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Accueil articles 3-INTERNATIONAL

SANKARA : la France des travailleurs tient toujours avec toi !

22 janvier 2026
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Tentative de déstabilisation au Burkina Faso et agression impérialiste au Venezuela : deux fronts d’une même guerre pour la souveraineté des peuples face à un même axe impérialiste hégémonique

Un coup d’Etat militaire fomenté par des officiers burkinabés liés au potentat ivoirien Ouattara, cet ultime tenant du néo-colonialisme françafricain, vient d’être déjoué à Ouagadougou. Il visait à renverser la direction anti-impérialiste du pays incarnée par Ibrahim Trahoré, ce continuateur de Sankara et de Lumumba. Les Français amis de l’Afrique et… de la dignité de la France ne peuvent que condamner les manigances néocoloniales, qu’elles émanent d’Abidjan et/ou de Paris.

Car, comme le disait Engels, « un peuple qui en opprime d’autre ne saurait être libre ».

PÔLE POSITIONS – JANVIER 2026 – Par Floréal, PRCF

Trente ans après Sankara, Traoré veut raviver la flamme révolutionnaire au Burkina Faso

Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara, président révolutionnaire du Burkina Faso, tombait assassiné avec douze de ses proches dans des conditions dramatiques. Trente‑huit ans plus tard, son héritage continue de marquer profondément la politique burkinabé, notamment sous le leadership du président Ibrahim Traoré, qui s’affirme comme l’un de ses héritiers politiques les plus explicites.

Arrivé au pouvoir en 1983, Sankara avait rapidement initié une série de réformes radicales pour transformer la société de l’ancienne Haute‑Volta, qu’il rebaptisa Burkina Faso — « le pays des hommes intègres ». Gouvernant par ce qu’il qualifiait de Révolution démocratique et populaire, il prônait l’autosuffisance, l’émancipation des populations rurales, la lutte contre la corruption et l’impérialisme, des politiques de santé publique ainsi que l’égalité des sexes. Sous sa direction, des campagnes de reboisement furent lancées, des écoles ouvertes, la production locale encouragée, et la souveraineté nationale placée au cœur du projet politique.

Sankara ne se contentait pas d’un changement symbolique : il refusait l’aide étrangère qui, selon lui, était souvent une forme subtile d’emprise impérialiste, et nationalisa des ressources clés pour libérer le pays de la dépendance extérieure. Cette posture de rupture avec les logiques néocoloniales lui valut autant l’admiration de ses partisans que l’hostilité de nombreux gouvernements africains et occidentaux.

Les circonstances de son assassinat restent sujettes à débats. Sankara fut tué par un commando lors d’une réunion du Conseil national de la révolution, tandis que Compaoré prenait le pouvoir dans l’heure qui suivit le meurtre. Ce coup d’État mit fin à quatre ans de transformations sociales et politiques, ouvrant une longue ère de domination de Compaoré et de ses alliés, souvent perçus comme proches de structures de pouvoir étrangères, notamment françaises.

Depuis la chute de Compaoré en 2014, le peuple burkinabé et les héritiers politiques de Sankara réclament vérité et justice, notamment une enquête complète sur les responsabilités internes et internationales dans l’assassinat. Plusieurs inculpations ont été prononcées dans le cadre de l’enquête réouverte en 2015, mais le procès et les conclusions restent partiellement insatisfaisants pour beaucoup.

Sankara demeure aujourd’hui une icône de l’anti‑impérialisme, de la souveraineté populaire et de la lutte pour un développement autonome en Afrique. Sa mémoire continue d’alimenter les débats politiques et sociaux, tandis que des mouvements citoyens, comme le Balai citoyen, rattachent leur action à son héritage de transformation profonde du lien entre l’État et les populations.

Arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’État en 2022, le capitaine Traoré s’est rapidement positionné comme un continuateur du projet sankariste, glorifiant l’idéal de souveraineté nationale et de rupture avec les logiques néocoloniales. Dans un message solennel lu le 15 octobre dernier lors d’une commémoration au mausolée de Sankara, Traoré a salué « l’engagement et le combat pour un Burkina Faso digne, souverain et prospère », soulignant que l’œuvre du leader assassiné « demeure une source d’inspiration et une boussole pour la Révolution Progressive Populaire ».

Sous son mandat, le Burkina Faso a introduit des symboles forts rappelant le passé révolutionnaire : la devise emblématique « La Patrie ou la mort, nous vaincrons » — déjà associée à l’ère Sankara — a été rétablie comme devise nationale, marquant une rupture symbolique avec les précédentes orientations politiques.

Sur le plan politique et économique, Traoré s’est aussi inspiré des préceptes de Sankara en privilégiant des politiques d’autosuffisance et d’anti‑impérialisme. Il a mis l’accent sur la souveraineté alimentaire, la réappropriation des ressources — notamment via la nationalisation de certaines mines ou la création d’une raffinerie d’or nationale — et le refus des aides conditionnelles du FMI ou de la Banque mondiale.

Il y a trente ans, les impérialistes assassinent Thomas Sankara et plongent le Burkina dans des décennies de dictature !

Cette trajectoire s’accompagne d’un rejet assumé de l’influence française dans les affaires intérieures, avec des mesures telles que la suspension de certaines chaînes médiatiques étrangères et la redéfinition des alliances internationales du pays.

Cependant, cette réinvention du projet sankariste par Traoré suscite des débats. Certains analystes voient en lui un continuateur authentique des idées de Sankara, particulièrement en matière de renforcement de la souveraineté et de lutte contre l’impérialisme. D’autres soulignent les défis de gouvernance auxquels il est confronté, notamment le contexte sécuritaire dramatique, l’instabilité persistante et les critiques sur la liberté de la presse ou l’autoritarisme croissant du régime.

Quoi qu’il en soit, pour beaucoup de Burkinabè, la figure de Sankara reste un repère moral et politique, et les déclarations publiques de Traoré rappellent la volonté d’ancrer la politique contemporaine dans cet héritage. En évoquant le passé révolutionnaire comme un phare pour l’avenir, le président burkinabé souhaite montrer que les idéaux de dignité, de souveraineté et de justice sociale ne sont pas seulement des souvenirs, mais des objectifs toujours vivants dans la politique actuelle.


Assassinat de Patrice Lumumba : retour sur une élimination politique au cœur de la décolonisation

Patrice Lumumba : treize hommes pour un crime d’État, et une leçon majeure pour le panafricanisme socialiste

Il y a soixante-cinq ans, le 17 janvier 1961, Patrice Emery Lumumba, premier Premier ministre du Congo indépendant, était assassiné dans le plus grand secret. Derrière ce crime politique se dessine une convergence d’intérêts belges, américains et katangais, révélatrice des tensions de la guerre froide et des limites de l’indépendance africaine face aux puissances occidentales.

L’indépendance du Congo, proclamée le 30 juin 1960, intervient dans un contexte de vaste décolonisation. Affaiblie, la Belgique renonce à une guerre coloniale prolongée, contrairement à la France en Algérie ou au Royaume-Uni au Kenya. Mais cette indépendance formelle ne signifie pas l’abandon des intérêts économiques, en particulier dans le Katanga, province stratégique pour ses ressources minières.

https://twitter.com/AdrianThomas90/status/2012443431549706752

Patrice Lumumba, d’abord modéré, s’inscrit progressivement dans une dynamique panafricaine après sa rencontre avec Kwame Nkrumah ou Frantz Fanon. À la tête du Mouvement national congolais, il milite pour un Congo uni, souverain et socialement juste. Son discours du 30 juin 1960, dénonçant sans détour les violences et l’exploitation coloniales, marque une rupture brutale avec l’ancienne puissance tutélaire.

Très vite, le pays s’embrase : mutineries, départ des colons européens et surtout sécession du Katanga, soutenue financièrement et militairement par l’Union minière du Haut Katanga et l’armée belge. En toile de fond, un enjeu stratégique majeur : l’uranium congolais, indispensable au programme nucléaire américain. Le site de Shinkolobwe avait déjà alimenté le projet Manhattan et restait crucial pour Washington.

Aux États-Unis, le président Dwight D. Eisenhower voit en Lumumba une menace potentielle, soupçonnée de rapprocher le Congo du bloc soviétique. La CIA reçoit alors pour mission de neutraliser le dirigeant congolais. Tandis que l’ONU hésite, le président Kasa-Vubu se retourne contre son Premier ministre et l’armée, dirigée par Joseph-Désiré Mobutu avec l’appui américain, prend le pouvoir.

Arrêté, humilié puis transféré au Katanga, Lumumba est livré à ses ennemis. Le 17 janvier 1961, lui et deux de ses compagnons sont torturés puis exécutés. Leurs corps sont ensuite dissous dans l’acide afin d’effacer toute trace du crime, avec l’aide d’agents belges.

Longtemps étouffée, l’affaire éclate au début des années 2000. La Belgique reconnaît une responsabilité morale et restitue en 2022 une relique de Lumumba à sa famille. Les États-Unis, eux, n’ont jamais reconnu leur implication. L’assassinat de Lumumba demeure l’un des symboles les plus puissants de l’ingérence étrangère en Afrique et d’une indépendance confisquée.

Tags: burkina fasocoup d'étatflorealfrance afriqueIbrahim Traoréinternationalsankara
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