“Enfants de la patrie”?

Par Floréal

Ne sachant plus quoi faire pour prendre de droite l’extrême droite, Coppé propose de supprimer l’attribution automatique de la nationalité française aux enfants d’immigrés nés de parents en situation irrégulière. A l’avenir ceux-ci seraient obligés de déposer une demande formelle à leur majorité légale pour devenir français. Cela revient à les priver rétrospectivement de leur nationalité française avant 18 ans, à les séparer symboliquement des autres jeunes, à les stigmatiser comme futurs citoyens de second ordre et à marquer du sceau de l’humiliation et du ressentiment leur rapport ultérieur à la nation française.

Si Coppé croit vraiment que l’entrée dans la nation doit être un acte volontaire, un « engagement » citoyen, si vraiment sa proposition est inspirée par l’esprit républicain et non par le plus méprisable des racismes, que ne propose-t-il que chaque jeune né en France confirme (ou infirme !) son appartenance à la nation à l’âge de 18 ans, et cela quelle que soit son origine familiale ?

Et si vraiment l’appartenance nationale relève pour Coppé de l’engagement républicain le plus sacré, que ne propose-t-il d’abord d’ÔTER LA NATIONALITE FRANCAISE aux mauvais citoyens, pour la plupart nés dans l’Hexagone, qui fuient la France pour planquer leurs milliards, qui dégoisent en permanence l’ « exception française » née de 89 et du CNR, qui planquent leurs capitaux dans des paradis fiscaux et qui se dérobent ainsi au devoir de redistribution entre compatriotes respectant la devise républicaine d’ « égalité » ?

Car ces « bons Français » milliardaires qui décident froidement des délocalisations industrielles, qui se gavent à chaque privatisation de service public, qui déclarent que les « Etats-Unis d’Europe » et l’ « Union transatlantique » sont leur seule « patrie », qui renient le français au profit du tout-anglais, qui demandent la « suppression des communes et des départements » issus de la Révolution française, qui veulent la peau de la fonction publique et de l’Education « nationale », qui transforment la diplomatie et l’armée françaises en annexes du Qatar et du Pentagone, assassinent notre pays à petit feu. Pourquoi dans ces conditions devraient-ils conserver leur nationalité qu’ils méritent si peu, eux qui préfèrent leur coffre-fort à leur pays ?

En réalité, les ouvriers, les employés, les techniciens, qui travaillent ou qui ne demandent qu’à travailler pour gagner leur vie honnêtement, construisent notre pays, quelle que soit leur couleur de peau et leur origine familiale. Là est l’engagement majeur de chacun envers le pays où il habite : le travail, la production de richesses, du moins quand travail et production il y a !

Alors, assez de ces « bons Français » riches à milliards qui volent et assassinent leur pays, et bienvenue dans « ma France » – cette « France des travailleurs » chantée par Jean Ferrat, à tous les jeunes nés chez nous, quelles que soient la couleur de leur peau, les rites gastronomiques et la religion (ou l’irréligion) de leurs parents.

Billet lu et approuvé par Antoine Manessis, fils de Résistant antifasciste grec entré clandestinement en France, citoyen français, défenseur de l’indépendance nationale. Et par Léon Landini, fils d’antifasciste italien entré clandestinement en France, frère de Roger Landini, héros de la résistance armée française, naturalisé longtemps après la fin de la guerre à la suite de moult démarches. Léon Landini est ancien officier FTP-MOI, grand mutilé de guerre, officier de la Légion d’honneur, Médaille de la Résistance.