Il faut saluer le geste des syndicalistes C.F.D.T. de La Redoute ; ils viennent en effet de brûler leur carte d’une confédération « syndicale » qui ne se donne même plus la peine de cacher ses trahisons, tant elle « accompagne » les contre-réformes de l’U.E. et les mauvais coups du M.E.D.E.F.. Comme l’a déclaré le camarade Jean Dejonckere, désormais ex-militant C.F.D.T. de la Redoute, « la fédération, que nous n’avions jamais vue avant, est venue le 20 mars pour consulter les syndiqués sur la marche à suivre. On a voté majoritairement contre et finalement, ça a été signé quand même ».

Cette trahison des salariés en lutte de la Redoute n’est qu’un épisode dans l’interminable série de félonies orchestrées par la direction nationale de la C.F.D.T.. Souvenons-nous des trahisons majeures qu’a subies l’ensemble du monde du travail :

·         en 1984, le premier plan de fermeture de la sidérurgie lorraine a été co-géré par Fabius et par le père de F. Chérèque, nommé par Mitterrand super-préfet de Lorraine ;

·         en 1995, ce fut le plan Juppé de démontage de la Sécu, que soutint – si elle ne l’inspira pas – Nicole Notat ;

·         en 2003, c’est le fils Chérèque, devenu secrétaire général de la C.F.D.T., qui aida Raffarin à purger radicalement la retraite des fonctionnaires, décotes à l’appui ;

·         à l’automne 2010, la grande lutte pour la défense de la retraite à 60 ans fut poignardée dans le dos et en cours de route par ce même F. Chérèque ;

·         sans parler récemment de l’Accord national interprofessionnel, qui déstabilise le contrat de travail des salariés du privé, de la casse toute récente du statut des professeurs, approuvée par le S.G.E.N. et l’U.N.S.A., ou du refus cédétiste catégorique de combattre le Pacte Hollande-M.E.D.E.F. dit « de responsabilité »…

La vraie question qui est désormais posée est alors de savoir pourquoi les O.S. issus du syndicalisme de lutte, notamment la C.G.T. et la F.S.U., peuvent encore chercher l’union au sommet avec la C.F.D.T. dont chacun sait qu’elle freine toutes les luttes, qu’elle dévoie toutes les revendications et qu’elle brise les grèves une fois qu’elles sont lancées…

Bien entendu, ces remarques ne visent pas les syndicalistes C.F.D.T. de terrain qui doivent parfois faire l’expérience des luttes trahies pour comprendre la nature réelle de leur confédération…  

Une petite devinette pour finir : quelle couleur, synonyme de trahison de la classe ouvrière, faut-il ajouter au drapeau rouge des travailleurs pour obtenir le drapeau orange de la C.F.D.T. ?

Mieux vaut cependant ne pas poser cette devinette au « camarade » Martin qui, après avoir monopolisé micros et caméras pendant le conflit de Florange, accepte de conduire la liste du P.S. aux européennes dans le Grand Est : c’est-à-dire la liste du parti de gouvernement qui a refusé d’affronter la Commission de Bruxelles en nationalisant Florange, seule voie possible pour sauver ce qui subsistait de l’acier français…

Comme quoi la trahison nationale n’est jamais très éloignée de la trahison sociale !