Comme si les incessantes amendes, mises en demeure, sommations, avis d’huissier et autres menaces infligées à la France par la commission européenne ne suffisaient pas (à chaque nouvelle euro-humiliation, les très masos dirigeants français semblent susurrer « encoooooooore ! » ), voilà que le Conseil de l’Europe somme notre pays de s’aligner – et plus vite que ça je vous prie ! – sur les mœurs scandinaves en matière d’éducation des enfants : Marianne sera donc publiquement fessée par les eurocrates à la première occasion si la justice française ne décide pas au plus tôt de traiter en criminels les indignes parents français qui auront donné (ou qui auront été accusés d’avoir donné ?) une taloche à leur gamin un peu trop turbulent. Si la France cède, alors, comme en Suède, la justice pourra retirer l’enfant à la famille, ce qui évidemment, n’est pas une maltraitance MAJEURE à enfant…

 Loin de nous l’idée que la gifle et la fessée puissent être érigées en méthodes éducatives au long cours… tout au plus sont-elles, chez une masse de parents, une manière quelque peu impulsive de réagir quand le cher petit « teste vos limites » et qu’il méconnaît un peu trop systématiquement les exigences du vivre-ensemble. Bien entendu, Montaigne, Rousseau ou Freinet l’ont dit bien avant les pédagos autoproclamés de l’Europe, l’éducation aux Lumières doit avant tout s’adresser au cœur et à la raison de l’enfant : il convient donc de toujours traiter ce dernier comme une personne en devenir sans en faire, ni une bête de dressage, ni un hype-consommateur gavé, ni un adulte en miniature. Mais d’abord, les dirigeants bien-pensants des pays nordiques qui font la leçon aux « brutes » de l’Europe latine que nous sommes, sont-ils fondés à se poser en parangons de la « bonne éducation » ? Qui ne sait que la Suède est aux portes de la catastrophe éducative tant sa manière d’ériger ses enfants en tyrans domestiques pourrit la vie de toute la société ? Rappelons aux ultralibéraux travestis en pédagos pseudo-libertaires que l’homme n’est pas un être « naturel » que « la société » ne pourrait que corrompre ;, « l’homme est au contraire un animal qui ne peut s’individualiser que par la société » (Marx). Dans ces conditions, l’éducation passe avant tout par la capacité de la société à insérer de manière égalitaire l’ensemble des enfants dans des activités sociales sensées. Au premier rang d’entre elles figure bien évidemment une formation solide débouchant sur un emploi stable et bien rémunéré où chacun puisse, à l’arrivée, donner toute sa mesure. C’est pourquoi nous suggérons humblement au Conseil de l’Europe de « gifler » les gouvernants de la zone euro, Merkel et Hollande en tête, qui infligent aux peuples une austérité sans fin qui se traduit par la disparition des crèches et l’entrée plus tardive en école maternelle, par les mauvaises conditions de travail dans les écoles publiques, par la transformation de l’école en une garderie préparant au chômage de masse, par l’aggravation constante des inégalités socioculturelles, etc. Car le fait que des centaines de milliers d’enfants « européens » ne disposent pas d’un toit décent, que beaucoup ne puissent pas se soigner correctement ou partir en vacances, que des millions d’entre eux sortent de la scolarité obligatoire sans formation ni qualification, que la vie familiale de milliers d’enfants soit insécurisée par la crise du capitalisme, tout cela constitue une maltraitance de masse bien plus grave qu’une simple taloche flanquée sous le coup de l’énervement.

 Mais plus encore que le débat sur les méthodes éducatives, c’est l’arrogance des dirigeants européens. Ainsi de M. Moscovici qui, à peine nommé par la France à la commission européenne, s’empresse de sommer EN ANGLAIS son successeur à Bercy de rentrer au plus tôt dans les clous de l’euro-austérité, quitte à piquer 50 milliards dans les poches des Français et à plonger encore plus notre pays dans la dépression économique et morale. Et maintenant, c’est carrément sur le plan des mœurs qu’on voudrait nous aligner sur d’autres pays au mépris des traités européens (que l’eurocratie ne respecte que lorsqu’ils desservent les peuples !) qui stipulent que l’UE doit respecter la langue, les coutumes et l’identité de ses Etats-membres… Mais tout en respectant nos voisins anglo-saxons, allemands ou nordiques – dont beaucoup « en bas » sont fort loin d’accepter les diktats ridicules de l’eurocratie ! –, nous, peuples du Sud et de l’Est de l’Europe, affichons l’incroyable culot de vouloir rester nous-mêmes et même, invraisemblable barbarie, nous prétendons continuer à parler nos langues et à manger, boire et aimer comme bon nous semble ! Il arrive même que les plus demeurés d’entre nous persistent à évoquer ce principe périmé qu’est le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Et si les eurocrates (et derrière eux, le MEDEF qui a fait vœu de substituer les « Etats-Unis d’Europe » à la République française) ne le comprennent très vite, nos peuples exaspérés ne seront plus très longs à les souffleter publiquement, voire – comble de la discourtoisie ! – à botter le c.. du « Conseil de l’Europe »…

 Une première occasion de souffleter collectivement l’eurocratie est de travailler dès aujourd’hui à la manifestation nationale appelée par les Assises du communisme le 30 mai 2015 à Paris (10ème anniversaire du Non à la constitution européenne) pour inviter notre pays à sortir de l’euro et de l’UE atlantique du capital.