DEMETTRE LE DEMENT PEUT-IL SUFFIRE A SAUVER LA PAIX MONDIALE? – Par Georges Gastaud
Après le dernier discours incohérent et ordurier du MAGA-criminel Trump menaçant de « renvoyer l'Iran à l'âge de pierre », et appuyant ses dires grossiers de milliers de bombes déversées sur les hôpitaux, les écoles et les ponts iraniens (sans oublier les universités iraniennes qui ont contesté le régime islamiste!), après son anti-« célébration » de Pâques… excluant les cathos américains (le Pape Léon ayant osé déclarer que « Dieu ne reçoit pas les prières de ceux qui ont les mains rouges de sang« ) et où les « évangélistes » dingues qui entourent Trump l'ont comparé au Christ en l'exhortant à planifier l'Armageddon*, nombre de personnalités nord-américaines osent enfin exiger que Trump soit destitué et remplacé, comme le permettrait l'un des innombrables « amendements » à la Constitution US, par son vice-président légèrement plus présentable J.D. Vance…
Il est évidemment positif que, face au dangereux Imperator Trump, qui vient aussi de déclarer qu'il « fera de Cuba ce qu'il voudra quand il voudra », qui couvre de quolibets des présidents étrangers « alliés » aux USA, qui veut ouvertement annexer, tantôt le Groenland, tantôt le Canada, qui s'autoproclame président à vie d'un « Conseil de la paix » rival de l'ONU et qui se vante même d'avoir forclos le droit international, des sénateurs « démocrates », voire quelques élus « républicains » se risquent enfin à déclarer que l'Empereur Trump est nu et que, décidément, son « académie » n'est pas bien afriolante. Ce qui a grandement aidé à s'exprimer ces contestataires tardifs de la Trumperie MAGA, c'est sans doute le fait que les grèves ouvrières repartent à la hausse aux USA, et aussi que les masses nord-américaines électrices ou non de Trump supportent de moins en moins les guerres impériales fauteuses d'inflation. Surtout, il est salutaire que des millions d'Américains soient récemment descendus dans les rues pour y scander: « ni roi, ni guerre, ni ICE! » (= la police raciste qui traque les Noirs et les Latinos tout en abattant au passage les courageux Américains qui s'interposent)…
Cependant, destituer Trump et le remplacer par J.D. Vance ne serait qu'un pis-aller, et même pas sans doute, une accalmie durable sur le front des guerres, ingérences et menaces de guerre israélo-étasuniennes. D'abord parce que l'équipe de Trump resterait sans doute en place et qu'elle est aussi « no limits » (= non dénuée de lignes rouges) que son grossier patron lui-même: le vice-président Vance est un réactionnaire déchaîné et lui aussi est un obscurantiste religieux qui, tout catholique qu'il se déclare, n'a sans doute jamais entendu parler de Vatican II. Quant au secrétaire d'Etat Rubio, cet anticastriste pieds et poings liés à la mafia de Miami est l'instigateur du siège aggravé du Venezuela et de Cuba, sans oublier son rôle direct dans l'enlèvement de Maduro, le président élu du Venezuela. N'oublions pas d'adjoindre à ce noir tableau l'actuel « Ministre de la Guerre » de Trump (c'est son titre officiel!) qui appelle ses troupes à mener les « opérations les plus létales possible ». Bref, même sans Trump, le trumpisme ne cesserait pas de sévir ni ne pourrait cesser d'être une ignominie de chaque instant. Et cela d'autant plus que continuerait d'influer sur Washington un Premier Ministre israélien dont le patronyme rime avec « fou »: or, ce fanatique n'a cure de pousser le monde à l'autodestruction pourvu que le maître de Tel-Aviv puisse consolider son régime impérial digne d'Assurbanipal en génocidant Gaza, la Cisjordanie occupée, en bombardant le Liban et les civils iraniens en vue de faire main basse sur tout le Proche-Orient…
Et surtout, comment ne pas voir que la folie trumpiste n'est que la griotte empoisonnée trônant sur l'infecte et branlante pièce montée d'un impérialisme occidental que son déclin rapide rend chaque jour plus désespéré, donc plus dangereux encore ? Comment s'étonner qu'un tel système en crise, non moins décadent économiquement et moralement qu'a pu l'être l'Empire romain agonisant, n'ait plus été en état ces derniers temps que d'offrir pour tout choix au peuple américain qu'un Trump délirant, qu'un Biden gâteux ou qu'une Clinton assoifée de guerres de la Yougoslavie à l'Ukraine en passant par la Libye ?
Et qui peut croire sérieusement, même si cela permet le retour de l'ordre mondial vers certaines formes d'apparence plus décente, que l'éventuel retour des USA dans le camp euro-mondialiste des « démocrates » US et des « centristes » du type Macron, Merz et von der Leyen, garantirait une accalmie durable de la marche à la fascisation et à la Troisième Guerre mondiale alors que l'UE soi-disant « raisonnable » n'est pas moins débridée à l'encontre de la Russie (dotée d'armes atomiques puissantes!) que ne l'est Trump à l'encontre de Cuba socialiste et de l'Iran chi'ite!
Déjà en 1916, alors que le capitalisme déjà monopoliste avait suscité la tuerie de masse de la Première Guerre mondiale, Lénine fut amené à constater que « l'impérialisme, c'est le capitalisme monopoliste, le capitalisme pourrissant, le capitalisme agonisant: c'est la réaction sur toute la ligne« . Et si aujourd'hui, ce système frappé de vertige produit en continu des présidents monstrueux niant toute espèce de limite entre la civilisation et la barbarie, s'il permet, à contre-courant de l'essor des sciences porteuses de nouvelles Lumières, le triomphe d'idéologies grossièrement obscurantistes et antiprogressistes, n'a vraiment rien de contingent: le fait qu'aux USA des millions de gens croient que la Terre est plate, que le covid n'a pas existé, que Jésus viendra régler leur compte aux « mécréants » sitôt qu'aura été mis en place le Grand Israël, n'est pas que le produit du dérangement cérébral d'un sale type à perruque colorée: l'approche matérialiste de l'histoire nous conduit au contraire à considérer que, l'exterminisme étant dès longtemps devenu la phase dégénérative suprême du capital impérialiste, il est logique qu'il porte désormais à sa tête des Caligula grands ou petits, c'est-à-dire des individus « sans lignes rouges » comme Donald Trump ou… à un degré pas toujours moindre en dépit des formes policées qu'il y met, comme un E. Macron.
Dès lors, abandonnons à leurs « analyses » les Philippot, Le Pen et autres myopes politiques qui ont encensé Trump en occultant l'exterminisme impérialiste et qui s'imaginent que le monde se divise en méchants mondialistes et gentils souverainistes MAGA-compatibles. Si l'exterminisme et tout ce qui l'accompagne, fascisation, obscurantisme, régressions sociales, dissolution des pays souverains, saccage environnemental, est bien, au sens hégélien de l'expression, la « vérité » du capitalisme contemporain, alors certes, il faut destituer Trump car tout ce qui peut ralentir et diviser si peu que ce soit le duo mortifère Washington-Tel-Aviv, est bon à prendre pour les peuples et pour la classe travailleuse tant il est vrai que l'avenir est leur. Mais surtout, il faut soutenir tous les peuples qui s'opposent à l'hégémonisme euro-étatsunien, ennemi principal de la paix, et plus encore, travailler à l'essor national et mondial d'un large mouvement populaire contre la vie chère, pour la justice et pour la paix tout en portant dans les luttes l'idée d'un Frexit progressiste débouchant sur un socialisme-communisme de nouvelle génération. Bref, la solution de fond, ce n'est pas seulement du prozac à haute dose pour Trump et « Bibi » (en attendant qu'ils puissent recevoir le châtiment que leur infligera tôt ou tard la Cour de justice interationale), c'est le réveil mondial du prolétariat redevenant le sujet central de la lutte pour la paix en faisant sien partout, en lien avec des avant-gardes de classe renaissantes, le mot d'ordre objectivement anti-exterministe de Fidel et du Che : « la (les) patri(e)s ou la mort, le socialisme ou mourir, nous vaincrons! ».
C'est à quoi travaillent les militants humanistes du PRCF: car la folie capitaliste « tonne en son cratère »; alors faisons en sorte, en interpellant partout les membres de la classe laborieuse, que cette noirâtre éruption cède la place à la rougeoyante résurgence de la Raison et du progrès.
*Nom biblique de la guerre mondiale finale censée précéder et annoncer le retour du Messie. Déjà en 84 Reagan vaticinait sur ce thème en racontant à qui voulait l'entendre que son slogan de campagne E.R.A. (officiellement « Elect Reagan again! », réélisez Reagan!) signifiait en réalité « Eliminate Russians Atomically!« : éliminez les Russes atomiquement…