Intervention du camarade Dimitri, secrétaire des JRCF, au rassemblement de Stalingrad à Paris

Chers Camarades, Chers Amis,

Je suis conscient de l’honneur qui m’est fait de parler ici, aujourd’hui, après les voix que nous avons entendu, après les voix des héros de chair et de sang qui ont combattu la bête immonde et l’ont vaincue. Leurs voix c’est aussi celles de ceux qui ne sont plus là, qui sont  tombés pour que nous les jeunes puissions vivre libres. Et je repense bien sûr au camarade Guy Moquet, fusillé à 17 ans et symbole pour l’éternité de la jeunesse debout, de la jeunesse combattante, de la jeunesse vivante.

Petit-fils de Résistants,

l’un combattant de l’EAM-ELAS en Grèce, l’autre combattante des FFI à Grenoble, j’ai toujours entendu parler de . Bien sûr comme de la bataille tournant de la deuxième guerre mondiale, bien sûr comme victoire de la glorieuse Armée Rouge des ouvriers et des paysans, bien sûr comme le début de la fin du fascisme hitlérien.

Mais aussi pour mes grands-parents cette bataille titanesque fut une victoire grecque ou française: les Résistants des pays occupés ont tous vécu cette victoire à Stalingrad comme leur victoire et les peuples occupés aussi,  et c’est cela qui explique le prestige immense qui fut celui de l’URSS à la Libération. Cela explique qu’en 1953 la France “officielle”, comme la plupart des pays du monde, ordonna un deuil national à l’annonce de la mort de Staline. Stupéfiante inversion de la situation aujourd’hui où, sous couvert d’antitotalitarisme, l’Union soviétique est ravalée, par les manuels d’histoire en vigueur dans les lycées, au même niveau que le Troisième Reich !

Mais qui ne voit qu’un tel amalgame, outre son caractère odieux et méprisant pour l’héroïsme de l’Armée rouge, tend à banaliser l’extrême droite tout en criminalisant les défenseurs de la classe ouvrière et de la souveraineté des peuples ?

Le patriotisme et l’internationalisme ont véritablement et concrètement fusionné face à cet événement historique: Stalingrad a fait comprendre que le nazisme pouvait être vaincu, que la puissance de la Wehrmacht pouvait plier le genoux devant une autre puissance, celle de l’Armée Rouge. Oui cela a été dit et répété, l’espoir changeait de camp et l’espoir permet de se mobiliser, de se renforcer, de combattre plus déterminés et plus nombreux. La dynamique de Stalingrad est une leçon car la victoire n’est pas un fait statique, la victoire porte une dynamique : militaire, bien sûr, mais aussi politique, mais aussi idéologique mais aussi morale.

C’est Stalingrad qui par sa signification et sa dynamique permet à des millions d’attentistes de devenir des combattants, c’est Stalingrad qui permet aux composantes les plus déterminées des Résistances nationales de se renforcer, c’est Stalingrad qui, joint au combat héroïque du PCF clandestin et des FTP, permet la signature du programme du CNR. C’est Stalingrad qui permet aux peuples occupés de forger de vastes Fronts patriotiques, antifascistes et progressistes, porteurs des revendications sociales des masses populaires. Que nul ne voit du sectarisme dans mes propos mais le “chant des Partisans” en appelle “aux ouvriers et aux paysans” pas aux actionnaires du comité des Forges ou aux galonnés de la guerre du Rif !…..

Quel lumineux exemple pour aujourd’hui! Parce que notre célébration n’a rien de nostalgique, elle n’est pas une cérémonie du souvenir, elle est un moment du combat que nous menons, ici et maintenant, pour une France souveraine, libre, prospère et démocratique c’est à dire du combat pour le socialisme, car pour nous c’est bien le même processus qui est à l’œuvre dans ces combats, non pas sous formes d’étapes figées et mécaniques mais sous la forme d’une dynamique, d’un processus politique où il s’agit, comme sous l’occupation hitlérienne, d’unir, d’unir largement les patriotes, les révolutionnaires, la classe ouvrière et ses alliés.

Stalingrad est un symbole vivant, malgré la désinformation médiatique et des manuels scolaires. N’oublions pas un chiffre qui devrait faire froid dans le dos : 82% des livres scolaires sont contrôlés par Lagardère, le marchand de canons, un des plus grands capitalistes de notre pays, fortune évaluée à 205 M d’Euros, salaire 1,6 M d’euros, considéré comme un “frère” par Nicolas Sarkozy…..bref pour connaître l’histoire en général et celle de Stalingrad en particulier, ne comptez pas trop sur les manuels scolaires.

Stalingrad restera vivant si nous le voulons, si contre des forces gigantesques nous organisons la résistance et déployons à notre tour les forces invincibles que sont celles d’un peuple galvanisé par son patriotisme et la défense de sa révolution, un peuple opposant son organisation et sa force contre l’ennemi. Comme l’URSS opposa ses canons et ses chars à ceux de l’ennemi car elle a su forger des années durant les armes de la victoire, les conditions de la victoire, là encore au prix de lourds sacrifices et d’immenses efforts.

Voilà pourquoi ma génération, les Jeunes pour la renaissance communiste, étroitement unis au PRCF, à leur tour, se tournent vers Stalingrad en cette journée d’hiver du 2 février 2013, car ce nom représente pour nous, non seulement le combat héroïque du peuple soviétique mais aussi la lueur d’une espérance et d’une conviction : armés par une vision créatrice de nos principes et d’une volonté d’acier, nous vaincrons !

VIVE STALINGRAD !