Il est très exagéré de traiter de « mafieux » les cercles oligarchiques actuels. Non certes parce que ceux-ci seraient moins violents, truands et immoraux que les sanglants parrains de la Camora, de la N'Dranghetta ou de la « DZ-maffia »..
Du moins les mafieux proprement dits sont-ils tenus par un simili Code de l'honneur qui les engage, sous peine de mort et de déshonneur, à ne pas dénoncer les copains quand l'un d'eux tombe entre les mains de la police. Quelle plus grave insulte dans ce milieu, comme du reste dans toute cour de récréation qui se respecte, que les mots de « cafard » et de « sale balance »?
Eh bien, c'est peu dire que ce code qui unit entre eux les pires caïds de la pègre, nos oligarques en costume trois-pièces ne le respectent pas dès lors qu'ils se sentent personnellement en danger. C'est ainsi qu'au récent procès Sarkozy (le second? le deuxième? le énième?), l'ex-président idole de la bonne bourgeoisie censément catho de Neuilly, a cru bon, pour se dédouaner des lourdes incriminations qui le visaient (il a été condamné en première instance à 5 ans de prison ferme pour « association de malfaiteur »), de charger… son ex-ami Claude Guéant, l'ex-homme à tout faire de l'Elysée. En effet, Sarko l'a froidement accusé d'avoir manigancé les tractations secrètes avec Khadafi en vue d'échanger un financement libyen de la campagne présidentielle UMP de 2007 contre la promesse d'une forme de blanchiment politico-médiatique des dirigeants libyens.
Aussitôt, Guéant blessé par l'élégance du procédé (d'autant plus que l'ex-bras droit de Sarkozy est gravement malade!) a fait dire par son avocat que c'est bien Sarko qui lui avait donné l'ordre d'intervenir pour « blanchir » Senoussi, un ancien hiérarque libyen condamné à perpétuité en France pour son implication dans un attentat de 1989 ayant fait 170 morts…
Guéant étant souffrant, Sarko risquant fort de porter bientôt, sinon un boulet au pied, du moins un nouveau bracelet électronique, ces preux chevaliers ne pourront donc s'entretuer prochainement dans les coursives de la Pénitencière.
Et dire que ces gens-là, pour vomir sur les communistes et autres militants du monde ouvrier, ne cessent de brandir à tout propos les mots de vertu civique et de dignité humaine !
Pouah !