Il y a 50 ans, la contraception enfin légalisée avec la loi Neuwirth

28 Décembre 2017  c’est le 50° anniversaire de la loi Neuwirth

Dès 1947, Lucien Neuwirth (1924  – 2013), ce résistant qui survécut miraculeusement à un peloton d’exécution aux Pays-Bas, est élu conseiller municipal de Saint-Etienne (Loire). Il rentre de la guerre où il était engagé auprès des Forces françaises libres en tant que parachutiste. A 34 ans, devenu député de la Loire, il se rapproche du Mouvement français pour le planning familial, une association créée en 1960 encore balbutiante.

Son combat, le gaulliste le mène contre la loi de 1920. À cette époque, la France d’après-guerre veut relancer la natalité. La propagande de la est prohibée. L’avortement est un crime passible de la cour d’assises.

Lucien Neuwirth monte au front pour abroger une partie de cette loi, celle qui porte sur la contraception et l’information. Le député s’indigne particulièrement de l’amalgame fait entre avortement et contraception. Si sa loi ne touche pas à l’, elle ouvrira la route à Simone Veil, en 1975.

« On a placé les , les couples, devant l’alternative : accouchement ou avortement, sans leur expliquer qu’il y avait autre chose », clame-t-il devant les députés.

Le 1er juillet 1967:  à main levée le texte est voté en première lecture par une partie de la droite et l’ensemble de la gauche. Le texte est promulgué le 28 décembre.

REFUS DES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES Dimension occultée de l’affrontement de classes et diversion à cet affrontement

Suite à « l’affaire Weinstein », qui a démarré aux Etats-Unis et qui a aussitôt accaparé l’espace médiatique hexagonal (compte tenu des rapports de la vassalisation galopante de notre pays à l’égard de l’Oncle Sam), nombre de femmes connues ou anonymes ont dénoncé les violences dont elles avaient fait l’objet en France, que ce soit au travail ou dans l’espace dit domestique.

Bien entendu, cet envahissement de l’espace médiatique n’est pas neutre alors que Macron et l’oligarchie capitaliste qui l’appuie saccagent tout (leurs profits exceptés): les acquis sociaux, la langue française, les pratiques républicaines et la souveraineté de notre pays… sans que les mêmes journalistes s’en émeuvent le moins du monde !

La commission Femmes du PRCF tient à préciser d’emblée qu’il ne saurait être question de suspecter et de criminaliser globalement le sexe masculin, de revenir à une approche puritaine de la sexualité, ni a fortiori de remettre en cause la présomption d’innocence en encourageant tout ce qui pourrait ressembler à des règlements de comptes ou à des dénonciations calomnieuses (le Premier ministre s’est d’ailleurs assez sagement exprimé à ce sujet, pour une fois !).

Mais, cela dit, tout ce contexte malsain, qui entoure comme d’ordinaire le tapage médiatique bourgeois et qui en arrive à polluer les meilleures causes ou à les subordonner à des objectifs pernicieux, ne doit pas faire oublier le principal : le chiffre des femmes tuées chaque année par leur compagnon (une femme tous les trois jours) passe l’imagination, est énorme et scandaleux. Et, dans l’impossibilité de donner des indications en tant soit peu précises – étant donné la faible proportion des plaintes déposées par rapport à la réalité des faits – on ne dira rien ici du nombre effrayant de femmes violées ou battues.

Par rapport à ces situations de violences subies par les femmes, la commission Femmes du PRCF se prononce pour des sanctions sévères, lesquelles sanctions exigent que, depuis la prise en charge des femmes violentées (pompiers, hôpitaux, lieux d’écoute et d’accueil, gendarmerie, etc.) jusqu’aux décisions de justice, tous les services concernés soient en mesure de faire correctement leur travail. Chacun voit bien qu’on n’en est pas là et que des moyens pécuniaires et humains considérables doivent être déployés pour ce faire (et la commission Femmes soutient tous les travailleurs impliqués dans ces situations de détresse des femmes, lorsqu’ils se battent, par des grèves ou des manifestations, pour que cessent les diverses pénuries dont ils souffrent).

Mais, cela dit et quelque nécessaire qu’elle soit, la répression ne résout rien du tout – sans compter que le type de violences faites aux femmes ci-dessus énoncées ne sont pas les seules qu’elles subissent.

Le nombre de personnes harcelées à leur travail, et parmi elles, majoritairement des femmes salariées, est insupportable : comme l’avait vu Georges Hage – auteur de la première proposition de loi contre le harcèlement au travail – , ces pratiques cyniques, avec ou sans dimension sexuelle avouée, font désormais partie d’un « management » patronal de plus en plus odieux qu’a récemment dénoncé une émission de Lise Lucet. Cela ne saurait laisser insensibles des communistes et des progressistes qui n’oublient pas la manière dont Clara Zetkin a uni le combat social au combat féministe, et qui se souviennent du mot de Marx : « le degré d’émancipation des femmes est le plus sûr gradient du développement historique d’une société ».

Le PRCF et sa commission « Femmes ”

  • soutiendront toute mesure réfléchie, débattue, pesée, visant à enseigner à l’école l’égale dignité des personnes des deux sexes, leur droit à dire « NON » à toute attitude attentant à leur dignité (pas seulement au niveau des relations entre sexes, mais dans le cadre du travail !), sans pour autant cultiver une forme de méfiance généralisée et obsédante des filles à l’égard des garçons… et vice-versa. L’éducation à une égale dignité doit se faire en dehors de tout sensationnalisme médiatique, de toute forme de remise en cause de la présomption d’innocence et sans cautionner la volonté politicienne du gouvernement Macron de « gauchir » son image ultra-patronale en adoptant des mesures dictées par la seule émotion, si justifiée soit-elle. Pour avancer vers l’égalité hommes-femmes, il faut moins des réformes cosmétiques, quand elles ne sont pas ridiculement attentatoires à la syntaxe française, que des crédits d’Etat massifs permettant la création partout de crèches publiques, rétablissant le droit à la scolarisation dès deux ans en maternelle, etc. – on ne va pas ici énumérer toutes les mesures sociales qui sont nécessaires mais simplement rappeler à ceux qui gouvernent le pays qu’ils ont la responsabilité de tout faire pour que le mot “égalité” ne soit pas un vain mot inutilement gravé, après celui de “liberté”, sur les frontons de nos Mairies!
  • Dénoncent les ordonnances Macron qui “réforment”, c’est-à-dire liquident, le Code du travail: hommes et femmes n’ont pas fini d’être violentés en toute légalité!

Et dénoncent aussi  l’attitude des médias dominants qui ont banalisé (et par conséquent accepté d’accompagner) les deux lois Travail successivement adoptées en France sous la dictée du MEDEF et de l’UE. Pourtant, ces lois détruisent le Code du travail national, banalisent le licenciement abusif (tout patron peut  désormais « se payer » tout salarié(e) mal vu(e) ou récalcitrant(e) puisque la punition du licenciement abusif étant désormais « plafonnée », chaque patron n’a qu’à mettre en place une caisse particulière pour licencier qui bon lui plaira !). Et détruire le Code du Travail c’est aussi menacer gravement les CHSCT, les droits des femmes enceintes (déjà très malmenées par certains employeurs dont les comportements sont d’une indignité absolue). Dans ces conditions, malgré le tapage hypocrite des médias et du gouvernement, les femmes (et les hommes) harcelés au travail hésiteront encore plus qu’aujourd’hui à dénoncer leur « porc » car le haut encadrement pourra encore plus facilement user du chantage au licenciement pour imposer ce qu’il faut bien appeler un retour larvé à l’esclavage (il est désolant à ce propos que la CGT ait cru bon de signer un texte commun avec la CFDT, laquelle a plus que facilité l’adoption du honteux projet antisocial et objectivement antiféminin porté par Mme Murielle Pénicaud) – et les femmes sont les premières victimes de la précarité (qui explose dans le domaine du travail et retentit très vite dans les conditions de vie quand ce n’est pas de survie: voir le nombre croissant de femmes et d’enfants qui vivent dehors);

 

  • Et tiennent à dire que le fond du problème reste dépendant de choix éminemment politiques, car il s’agit:

–  de liquider le chômage, la précarité, l’échec scolaire massif, la relégation sociale et urbaine, la ghettoïsation sous toutes ses formes, le mal-logement, l’inégalité salariale entre les sexes (hommes et femmes doivent avoir le même salaire dès qu’ils ont le même emploi c’est-à-dire qu’il faut diminuer les profits capitalistes jusqu’à les supprimer complètement),

– de remettre en place une grande Education nationale démocratique et de qualité pour tous,

– de liquider la marchandisation de toutes les activités humaines qui pousse à réifier le corps des femmes, à associer la virilité à l’agressivité et la féminité à la frivolité,

– d’en finir avec le déluge de pornographie et avec l’abrutissement permanent de l’enfance que portent les chaînes audiovisuelles mercantiles, etc.

Et tout cela suppose, non seulement d’extraire au plus vite la France de cette UE du capital qui démolit tous les acquis du peuple français (on pense au travail nocturne des ouvrières, qu’a rétabli l’UE et qu’a avalisé Mme Aubry alors ministre !), mais de sortir notre pays du capitalisme qui, sous son vernis pseudo-féministe  ( “vernis”, car rien n’est dit sur le fond de cette “grande cause nationale”, on n’entend parler que de mesures de répression – dont on ne nie pas, quelque superficielles qu’elles soient, la nécessité – mais jamais des moyens appropriés et indispensables pour seulement les mettre effectivement et dignement en oeuvre!), ne fait que renforcer toutes les violences, toutes les divisions, toutes les régressions et toutes les oppressions.