
Le Pôle de Renaissance communiste en France (PRCF) a appris avec grande satisfaction la mise en échec du maire « Rassemblement national » de Hénin-Beaumont Steeve Briois, qui avait décidé de suspendre deux agents de la fonction territoriale travaillant dans la municipalité, Djelloul Khéris et Fabienne Payen, pour respectivement deux et une années. En effet, le tribunal administratif de Lille a estimé ce vendredi 3 juillet 2026, à la lecture des dossiers et après l’audition de l’avocat des deux personnels suspendus – ainsi que de l’avocat chargé de représenter Steeve Briois – que l’absence de faits établis, le caractère disproportionné de la sanction et une discrimination liée à leur appartenance syndicale (SUD en l’occurrence), créaient un « doute sérieux » sur la légalité de ces sanctions.
Pour avoir apporté leur soutien aux travailleurs syndicalistes et pour avoir assisté à l’audience du jeudi 25 juin dernier au tribunal administratif de Lille, les militants du PRCF du Nord Pas de Calais attestent totalement de la logique incontestable de cette décision de justice. Il était particulièrement frappant de constater comment l’avocat représentant la municipalité de Hénin-Beaumont, tout en chargeant et en moquant l’« antifascisme » (au demeurant, non évoqué par l’avocat des agents demandant la suspension des sanctions disproportionnées prises à leur égard), usait de la rhétorique et de l’emphase oratoire pour masquer le vide des dossiers, pourtant qualifiés « à charge » et avec des « faits extrêmement graves » selon cet avocat. Manifestement, le tribunal administratif de Lille ne l’a pas entendu ainsi, et il ne pouvait d’ailleurs en être autrement. Si bien que dans son plaidoyer, l’avocat en question, ne pouvant se baser sur des « faits graves », s’est laissé aller à un jugement moral (et non un fait) qui, n’en doutons pas, aura certainement mis à mal la défense de son client : « Madame Payen n’est pas un bon agent municipal ».
Si le PRCF, qui a manifesté sa solidarité avec les deux travailleurs syndicalistes – qui, en réalité, ont été suspendus par Steeve Briois du fait de leur engagement militant –, se félicite du verdict rendu, il alerte également sur le niveau de fascisation qui sévit dans le pays et frappe de plus en plus les militants progressistes et les syndicalistes de combat. Que l’on se souvienne de la condamnation en première instance du secrétaire de l’Union départementale de la CGT du Nord, Jean-Paul Delescaut, pour prétendue « apologie du terrorisme » après la publication d’un tract consécutif aux attaques du 7 octobre 2023 : Jean-Paul Delescaut a finalement été relaxé par la cour d’appel de Douai début mars dernier. Que l’on songe au nouveau maire RN de Carcassonne (Aude), Christophe Barthès, qui veut déloger la CGT de la Bourse du Travail. Ce ne sont que quelques exemples d’une plus vaste répression et d’une chasse aux syndicalistes – décuplée au moment du combat pour la défense des retraites en 2023 – orchestrée, au niveau national, par la Macronie et, de plus en plus dans les municipalités, par le prétendu « Rassemblement national », anti-syndicaliste compulsif et anticommuniste avéré.

Si combattre la fascisation par la solidarité avec les camarades poursuivis, comme le fait le PRCF depuis des années, est un devoir auquel les militants du PRCF ne se soustrairont pas, ce combat ne pourra être gagné en affrontant radicalement les structures qui nourrissent cette fascisation. Ces structures sont bien connues : l’OTAN, bras armé de l’impérialisme états-unien et de ses affidés ; l’UE, structure capitaliste par excellence qui fait adopter les textes les plus anticommunistes et négationnistes les uns que les autres, tout en détruisant l’ensemble des conquêtes sociales, des services publics et des libertés démocratiques – il n’est qu’à voir la condamnation à de la prison ferme pour trois Allemands qui ont relayé des informations venant de sites Internet russes, peine confirmée par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) ; les gouvernements réactionnaires et fascisants des pays d’Europe, à commencer par le prétendu « couple franco-allemand » et sans oublier le régime pronazi de Kiev, dont un bataillon de soldats nostalgiques du collaborateur antisémite Stepan Bandera s’apprête à défiler en France pour la fête nationale du 14 juillet !
C’est pourquoi, alors que le risque d’une victoire du prétendu « Rassemblement national » à l’occasion des échéances électorales de 2027, le PRCF exhorte plus que jamais les candidats souhaitant incarner et représenter les travailleurs à porter un projet véritablement en mesure de combattre la fascisation. Et pour cela, à affronter radicalement l’Axe UE-OTAN, dont la priorité réside dans la militarisation des sociétés et l’édification d’une économie de guerre qui font le jeu de la fascisation.
C’est le seul moyen d’espérer mobiliser les masses populaires vers un projet constructif, ambitieux, cohérent et réellement révolutionnaire, à savoir le Frexit progressiste que porte le PRCF depuis sa fondation en 2004. Et ainsi, d’empêcher l’avènement d’un RN qui se nourrit des multiples trahisons de la « social-démocratie » et dont l’arrivée au pouvoir constituerait une catastrophe pour l’ensemble des travailleurs de France.



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