"franchement communistes", avez-vous dit?

 

Vous avez dit « franchement  » ? par Floréal

 

En théorie, l’expression « franchement communiste », que le emploie pour désigner ceux qui restent fidèles aux idéaux de Lénine et de la Commune, est un « pléonasme », une répétition dans les termes. Comment diable des communistes pourraient-ils ne pas l’être « franchement » ? Et comment pourraient-ils ne pas être « francs », eux qui citent volontiers ces mots de Jaurès : « le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire », ou d’Antonio Gramsci : « la vérité est révolutionnaire » ?

Oui mais voilà : dans les faits, il y a aujourd’hui en France des « communistes » qui passent leur temps à expliquer que Lénine avait tout faux, que la Révolution d’Octobre n’était qu’une aventure sectaire, que rien de bon ne s’est fait en URSS avant Gorbatchev, que la dictature du prolétariat est d’essence « totalitaire », que Cachin, Thorez, Duclos, Waldeck, Marchais, ne méritent même pas de voir leur nom attribué à une ruelle de la Fête de l’Huma, que l’ « Europe sociale » est le seul horizon possible pour nos luttes, que sortir de l’euro serait une catastrophe (parce qu’y rester est une bienfait des dieux ?), que Hollande est de « gauche » même si sa politique ne l’est pas, qu’il faut à la fois combattre les « métropoles » urbaines au nom de l’autonomie des communes et… candidater derrière le PS aux municipales parisiennes (alors que le PS est le fer de lance de la « métropolisation » de la France !), j’en passe et de plus glauques.

Conclusion : tant qu’il y aura en France des dirigeants « communistes » qui, de fait, se comportent en ANTIcommunistes, bref, tant que dans notre pays le glorieux titre de communistes sera préempté par des spécialistes de la contrefaçon qui rabattent vers le « Parti de la Gauche européenne », l’expression « franchement communiste » qu’emploie le PRCF ne relèvera pas du pléonasme mais de l’indispensable clarification qui est due aux travailleurs et aux vrais militants communistes, qu’ils soient ou non membres du PCF !

 

4 Commentaires de lecteur “"franchement communistes", avez-vous dit?

  1. REY Paul-Antoine
    21 octobre 2013 at 14:25

    Ayant précédemment débattu sur ce site à propos de l’idée d’un nouveau CNR et des confusions qu’elle peut introduire, je constate que les rubriques de réaction y sont close. Comme ce billet fait appel à la notion de clarification, il ne me paraît pas abusif d’y poursuivre ce dialogue…

    Malgré la citation assez radicale avec laquelle j’ai terminé mon précédent post, il se trouve que la tragédie grecque a eu un prolongement symboliquement important, et dans la bonne logique de notre débat politique, à savoir, en 2006, la réhabilitation d’Aris Velouchiotis par le KKE.
    ( http://solidnet.org/greece-communist-party-of-greece/cp-of-greece-event-on-the-political-rehabilitation-of-aris-velouchiotis-en )

    Pour ce qui concerne notre débat en France, si l’on admet la sincérité et la bonne foi du camarade G.Gastaud, si l’on est bien d’accord sur la base marxiste-léniniste incontournable de lier socialisme et indépendance nationale, il n’en reste pas moins nécessaire de lever toute ambiguïté sur les points essentiels suivants :
    -Le programme du CNR n’a jamais lié indépendance nationale et socialisme.
    -En moins de trois ans il a mené à l’abdication de l’indépendance nationale face au Plan Marshall et donc à l’impérialisme US.
    -Il n’a évidemment pas mené au socialisme.

    Il n’est donc pas juste de se référer à un « nouveau CNR » pour définir un front anti-impérialiste unifiant les couches populaires sur ces deux objectifs. Cela mène à une confusion inutile par rapport aux courants opportunistes qui s’y réfèrent déjà.

    L’objectif des « quatre sorties » constitue une base unificatrice suffisamment explicite pour un front anti-impérialiste et anticapitaliste avec l’objectif politique stratégique du socialisme.
    Un tel front peut s’étendre à de nombreuses fractions des classes moyennes et même de la petite bourgeoisie, sous la direction politique du prolétariat et de son parti.

    Un tel front n’a aucune raison de comprendre, dans la France actuelle, quelque fraction que ce soit de la bourgeoisie monopoliste, nécessairement liée, d’une manière ou d’une autre, par le capitalisme financier, par la voie des participations croisées, à l’impérialisme US.

    (Il est clair que le concept léniniste de compromis prolétariat/bourgeoisie ne vaut que dans trois cas :
    -étape d’une révolution démocratique bourgeoise inachevée.
    -constitution d’une nation indépendante après ou au cours d’une lutte de décolonisation.
    -lutte de libération nationale contre une occupation militaire impérialiste caractérisée, telle qu’en 1939-44, évidemment.

    Dans ces trois cas cette alliance provisoire ne peut être valable que si l’autonomie prolétarienne est préservée en vue des luttes sociales futures, ce qui n’était pas le cas dans le cadre du CNR.

    Renoncer au mythe d’un « nouveau CNR », c’est aussi lever toute ambigüité à ce niveau, ce que le camarade G.Gastaud tente probablement par cette formule :
    « La conclusion politique est simple : puisque la grande bourgeoisie démolit son pays pour mondialiser ses profits, c’est à la classe ouvrière de France, immigrés inclus, de DIRIGER la lutte pour l’indépendance nationale, de l’associer étroitement au combat de classe, non seulement pour restaurer les acquis sociaux, mais pour affronter le capital, l’isoler au moyen d’une large alliance antimonopoliste des travailleurs et des couches moyennes »

    Mais alors, pourquoi introduire en préambule autant de confusion… ?)

    Au cours de la constitution du front, des alliances tactiques avec diverses organisations populaires pour la réalisation de tel ou tel objectif concret, ou revendication immédiate, peuvent se former, mais elles doivent être comprises comme telle et même faire l’objet d’organisations de masse distinctes si elles ne débouchent pas sur ce lien fondamental entre socialisme et indépendance nationale, qui doit rester l’axe politique clairement exprimé du front anti-impérialiste.

    Dans cette catégorie de revendications immédiates peuvent éventuellement rentrer des cas particuliers de nationalisations d’entreprises destinée à freiner la destruction des forces productives, dans le contexte capitaliste et impérialiste actuel, et non à prétendre constituer une « étape » vers le socialisme.

    Un programme de nationalisations-réquisitions, sans indemnisations et avec contrôle ouvrier, reste un objectif stratégique qui n’est véritablement réalisable que dans le cadre d’un pouvoir prolétarien, et il faut éviter de réintroduire la confusion et les illusions avec des campagnes de propagande prématurées sur ce thème, comme le font les trotskystes et l’URCF.
    ( http://www.urcf.fr/spip.php?article546 )
    Dans la situation actuelle, ce type de mot d’ordre réintroduit bien un
    « programme de transition », de nature révisionniste, rouvrant la voie à la collaboration de classe, et non au socialisme…

    (A cet égard, l’étude historique et critique faite par le ROCML, « à propos du mot d’ordre de nationalisation »
    ( http://rocml.org/a-propos-du-mot-dordre-de-nationalisation/ )
    reste intéressante, bien que dogmatique dans son application concrète, excluant pratiquement cette revendication de sauvegarde provisoire.
    Ce sectarisme repose, à mon avis, sur une mauvaise analyse de l’évolution actuelle de l’impérialisme, mais c’est un autre sujet…)
    ( http://rocml.org/lettre-ouverte-a-lurcf/ )

    En conclusion, il me semble que si le PRCF parvenait à lever clairement toutes ces ambiguïtés, il pourrait enfin véritablement remplir son rôle de pôle de reconstruction, contribuer efficacement à l’unification des marxistes-léninistes et au lancement à plus grande échelle d’un front anti-impérialiste et anticapitaliste !

  2. admin
    21 octobre 2013 at 14:45

    Camarade,

    Faute de bras, nous ne pouvons assumer des discutions longues sur des articles ors de l’actualité du site internet.
    Après un délais de 7 jours, les commentaires sont fermés sur les articles.
    cette rubrique de “commentaires” permet à chacun de laisser son avis sur une question, mais n’est pas un véritable lieu de discussion (malheureusement).
    Je reconnais la qualité de tes interventions, même si j’ai des divergences, aussi je t’invite à rencontrer des camarades du Pôle pour en discuter de manière plus vivante et surement plus constructive.
    Si tu le souhaite, je peux te faire rentrer en contact avec des camarades de ta région.
    Pour cela utilise la rubrique contactez nous.

    Fraternellement

    l’admin.

  3. REY Paul-Antoine
    21 octobre 2013 at 18:48

    Je remercie le camarade administrateur d’avoir conservé l’insertion de mon post sur cet article.

    Non seulement je ne suis pas hostile à un prise de contact avec le PRCF, mais j’ai déjà fait une tentative récente dans ce sens… Non pas autour d’un débat théorique, mais à propos de l’affaire Snowden, qui battait encore son plein : c’était en Juillet dernier.(*)

    A ce moment j’ai contacté pareillement la plupart des organisations marxistes-léninistes avec l’intention de reprendre du service militant autour de l’idée d’une initiative unitaire anti-impérialiste.
    Faute du moindre écho concret, je suis donc retourné à mes chères études (historiques), selon l’expression consacrée…

    L’idée était déjà de montrer, autour du droit d’asile d’Edward Snowden, qu’il y avait là possibilité d’unité à deux niveaux complémentaires : l’un, tactique, unissant largement sur une base démocratique très large, et l’autre, plus spécifique au mouvement m-l, d’expliquer de façon didactique l’objectif stratégique unissant indépendance nationale et socialisme… Aucun écho…

    Le moins que l’on puisse dire est que l’actualité du jour semble venir appuyer mon propos…
    Alors, pourquoi le PRCF ne reprendrai-t-il pas cette idée pour une initiative unitaire ?

    Je pense donc renouveler cette tentative de contact, en y joignant copie de nos différents débats, afin de lever toute ambiguïté sur mes idées personnelles, et pour le cas où elles ne seraient pas incompatibles avec les vôtres, au moins dans l’esprit d’une telle initiative militante unitaire.

    (* A l’époque, le chroniqueur « Floréal » avait alors sorti un billet excellent sur le sujet, de bien meilleur cru, du reste, que celui d’aujourd’hui, où le mélange Lénine/ Jaurès/ Cachin-Thorez-Duclos-Rochet-Marchais ne me parait pas du meilleur goût, tant sur la forme que sur le fond, mais c’est encore une autre histoire…)

  4. gerard Jeannesson
    21 octobre 2013 at 23:42

    Je trouve pour ma part que la contribution du camarade Paul Antoine REY est éminemment constructive et tout à fait pertinente,dans ce cadre ou dans tout autre.
    Signataire de l’appel,je n’en estime pas moins que la notion de nouveau CNR est source d’ambiguités , en particulier à propos des nationalisations . Je remercie le camarade pour les références fournies sur ce point .

    J’estime que le mot d’ordre mis en avant dans cet appel pourait et devrait être “affiné” pour en affirmer fortement l’actualité ,l’urgence,la modernité, le caractère rassembleur, pour souligner encore plus nettement l’impérieuse nécessité des 4 sorties(euro, Europe ,Otan, capitalisme ) hors desquelles toute tentative de redressement ne pourra véritablement aboutir.

    Cela n’infirme en rien l’utilité et la nécessité d’inscrire ce mot d’ordre révolutionnaire dans la grande tradition des luttes populaires qui ont façonné la nation au fil des siècles . Cette grande histoire jalonnée par les jacqueries,les combats de la paysannerie et de la classe ouvrière,la Commune,la création du parti communiste,le rejet des guerres impérialistes,l’organisation de la solidarité internationale,les combats de la période du Front Populaire et de la Résistance ,c”est le patrimoine formidable et précieux transmis à travers les ages par nos anciens,nos frères de lutte et d’espérance ,c’est notre colonne vertébrale.

    Il me semble que la façon d’y faire référence doit être plus large et plus explicite.

    . L’appel au “retour des jours heureux” mérite lui aussi d’être précisé,revisité car potentiellement porteur d’illusions sur l’apreté des combats à venir,et sur la nature des changements radicaux à entreprendre,y compris dans notre façon de mener les combats politiques .

    La discussion ouverte par le camarade Paul Antoine REY est donc urgente et sa nécessité impérieuse.

    G.J.