CAMBODGE ÉLECTIONS ET DÉCHAINEMENT MÉDIATIQUE.

Commission internationale du PRCF       30 Juillet 2018
 
Avec une participation de 82 %. le premier ministre, Hun Sen, au pouvoir depuis trente-trois ans, peut s’estimer satisfait. Cette participation massive aux élections prouve que les Cambodgiens s’impliquent dans la vie politique de leur pays. Un taux de participation qui devrait faire rêver certains, avec 26% d’abstention au 2e tour de nos présidentielles…
Hun-Sen, chef du Parti du Peuple Cambodgien remporte ces élection de manière écrasante:  le PPC obtient plus de 80 % des suffrages, une énorme victoire.
Contrairement à la propagande médiatique l’opposition était bien présente à ces élections ( FUCINPEC, Ligue pour la démocratie, Parti national khmer uni et une bonne dizaine d’autres partis et mouvements).
Hun Sen a commencé ses activités politique en 1965. Il devra interrompre sa scolarité en 1968 pour fuir la capitale et la répression qui s’abat sur les militants communistes. Il trouve alors refuge à Memot et travaillera dans les plantations d’hévéas de Ton Luong. Il s’y livrera à des activités syndicales et devra fuir de nouveau la police. Il entre dans la guérilla qui lutte contre le régime fasciste de Lon Nol à la solde des Etats-Unis engagés dans la guerre d’agression au Vietnam. En 1972, il rejoint les commandos parachutistes et prend, en 1974, le commandement du 55e bataillon de la zone est. Bon soldat, toujours en première ligne, il sera blessé cinq fois et perdra l’œil gauche. Il fut par la suite, à moins de 25 ans, élevé à la tête d’un régiment de la guérilla. En 1977, opposant des “Khmers Rouges”, il fuit les purges pour se réfugier au Vietnam. Il rejoint avec d’autres communistes opposants à Pol Pot le Front uni national pour le salut du Kampuchéa (FUNSK). Il accède le au comité central de cette organisation.

Lassé des provocations des “Khmers Rouges” appuyés par les Etats-Unis et la Chine, le Vietnam  avec une armée de 110 000 hommes passe la frontière le   et libère rapidement la presque totalité du territoire cambodgien salué en libérateur du peuple cambodgien.

La situation économique et sociale est très contrastée : recul de la grande pauvreté mais montée des inégalités. Corruption massive même si le gouvernement prend quelques mesures. Mouvements sociaux et grèves secouent le pays. Le gouvernement là encore en tient compte : un nouveau ministre de l’éducation a été nommé pour mettre un terme aux pots-de-vin qui gangrènent les examens du diplôme de fin de lycée. Le salaire des fonctionnaires a augmenté de 6,8 % en janvier dernier, puis de 10,7 % en avril, pour atteindre 210,60 euros mensuels ; celui des plus de 700 000 travailleurs du secteur textile a été fixé à 145 euros au minimum, contre 129 euros auparavant, et les ouvrières de la filière ont obtenu une couverture maternité.

C’est le refus de Han Sen de s’agenouiller devant les Etats-Unis lui vaut la vindicte de nos médias de France Inter à BFM, de L’Humanité au Figaro en passant par Libé et Le Monde. Que le pouvoir ait dissout le parti d’opposition le Parti du sauvetage national du peuple (CNRP), cela est vrai. Mais ce qu’oublient nos inquisiteurs c’est que ce parti était instrumentalisé, soutenu et inspiré par les impérialistes nord-américains.

Il est aussi toujours piquant de voire combien cette même presse ne trouve pas grand chose à redire aux grandes démocraties d’Arabie Saoudite ou du Qatar sinon que les femmes ont obtenu l’immense privilège de conduire. On se demande ce qu’ils diraient de “l’autocrate”(le terme est celui de L’Huma. quelle pitié !) cambodgien s’il décapitait ses opposants au sabre…

L’indépendance nationale du Cambodge a pu être préservée. L’amitié avec la Chine développée. Les combats ouvriers et la lutte des classes se poursuit face aux puissances économiques  et notre solidarité va évidemment aux communistes, travailleurs et paysans en lutte. Ce qui ne nous empêche pas de ne pas hurler avec les loups impérialistes et la réaction. L’histoire du Cambodge se poursuit.