Georges Gastaud, secteur études et prospective du PRCF – 16 février 2026
Promu à l’excès par certains secteurs de la gauche nord-américaine, le concept sociopolitique d‘intersectionnalité emprunte sa méthodologie à la théorie mathématique des ensembles, l’ « intersection » étant cette partie de leurs « éléments » que deux ensembles ont en commun (pensons par ex. à la confluence lyonnaise des eaux du Rhône et de celles de la Saône!). L’enjeu politique de l’intersectionnalité est censément de préciser quelles « sections » du peuple sont les plus exploitées et/ou dominées et doivent capter l’attention prioritaire des militants de l’émancipation ou de l’ « éveil » (woke). Par exemple un prolétaire de sexe (pardon, de « genre »…) féminin est présumé a priori souffrir davantage de l’oppression que ne l’est, du moins statistiquement, un ouvrier de sexe mâle : car dans notre société, le sexe féminin en est encore à revendiquer l’égalité salariale complète avec le sexe dit fort. Si cette ouvrière est en outre « racisée », et que sa sexualité la porte davantage vers les filles que vers les gars, et pour peu qu’en outre elle soit migrante issue du « Sud global », elle personnifiera alors à son insu la quintessence des « damnés de la Terre ». La démarche intersectionnaliste présente un avantage, du reste équivoque et passablement autodestructif, mais aussi plusieurs inconvénients graves.

VISIBILISER LA DIVERSITE DES OPPRESSIONS
Le côté positif est qu’en effet il faut s’intéresser d’autant plus aux secteurs les plus exploités de la population, c’est-à-dire à ceux qui n’exploitent personne mais que tous exploitent, que ces secteurs sont le plus souvent « invisibilisés », voire marginalisés et relégués si bien que, spontanément, ils n’ont que trop tendance à se replier sur eux-mêmes tant ils se sentent humiliés et paraissent enclins à intérioriser leur relégation ; c’est pourquoi on les voit peu dans les organisations qui sont censées les défendre. Il est donc juste que, à qualités et à compétences politiques égales, un parti communiste, un syndicat de lutte ou un Etat socialiste digne de ce nom promeuvent plutôt à leur tête un ouvrier qu’un cadre, une femme ouvrière qu’un ouvrier mâle, une ouvrière immigrée qu’une ouvrière « de souche ». En ce sens, la « politique des quotas » n’a pas été inventée par le Parti démocrate nord-américain mais bien par Lénine qui, du reste, veillait jalousement à la composition sociale du jeune Parti communiste (bolchevik) de l’Union soviétique.
UN RISQUE PATENT D’ESSENTIALISATION DES PERSONNES !
Cependant, la mention « à qualités égales » rappelée ci-dessus demeure essentielle car en toute activité humaine, la compétence, les états de service, le « potentiel » individuel et le degré d’engagement personnel doivent primer dans le choix d’un dirigeant, les prolétaires eux-mêmes, qu’ils soient ou non « racisés », « genrés », etc. demandant avant tout à leurs organisations de les conduire à la victoire. Agir autrement, ce n’est pas seulement amoindrir l’efficacité de l’organisation et sa capacité de vaincre, c’est humilier de façon paternaliste les personnes qui auraient été promues, non pas à proportion de leur valeur politique, syndicale ou administrative, mais en fonction de « qualités » intrinsèques répertoriées par on ne sait qui sur l’on ne sait quel tableau « Excel »… Terrible manière en réalité de « genriser », de « raciser », de « naturaliser », en un mot d’étiqueter et de réifier les personnes, non pas en fonction de ce qu’elles font, ont fait, savent faire ou peuvent faire (c’est-à-dire de manière dynamique et respectueuse de leur personnalité complexe et en mouvement) mais à raison de leur essence, voire de leur nature supposée. En un mot, cela revient à les « essentialiser » en réduisant chacun à ce que le philosophe antimarxiste Max Weber, qui était aussi friand de ce schématisme que son disciple Georg Simmel, appelait des « Idealtypes ». Or l’être « de classe », mais aussi « de genre », « d’origine », d’ « orientation sexuelle », ne constitue pour chacun, ni une honte éternelle à porter comme une croix, ni une noblesse intrinsèque à glorifier constamment (certains disent « je suis la Classe! » comme d’autres disaient « je parle au nom de Dieu! ») comme si l’on avait d’autant plus raison a priori que l’on était davantage prolétaire, prolétaire-femme, prolétaire-femme-racisée, prolétaire-femme-racisée-lesbienne, etc. cette manière de raisonner typiquement métaphysique (chacun dans sa case!) ne fait nullement honneur aux dominés qu’elle traite en bêtes de zoo. Au point que ce tri sélectif des futurs cadres du mouvement pour l’émancipation (?) n’est pas sans évoquer la manière dont les moines tibétains « élisent » le futur Dalaï-Lama lorsque son prédécesseur vient à trépasser !

COURSE AUX « MINORITES » et COMPETITION VICTIMAIRE PORTEUSE DE DIVISIONS
Support d’éveil politique pour peu que l’on ne fétichise pas les « zones d’intersection » qu’elle explore, la démarche intersectionnaliste présente hélas des risques avérés de mise en compétition victimaire : par ex., qui décidera que l’oppression de genre dont souffrent les femmes en général l’emporte ou pas sur l’oppression nationale que subissent les populations immigrées issues du Sud global? D’où la guerre culturelle qui n’en finit pas à gauche entre les féministes qui ne rêvent que de dévoiler les filles musulmanes (au risque de flirter avec l’islamophobie) et les militants décoloniaux qui considèrent qu’une fille d’origine arabo-musulmane doit être défendue dans son droit, réel ou supposé, à porter le voile… et qui traitent facilement les féministes de racistes ethno-centrées? Dès lors, le danger est grand d’accroître ce que Mao appelait les « contradictions au sein du peuple » et d’amener la gauche (en réalité la gauche bourgeoise et petite-bourgeoise), non pas à fédérer les luttes d’émancipation, mais à les opposer en mettant les « minorités » (alors que, rappelons-le, les femmes sont majoritaires) en concurrence les unes avec les autres, que ce soit sur le plan des luttes immédiates ou sur celui de ce qu’on nomme parfois la « compétition mémorielle ». Pensons à l’actuel maire PCF de St-Denis qui vient de rebaptiser « Stade Madeleine Riffaud » le stade dionysien « Marcel Cachin » sous prétexte de promouvoir le sexe féminin, mais qui, ce faisant, heurte de front la communauté bretonne qui se retrouvait dans Cachin (ami de la langue française et constant promoteur du breton) et scandalise les militants franchement communistes qui n’oublient pas que Cachin fut l’organisateur principal du Congrès de Tours où fut fondé le PCF. Surtout, la démarche intersectionnaliste a finalement favorisé.
UN DENI DU RÔLE DIRIGEANT DU PROLETARIAT ?
Plus gravement encore, la démarche intersectionnaliste peut aisément entrer en contradiction avec le coeur du marxisme en général et du matérialisme historique en particulier. Comme on le sait, Engels et Marx ont fondé l’approche scientifique et matérialiste de l’histoire lorsqu’ils ont démontré (L’Idéologie allemande, Contribution à la critique de l’économie politique, Anti-Dühring, Dialectique de la nature, Le socialisme de l’utopie à la science, etc.) que le socle de l’histoire humaine et la base concrète de chaque formation sociale sont fournis par le « mode de production » de la vie matérielle (à n’importe quel moment de l’histoire, le souci premier des hommes est de produire ce qui leur est nécessaire), c’est-à-dire par l’ensemble toujours mobile des « forces productives » et des « rapports de production », eux-mêmes supports des classes sociales dont certaines possèdent les moyens de production, dominent dès lors l’Etat et l’idéologie, et peuvent de fait exploiter la masse de ceux qui ne possèdent pour vivre que leur force de travail manuelle ou/et intellectuelle. Concernant le capitalisme, Marx a montré – et Lénine n’a fait qu’accentuer cette analyse – que la classe des travailleurs salariés (die Klasse der Lohnarbeiter) est désormais la seule qui, en menant jusqu’au bout la lutte des classes (ce qui conduit paradoxalement à la suppression totale des classes qu’on appelle communisme), peut abattre le capitalisme et avec lui, toutes les horreurs sans nom qu’il comporte: en ce qui concerne notre époque, impérialisme, fascisme, exterminisme, etc. Vérification a contrario: tant qu’il y avait, en France et dans le monde, un fort mouvement ouvrier et communiste appuyé sur un camp socialiste et sur de puissants syndicats de classe, la paix mondiale était défendue, les fascistes n’osaient guère reparaître, l’idéologie progressiste faisait presque jeu égal avec l’idéologie réactionnaire, la cause des femmes progressait fortement (y compris en pays « musulman »: pensons aux femmes sous Nasser, Boumediene, voire Bourguiba…). Alors que, depuis que ce n’est plus le cas, le monde actuel est aux portes de la fascisation galopante et de la marche vers la troisième guerre mondiale ! Or, en mettant toutes les oppressions sur le même plan, en ignorant le fait massif que la contre-révolution anticommuniste mondiale a remis les forces réactionnaires à l’offensive, que la crise systémique du capitalisme n’offre à l’humanité qu’un horizon noirâtre et au mieux illisible, que l’oligarchie capitalo-financière actuelle tourne totalement le dos à la bourgeoisie rationaliste et révolutionnaire du XVIIIème siècle, que des idéologies aussi obsolètes scientifiquement parlant que les messianismes « chrétien », coranique, juif, etc. reviennent en force dans le paysage, qu’en un mot « Trump » est le résumé archi-réactionnaire de notre temps avec son idéologie climato-négationniste, suprémaciste, machiste, grossièrement violente et colonialiste (quel pays ne veut-il pas annexer ou humilier?), l’intersectionnalisme n’aide pas – c’est un euphémisme – à remettre au centre de la problématique anthropologique la contradiction principale de notre époque: celle qui oppose le Travail au Capital, les peuples en quête de souveraineté à l’impérialisme et à l’hégémonisme, et, en perspective, le maintien du capitalisme de plus en plus ensauvagé à l’émergence d’un socialisme-communisme de nouvelle génération organisant la coopération entre les nations souveraines, planifiant l’exploitation rationnelle des ressources, économisant les forces de la nature. Ce que résume admirablement la formule de Fidel Castro « les patries ou la mort, socialisme ou mourir, nous vaincrons ! »…
UN ENGAGEMENT MULTIDIMENSIONNEL
Cela ne signifie nullement que l’émancipation féminine, dont Marx faisait « le gradient de toute émancipation », soit une question secondaire, qu’on aura toujours le temps de faie de l’écologie, que la lutte contre les mentalités rétrograde peut toujours attendre, etc. : au contraire, nous avons pu démontrer ailleurs que l’une des tâches centrales du socialisme à venir consistera à régler toutes ces grandes questions, proprement vitales pour l’avenir, que le capitalisme est hors d’état de résoudre et que sa course permanente au profit et à la domination ne peut qu’aggraver jusqu’au suicide collectif. Mais cela signifie que l’émancipation ne sera pas une addition de combats minoritaires divers, variés… et concurrents mais que, dans le mouvement général de la lutte contre l’exploitation capitaliste et impérialiste, le féminisme, la lutte contre le sexisme, le souci environnemental, l’antiracisme, etc. doivent se concevoir comme des aspects, des dimensions inaliénables du combat général pour la libération de tous les humains. C’est ainsi que, par ex., la communiste Clara Zetkin (qui institua la Journée mondiale pour l’égalité hommes/femmes) concevait le féminisme prolétarien, c’est ainsi qu’il nous faut d’urgence promouvoir un écologisme populaire ou un nouvel anticolonialisme fédérant – au lieu de les opposer stérilement – le combat émancipateur des peuples du Sud à la lutte des classes populaires des centres impérialistes. Rien à voir avec un étalement temporel des « priorités » comme s’il fallait « d’abord » libérer le prolétariat, « puis » les femmes, « puis » s’occuper d’environnement, etc. Du reste, la Révolution d’Octobre 1917 qui, en quelques jours seulement publia le Décret sur la paix, le Décret sur la Terre, le Décret sur l’égalité hommes-femmes, a montré que pour de véritables révolutionnaires le combat féministe par ex. est une dimension axiale de la lutte prolétarienne, un peu comme le temps et l’espace constituent des dimensions inaliénables du développement de la matière.
QUE SIGNIFIE CONCRETEMENT LE « RÔLE DIRIGEANT DE LA CLASSE OUVRIERE » ?

Non seulement, comme nous venons de le voir, cela signifie que la structure contradictoire du mode de production capitaliste force en permanence le prolétariat à sombrer dans l’abjection la plus totale ou bien à lutter pour la dictature du prolétariat, étape incontournable vers le communisme, mais cela signifie également que – comme l’a signalé Marx dans son analyse classique de la défaite des Communards en 1871 – la classe laborieuse ne saurait
durablement l’emporter sans unir autour d’elle l’ensemble des couches populaires et moyennes écrasées par le Capital : ce que Lénine d’abord, en forgeant l’alliance ouvrière et paysanne qui triompha en 1917, puis Thorez (France) et Dimitrov (VIIème congrès de l’Internationale communiste, 1935) en élaborant la stratégie des Fronts populaires, patriotiques, antifascistes et antiimpérialistes, ont tour à tour théorisé en montrant ceci le combat prolétarien est le ciment naturel des luttes émancipatrices, y compris des luttes non spécifiquement prolétariennes. Et cela non pas parce que le prolétariat serait en soi « plus important » ou plus « noble » que d’autres secteurs populaires, mais parce que l’intérêt vital des travailleurs productifs salariés leur commande objectivement, sous peine d’être défaits, de fédérer l’ensemble des combats libérateurs. La problématique dia-matérialiste objective n’est donc pas de choisir métaphysiquement entre l' »intersectionnalité » dénuée de centralité sociopolitique et l’auto-célébration ouvriériste et isolationniste du mouvement prolétarien (ce que Marx appelait en 1872 le « solo funèbre de la classe ouvrière »): au contraire, le mouvement prolétarien n’est jamais autant lui-même que lorsqu’il fédère largement autour de lui comme on l’a vu en France lors du Front populaire de 1936 ou encore en 1945 quand le PCF recueillait 30% des voix aux législatives, que la CGT comptait 5 millions d’adhérents et que ces deux forces fièrement ouvrières formaient l’aile marchante, à la fois rouge et tricolore, du Conseil National de la Résistance, le plus large rassemblement sociopolitique qu’ait connu notre pays.
DES OUTILS POUR RECONQUERIR LE RÔLE DIRIGEANT

Bien entendu, le socle pratico-pratique du rôle dirigeant de la classe ouvrière est son triple niveau d’organisation: le niveau économique, avec de puissants syndicats de classe tel que l’était la CGT de Krazucki, le niveau culturel, avec la lutte idéologique et théorique menée (avec le rôle central du journal communiste) pour ce que Gramsci appelait l’ « hégémonie culturelle » et, orchestrant l’ensemble du combat (car la politique tient objectivement, et pour toutes les classes, le rôle du chef d’orchestre synchronisant le devenir social), le parti d’avant-garde, c’est-à-dire le parti communiste. Celui-ci doit s’ancrer dans les entreprises qui sont, à un premier niveau, le lieu principal de l’affrontement de classes quotidien: usines, mines, chantiers, dépôts EDF, gares, ports, raffineries, aéroports, grand commerce, télécoms et plateformes logistiques car c’est principalement là que s’opère d’abord la collecte de la plus-value capitaliste que viennent ensuite successivement « tondre » les divers secteurs bourgeois plus ou moins parasitaires. C’est pourquoi la IIIème Internationale a toujours promu l’idée que le parti communiste devait s’enraciner dans les entreprises tout en menant campagne en permanence pour le syndicalisme de classe et en conquérant, dans ce but, le maximum de mandats syndicaux liant les communistes à la masse des travailleurs. C’est ce qu’a longtemps fait le PCF, quand il était marxiste et révolutionnaire (1) et c’est aussi ce qu’il a cessé de faire depuis que, au nom de la « mutation », Robert Hue et sa clique renégate ont liquidé les cellules d’entreprise, les écoles de formation au marxisme-léninisme, le journal communiste qu’était encore un peu l’Huma à la fin des années 90, et bien entendu, toute véritable recherche marxiste en philosophie, en économie, en géopolitique, en histoire, etc.; tout cela sur fond de reniement du combat radicalement eurocritique que menait encore le PCF à l’époque du Traité de Maastricht, de reniement des objectifs historiques du Parti (dictature du prolétariat, socialisation des moyens de production stratégiques, planification socialiste, etc.), de rupture ostentatoire avec le camp socialiste, d’abandon des liens fraternels traditionnels entre PCF et CGT, et tout en se rapprochant de plus en plus du PS, ce pilier antisocial, belliciste et antinational à la fois de la « construction » euro-atlantique.
C’est tout cette architecture théorico-pratique, culturelle et organisationnelle qu’il faut reconstruire comme s’y emploie le PRCF qui veut à la fois relancer l’analyse marxiste de la société, porter un programme et une stratégie associant Frexit progressiste et révolution socialiste, et revitaliser le travail en direction des entreprises et des autres secteurs populaires dans leur diversité professionnelle, de genre, d’origines mêlées, de bigarrure générationnelle, etc. Et tout cela sans cesser d’intervenir sur des bases franchement communistes sur tous les sujets qui intéresse la société, défense de la paix, des libertés démocratiques, du produire en France et des services publics, mais aussi émancipation féminine, reconstruction environnementale, relance des grands services publics et grand renouveau de la culture, de la langue française, de l’Education nationale, de la Recherche, etc. Tout cela n’a, en réalité, rien de très « intersectionnel »: cela signifie simplement refaire de la classe laborieuse ce que Lénine appelait le « tribun du peuple » en fédérant la Nation et en assumant l’avenir de toute l’humanité.
[1] Les individus qui ont récemment tenté de scissionner le PRCF lui ont reproché à la fois de ne pas « vouloir » reconstruire le Parti et de ne pas « vouloir », comme l’un d’entre eux le disait comiquement dans l’un des tracts qu’il proposait, « faire de chaque entreprise de France une citadelle du PRCF » (il suffit pour mesurer l’irréalisme de ce mot d’ordre de signaler qu’il y a des centaines de milliers d’entreprises en France!). Tout cela relève, non du travail concret passant par la diffusion régulière de tracts et de journaux communistes aux usines, mais de la « gonflette » idéologique et du gauchisme tel que le pratiquaient déjà, avec des résultats nuls, les groupes gauchistes des années 68/75.
Ajoutons que l’auteur de ces lignes n’a aucune leçon à recevoir en matière de lutte à l’entreprise lui qui, durant près de quarante ans, a « tenu » la seule cellule d’établissement scolaire et le seul journal de lycée – plus de soixante numéros dûment archivés du bulletin « Antidote » en témoignent! – dans le Pas-de-Calais. Devenu secrétaire de la section PCF de Lens à l’issue d’un combat épique, le même militant a tenu bon sur les cellules d’entreprise du Lensois en maintenant contre vents et marée la cellule Eloi Machoro des enseignants et la cellule Lénine de l’hôpital de Lens (avec son journal « C.H. Luttes ») alors que Hue et Cie liquidaient partout les cellules d’entreprise. Après la fondation du PRCF, celui-ci a constamment porté le combat pour le syndicalisme de lutte en soutenant le Front Syndical de Classe et en tentant de multiples fois, malgré l’opposition acharnée du patronat, d’implanter le Pôle dans deux importantes usines automobiles du bassin minier et en tendant constamment la main aux cheminots lensois en lutte.
Bref, ces querelles n’ont aucun fondement historique et relèvent du procès d’intention, voire de l’anti-intellectualisme primaire. Ce n’est pas parce qu’on n’a aucun bagage théorique solide et qu’on ne mène aucun effort de recherche qu’on est mieux ancré en milieu ouvrier, bien au contraire: « sans théorie révolutionnaire, disait Lénine, pas de mouvement révolutionnaire ».

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