deux tactiques pour combattre l’extrême droite, par Floréal

 

Depuis 1981 des gens de la droite « classique » affirment que pour battre le FN, il convient de chasser sur ses terres et pour cela, de surenchérir dans la xénophobie : on n’a pas oublié « le bruit et l’odeur » de Chirac, les « Auvergnats » d’Hortefeu, les glaireuses campagnes 2007 et de 2012 de Sarkozy (où par bien des aspects, cet individu a pulvérisé les records de haine des Le Pen !), et tout dernièrement, l’entreprise de banalisation du FN menée par le « modéré » Fillon. La seule chose « nouvelle » à cet égard depuis 2012, c’est que le « socialiste » Valls concurrence désormais les droites, « classiques » et extrêmes, en multipliant les attaques démagogiques contre les Rom : histoire de faire sauter les ultimes digues morales et idéologiques à gauche ?

Quant à la gauche établie, du PS aux dirigeants décaféinés du PCF, son principal « barrage » au FN n’est qu’une passoire à gros trous : la tactique dite du « front républicain », qui évite surtout à ladite « gauche » de s’interroger sur ses reniements, consiste à soutenir n’importe quel réac rebaptisé « républicain », sous prétexte de « battre le FN » au 1er ou au 2ème tour de la moindre cantonale. A Brignole, on a vu ainsi le maire, candidat du PCF, imprimer sur ses tracts la rose au poing (à défaut de la faucille et du marteau !) ; et à l’arrivée, on a le bide cinglant dudit candidat, pendant qu’au 2ème tour, le PS et le PCF paniqués appellent à voter… UMP pour « battre l’extrême droite » ! Faut-il s’étonner dans ces conditions si l’abstention populaire a battu des records dans le Var ?  

Au-delà de la partielle du Var, on mesure les résultats de fond des dérives opportunistes que nous dénonçons depuis toujours : la droite classique vire à l’extrême droite, le PS à l’extrême « centre », le PCF à la social-démocratie. Et pendant que ce petit monde s’aligne sur son voisin de droite, le FN, seul point fixe du paysage politique en pleine dérive réac, peaufine son plan de marche vers l’Elysée…

Et si on essayait ENFIN autre chose ?

Et si les communistes affichaient de nouveau leurs outils ouvriers et paysans, leurs références marxistes, léninistes et prolétariennes ? Et s’ils creusaient leur différence de classe avec ce PS sans honneur qui rampe bassement devant le MEDEF, Merkel et Barroso ? Et si, comme le firent les militants communistes de 36 et de la Résistance, les communistes d’aujourd’hui arrachaient le des mains indignes des fascistes pour associer l’étendard de Valmy et des FTP au drapeau rouge du Travail ? Et si tous ensemble, comme le proposent les Assises du communisme, les communistes appelaient franchement à sortir de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme, au lieu de promettre l’introuvable « Europe sociale » de P. Laurent ou l’invraisemblable « euro au service des peuples » de MM. Boccara et Dimicoli ?

Et si les états-majors syndicaux appelaient des centaines de milliers de salariés à se réunir devant le parlement (comme viennent de le faire courageusement cinq UL CGT du Pas-de-Calais !) jusqu’au retrait de la contre-réforme Ayrault sur les retraites, au lieu de gronder gentiment le gouvernement PS et de ménager la dictature européenne, qui commandite la contre-réforme ?

Et si les vrais républicains revendiquaient hautement l’héritage du CNR, pas seulement pour encenser (et en fait, enterrer) le passé, mais pour proclamer que la « construction » européenne et l’Union « transatlantique » sous l’égide de Wall Street, constituent la négation directe de la Nation, de la République et de tout progrès social ?

Alors, sans cesser d’être social-démocrate et de saisir toutes les occasions pour servir les patrons et trahir les ouvriers (ne rêvons pas !), le PS serait de nouveau obligé de se garder à gauche, au lieu de chercher à séduire prioritairement les lecteurs du Figaro.

Alors la droite aurait moins de facilités pour clamer tout haut ce qu’elle pense tout, bas, FN ou pas, en matière de régressions sociales, d’anticommunisme rance, d’anti-syndicalisme primitif, de haine du travailleur étranger et de mépris pour notre propre peuple.

Alors le FN serait renvoyé à ce qu’il est centralement : un noyau dur de nostalgiques de Versailles, de Vichy et de rescapés du « temps béni des colonies » : c’est-à-dire à peu de chose !

Nous pouvons encore stopper la dangereuse dérive droitière de la société française. Pour cela, commençons par ne plus dériver nous-mêmes. Jetons l’ancre rouge. Aidons les militants franchement communistes, aidons les syndicalistes de combat à planter offensivement les drapeaux rouge et tricolore de la Résistance et du Front populaire dans le terreau des luttes sociales.

Sans attendre que la « gauche établie » fasse sa peu probable autocritique, construisons le Front de résistance antifasciste, populaire et patriotique : c’eset urgent pour briser la vague brun-marine, briser l’euro-dictature, stopper la dérive atlantique, reconstruire la France à partir des principes rassembleurs du CNR, rouvrir la voie du socialisme véritable pour notre pays !

 

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