CORSE: le PCF mutant à l’avant-garde de la désarticulation politico-linguistique de la France?

Dominique Bucchini,

président de l’Assemblée de Corse et militant du PCF, croit bon – au motif que la langue corse s’éteint peu à peu – d’exiger que le corse devienne la langue officielle bis en Corse ; pour cela il demande que la France ratifie la dangereuse « Charte européenne des langues minoritaires et régionales », que promeuvent à cor et à cris les milieux dirigeants allemands, appuyés comme en tout par leur petit télégraphiste, François HOLLANDE (qui s’apprête à ratifier cette Charte en violation de la constitution française).

Bien entendu, les militants franchement communistes et républicains du PRCF n’ont rien contre le corse et plus globalement contre les langues régionales. Il faut les enseigner dans le cadre de l’école publique et pour cela, il faut des moyens financiers, ces moyens mêmes que l’euro-austérité et la prégnance du tout-anglais dès la maternelle refuse aux langues régionales, ce patrimoine de toute la nation. Concrètement cela signifie créer des centaines, voire des milliers de postes de breton, d’occitan, de corse, etc. dans le cadre de l’Education nationale, TOUT EN AUGMENTANT LES HORAIRES DE FRANÇAIS : une étude récente ne montre-t-elle pas que, suite à la baisse continue des horaires de français dans le second degré depuis trente ans, le niveau de maîtrise du français est en chute libre à l’entrée dans les seconds cycles ?

Cela ne justifie en rien qu’un élu « communiste » – qui a pourtant longtemps combattu avec honneur le nationalisme mafieux – rallie une « Charte », dont l’unique but est de « dés-établir » la langue française au moment où elle est violemment assiégée par les tenants du tout-anglais (publicité, enseignes commerciales, recherche, chanson, cinéma, enseignements supérieurs et bientôt secondaires, tout y passe à un rythme de plus en plus rapide).  Il s’agit aussi d’utiliser les langues régionales comme un cheval de Troie pour briser la République une et indivisible (lois uniques sur tout le territoire) héritée de Robespierre et des Sans-Culotte. Comme on le voit en Espagne ou en Belgique, l’Union européenne et ses maîtres capitalistes, Allemagne de Merkel et MEDEF en tête -, ont en tête un projet global de dépeçage des Etats constitutifs de l’UE. En Catalogne, un référendum ouvrant la route à l’indépendance pourrait par exemple être organisé au même moment que le référendum prévu en Ecosse sur le même sujet.

Et pendant que le français et le corse (le breton, le basque, l’alsacien, l’occitan, le catalan) se disputeront, le « Raminaglobish » du tout-anglais europatronal, des « transferts de souveraineté » vers Bruxelles et de la « reconfiguration des territoires » exigée par Laurence Parisot aura tôt fait de les avaler tous !

Oui à l’enseignement du corse , du breton, du catalan, de l’alsacien, du néerlandais et de l’occitan dans le cadre de l’école républicaine et en tant que patrimoine de toute la nation!

Non au désétablissement du français, non au tout-anglais, non à l’ethnicisation des territoires sous des prétextes linguistiques : la loi, la constitution, les conventions collectives, les statuts, doivent rester les mêmes partout, sans quoi les travailleurs ne pourront jamais réaliser le « tous ensemble » en nationalisant leurs luttes et ils seront au contraire des proies encore plus faciles pour le patronat qui manie TB le vieux slogan impérialiste « diviser pour régner ».

Georges Gastaud, locuteur du nissart et  militant internationaliste de la francophonie – Annette Mateu-Casado, locutrice du catalan et du français, PRCF 66, Gwenaël Bidault, président du PRCF des Côtes d’Armor, Ernest Faucon, PRCF Alsace