Argentine : victoire de la droite ou défaite de la “gauche” ? par A. Manessis

: VICTOIRE DE LA OU DÉFAITE DE LA «  » ?

Daniel Scioli et Mauricio Macri
Daniel Scioli et Mauricio Macri

Les élections présidentielles en Argentine se soldent par la victoire du candidat de droite, Macri.

Et donc par la défaite de Daniel Scioli, le candidat qui avait le soutien de Christina Kirchner, la présidente sortante,.

La configuration politique en Argentine est depuis des décennies troublée par l’existence du péronisme. Ce phénomène politique a longtemps occulté les véritables clivages de classes. Si cela est de moins en moins vrai il reste que le Parti Justicialiste (péroniste) est divisé par des courants contraires.

Or c’est l’aile droite du péronisme que représentait Scioli. Son équipe et lui-même représentent la frange la plus droitière, la plus patronale, la plus répressive aussi de la mouvance “kirchnériste”. Et dire que certains marxistes parlaient encore ces derniers jours de « sortie du capitalisme » à propos de l’Argentine, qui plus est en croyant ainsi accrocher le sur sa gauche !

On touche là à l’ambiguïté de cet exécutif sortant dont il n’a jamais pu se défaire. Avec les conséquences que l’on constate. En effet une partie de la gauche n’a pas voté en faveur de Scioli dont le programme économique et social ne différait guère de celui du candidat de droite. L’un passait pour un partisan de la politique capitaliste gradualiste, l’autre pour adepte de la thérapie de choc. Certes en politique interaméricaine et internationale les choix pro-US de Macri, ses options anti-cubaines et anti-vénézuéliennes sont un vrai changement négatif. Mais les travailleurs, argentins, dont le sort était de plus en plus difficile à la fin de l’ère Krichner, ne voyaient aucune perspective positive avec Scioli si bien que ce fut très vite l’idée du “blanc bonnet et bonnet blanc” qui a fini par s’imposer dans une partie des couches populaires.

Et ce qui devait arriver, arriva. Amputé de sa frange la plus à gauche de sa majorité, le Front progressiste s’est cassé et la droite a tiré les marrons du feu. Configuration,hélas, bien connue….

Leçon sans cesse renouvelée que les réformistes, et tous ceux qui leur collent à la roue quand arrive une élection, sont dans l’incapacité structurelle de comprendre : une barricade n’a que deux côtés et tenter de se mettre à califourchon sur elle est le plus sûr moyen… de tomber ! Le problème c’est que la défaite du “kirchnérisme” aura des conséquences négatives pour toute l’Amérique du Sud et pèsera dans le rapport de forces régional et même mondial.

Ces événements démontrent la nécessité d’un parti capable de porter la politique autonome de la classe ouvrière dans un Front populaire le plus large pour qu’à l’heure des choix la voie révolutionnaire puisse vaincre. Et de porter cette politique jusqu’au socialisme, c’est-à-dire jusqu’à une révolution comportant la conquête du pouvoir politique par la classe ouvrière qui, seule, est porteuse de victoire solide car ancrée dans les masses. En attendant, nous devons redoubler de solidarité avec Cuba socialiste, avec le Venezuela bolivarien et avec les autres pays de l’ALBA, que vise la contre-offensive réactionnaire pilotée depuis Washington.