Alors que les peuples du monde observaient avec horreur l’agression militaire directe des États-Unis contre la République bolivarienne du Venezuela le 3 janvier 2026, une autre bataille, plus discrète mais tout aussi décisive, se jouait sur le continent africain. Dans la nuit du 3 janvier 2026, les services de renseignement et les forces patriotiques du Burkina Faso ont déjoué une énième tentative de coup d’État, visant à assassiner le président de la Transition, le capitaine Ibrahim Traoré, et à renverser le gouvernement. La simultanéité de ces deux événements n’est pas un hasard. Elle révèle la double stratégie, brutale et hybride, déployée par l’impérialisme pour briser toute velléité d’indépendance et s’accaparer les richesses des nations souveraines.
Burkina Faso : le plan détaillé d’une déstabilisation pilotée de l’extérieur
Lors d’une déclaration officielle rendue publique le 6 janvier, le ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana, a levé le voile sur les détails de la tentative de déstabilisation. Le plan, prévu pour le samedi 3 janvier à 23 heures, était le suivant :
- Assassinats ciblés : L’opération devait débuter par une série d’assassinats ciblés des autorités civiles et militaires et, en particulier, par la « neutralisation » du président Ibrahim Traoré, soit à bout portant, soit par le minage de son domicile.
- Paralysie stratégique : Immédiatement après, une action était prévue pour mettre hors service la base de drones des Forces armées nationales, privant le pays d’un outil essentiel dans sa lutte contre le terrorisme.
- Intervention extérieure : Le point culminant du scénario était une intervention militaire terrestre de forces extérieures, visant à sceller le renversement du régime.
Le cerveau présumé de l’opération serait l’ex-lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba (ancien président de la Transition du Burkina Faso du 31 janvier au 30 septembre 2022). Sa mission était triple : concevoir le plan, recruter des complices au sein des populations civiles et de l’armée, et surtout, mobiliser les fonds nécessaires. C’est sur ce dernier point que l’enquête apporte l’éclairage le plus politique : une bonne partie du financement, dont un dernier virement de 70 millions de F CFA (environ 106 700 euros), proviendrait de la Côte d’Ivoire.
Pour rappel, le président actuel de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, titulaire d’un master en économie à l’Université de Pennsylvanie aux États-Unis, a fait sa carrière dans l’orbite des institutions économiques occidentales. Il a notamment été directeur général adjoint du Fonds Monétaire International (FMI) à Washington et gouverneur de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à Paris, un pilier de la zone franc CFA liée au Trésor français. Il n’est donc pas étonnant qu’avec un tel pedigree, il ait fait de son pays un partenaire stratégique clé de la France – où celle-ci maintient sa principale base militaire régionale – et des États-Unis en Afrique de l’Ouest.
Le gouvernement a indiqué que plusieurs individus ont été arrêtés dans le cadre de l’enquête, et que les investigations se poursuivent. Des forces de sécurité restent en alerte, tandis que la situation est qualifiée de « sous contrôle ». Des messages d’alerte et des rumeurs de coup d’État avaient circulé sur les réseaux sociaux le soir du 3 janvier, incitant des mobilisations spontanées de citoyens à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. Certaines associations de veille citoyenne ont appelé à défendre les institutions et à soutenir le président Traoré face à ce qu’elles perçoivent comme une « énième tentative de déstabilisation ».
Conclusion : pour une riposte internationaliste
La concomitance de ces deux événements, qu’ils soient de façon directe à Caracas ou indirecte à Ouagadougou, n’est pas un hasard mais la résultante d’un capitalisme hégémoniste américain, et de ses vassaux européens (et au sein de cet axe de l’impérialisme français toujours actif en Afrique), en perte de vitesse et de plus en plus agressif face à la montée d’un monde multipolaire porté par les BRICS. Elle s’explique en particulier par la montée de la Chine populaire, qui est l’ennemi principal à abattre pour les USA. Biden avait choisi de renverser la Russie via l’Ukraine pour ensuite s’attaquer à la Chine. Trump, lui, opte pour une stratégie de sape des maillons faibles des forces alliées à la Chine et à la Russie, tout en exploitant ses vaissaux tant en matière économique que d’implication sur les fronts militaires, avant de s’attaquer aux gros morceaux.
Le combat pour la souveraineté du Burkina Faso et la défense de la révolution bolivarienne est notre combat commun. La nécessité de la reconstruction d’une Internationale communiste digne de ce nom est de plus en plus urgente face à la fascisation et au risque de guerre mondiale.
DP pour www.initiative-communiste.fr





