Démissions en cascade de N. Hulot et de Laura Flessel : De l’obsolescence programmée du pouvoir macroniste.

4 sept. 2018 par GG et JBC pour www.initiative-communiste.fr

Le départ brutal de Hulot, presque aussitôt suivi par , l’ex-ministre de la Jeunesse et des , puis par leur remplacement difficultueux par François de Rugy, célèbre pour son carriérisme et son goût de la trahison, et par une championne quelque peu oubliée et sans la moindre épaisseur politique, montre l’usure accélérée du pouvoir macronien, qui continue de plonger dans les sondages quinze mois après l’élection « triomphale » de Macron. Dans la réalité, les coups portés à Macron et au camp maastrichtien par le départ tonitruant d’Hulot, puis par la -surprise de Flessel, prouvent avec éclat que…

  1. Le néolibéralisme exacerbé de Macron et de tous ceux qui soutiennent la « construction » euro-atlantique bien au-delà des « LREM » (PS, LR, EELV, mais aussi, de plus en plus ouvertement, RN lepéniste) est totalement éco-incompatible. Le capitalisme vert est une illusion mortelle et c’est encore plus vrai dans un contexte européen où même l’investissement indispensable pour favoriser la transition écologique est décompté comme dépense publique à raboter par Bruxelles et ses chiens de garde hexagonaux de Bercy. Le bilan de Hulot au ministère de la Transition écologique, c’est celui d’un plan social qui ne dit pas son nom, marqué par l’accélération de la suppression des postes et par un service public de l’Environnement et de l’Équipement exsangue.
  2. De par sa servilité envers Bruxelles et Berlin, le gouvernement est pris dans d’insolubles contradictions budgétaires. D’une part, avec l’aide de Pécresse (LR), du premier ministre  Cazenave et d’Anne Hidalgo (PS), Macron (ainsi que Flessel et sa successeuse) promeu(ven)t à son de trompe l’objectif hautement contestable des J.O. à Paris, un événement qui va rapporter des milliards à la classe capitaliste, mais qui va plomber les finances publiques, précipiter l’absorption antidémocratique des départements franciliens populaires par le « Grand Paris », aggraver la colonisation linguistique de la France (on l’a vu avec les slogans putassiers en anglais qui ont accompagné la campagne de la municipalité parisienne pour Paris-2024…), sans aucun profit pour le sport amateur et pour l’éducation physique et sportive de la jeunesse. En réalité, dans le contexte de l’austérité européenne relayée servilement par Macron, non seulement les subventions d’État destinées à la pratique sportive de masse diminueront, mais l’essentiel des financements d’État sera sûrement dévoyé vers le gouffre sans fond des J.O. – En réalité, si le gouvernement et sa nouvelle ministre, qui se trouve être une nageuse, veulent favoriser la pratique sportive du peuple français, qu’ils investissent l’argent public sur la construction des 1000 piscines indispensables (selon le chiffrage du SNEP-FSU, le Syndicat national de l’Éducation physique et sportive) pour satisfaire les besoins, apprendre à tous la natation (et pas seulement mettre en place des « partenariats-publics-privés » avec des piscines-aqualuds ouvertes à des fins purement commerciales !) : il est plus que temps de mettre fin au scandale des 1100 noyades recensées cet été en France, dont de nombreux enfants, dans la parfaite indifférence d’Édouard Philippe et Cie.

S’agissant de De Rugy, il apparaît que son engagement écolo est mieux symbolisé par la girouette que par l’éolienne. Il s’est surtout fait connaître, quand il était membre des Verts (avant de rallier le PS, puis Macron dans sa quête éperdue d’un portefeuille ministériel…), par son discours virulent contre le nucléaire civil, la course aux armements nucléaires et non nucléaire de l’OTAN le laissant de marbre. Un discours écolo d’ailleurs vite enterré pour se faire nommer au perchoir de l’Assemblée. Quoi qu’on pense du nucléaire civil, il faut rappeler qu’il n’est pas responsable du réchauffement d’origine anthropique, lequel procède d’abord de la production massive de gaz à effets de serre dont la première cause en France est le transport routier.

Concernant la sécurisation du nucléaire, outre la recherche fondamentale en physique des particules, qu’il faut résolument promouvoir pour mettre à jour des sources d’énergie nucléaire non polluante (fusion) et faire progresser le recyclage des déchets nucléaires, et étant entendu que l’élargissement du mixte énergétique français à des sources non nucléaires est indispensable, il faut en urgence absolue

  • reconstituer le monopole public, interdit par Maastricht, d’Électricité de France, désossée par Sarkozy, Hollande et Macron.
  • interdire la sous-traitance dans l’entretien des centrales nucléaires (vive le statut des agents publics, cette garantie de qualité et de sécurité pour toute la nation !), et recouvrer la maîtrise industrielle indispensable pour assurer la sécurité des centrales existantes. N’est-ce pas Macron qui a bradé et démantelé Alstom au profit des multinationales General Electric et Siemens ?
  • nationaliser et planifier démocratiquement tout ce qui est nécessaire pour équiper la France en matière d’énergies alternatives : photovoltaïques, éoliens, au lieu d’engraisser le privé sur le dos d’EDF (et de nos factures d’électricité !).
  • stopper la privatisation des barrages hydroélectriques – garantissant l’équilibre du réseau et le refroidissement des centrales nucléaires – engagée par le régime Macron avec son ministre Hulot sur ordre de l’Union Européenne
  • massivement réduire la pollution de l’air que provoque le transit par la France du fret routier international et européen, qu’aggrave le transport à longue distance de voyageurs par autocar qui se développe, avec l’appui scandaleux de Macron, au détriment de la SNCF en voie d’euro-privatisation. Le fret routier et maritime international doit être fortement taxé aux frontières pour alimenter la reconstruction du service public du ferroviaire et alimenter la reconstitution du produire en France sous pilotage du secteur public.
  • Et bien entendu, combattre avec acharnement la course aux armements de l’OTAN et la mise en place d’une « défense européenne » tournée vers la guerre contre la Russie. Car une telle guerre déraperait inévitablement vers un affrontement nucléaire continental et mondial susceptible de rayer de la carte la France et l’humanité, tout en provoquant un « hiver nucléaire » décuplant à terme l’effet de serre et pouvant signer la fin même du vivant sur notre planète.

 Sur tous ces sujets, la politique de Macron heurte de front les exigences de la transition écologique. Il s’agit plutôt pour lui de badigeonner de vert la désindustrialisation du pays, la privatisation d’EDF et la casse du service public unifié de l’Énergie, la soumission au tout-profit et l’ « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » (Traité de Maastricht) qui est le seul credo véritable du gouvernement LREM, « la Loi des Riches Et de Maastricht »…

C’est donc aussi pour des raisons écologiques qu’il convient de préparer une grande rentrée de luttes sociales, tant il est vrai que le capitalisme, ce système obsolète et mortifère, servi par le gouvernement euro-patronal de Macron, « ne crée la richesse qu’en épuisant ses deux sources, la Terre et le travailleur » (Marx).