Décomposition française et forces de résistance !

Alors que la rentrée sociale et politique est lancée, le PRCF et ses militants se proposent, avec des analyses et propositions franchement communistes, de contribuer à une dynamique consciente et gagnante pour les travailleurs.
Extrait du rapport politique adopté par le comité central du PRCF en juin 2020.


Décomposition généralisée.

Accentuée par la crise sanitaire, la décomposition sociale que provoque l’euro-dissolution de notre pays (désormais ouvertement appelée “plan d’ajustement structurel”) est économique, sociale, institutionnelle, culturelle, territoriale et morale.

Décomposition sociale,

Quand tous les acquis, non seulement du CNR et du Front populaire, mais de 1905 (interdiction du travail dominical) sont méthodiquement démontés ; quand, même pendant la crise sanitaire, les projets de suppression de lits d’hôpital et d’hôpitaux tout court ne sont même pas suspendus, quand les salariés paient trois fois la crise sanitaire, par les subventions d’État issues des impôts distribués sans contrepartie au patronat, par les licenciements et/ou les baisses de salaires, par les atteintes portées à la législation sur les congés payés et sur la durée hebdomadaire du travail. Sans parler de Renault, qui fusionne avec Nissan et délocalise (décisions antérieures au coronavirus), qui licencie ses intérimaires français, qui touche 5 milliards de subventions d’État, et qui fait tourner l’une de ces usines délocalisables en engageant des Polonais sous contrat de détachement !

Décomposition économique

Puisque la crise sanitaire accélère, et non pas ralentit, la désindustrialisation consécutive aux fusions industrielles transnationales avec le départ progressif programmé de PSA (qui  va  changer  de  nom,  sûrement  pas  pour  une  appellation francophone !) et de Renault, la fin programmée d’Alsthom-Belfort, c’est-à-dire la maîtrise par la France du ferroviaire et du secteur des turbines, sans oublier la mise en faillite délibérée d’EDF et de la SNCF ou la liquidation en vue d’Alcatel par Nokia: ce qui reste du produire en France et des savoir-faire ouvriers, techniciens et ingéniériaux associés, fond comme beurre en broche. Et pendant que tout un discours bobo sur France-Inter, Libé ou Télérama vante le retour à la terre de certains citadins friqués en mal d’oxygène, on assiste, dans la réalité, à l’exécution pure et simple du monde paysan (combien de suicides à la ferme chaque année?) et de la pêche artisanale côtière. Or la richesse d’un pays vient en dernière analyse de sa production. Un pays qui ne produit plus doit importer, donc s’endetter sans fin, et pour finir, si la production ne renaît pas sous l’égide d’un grand secteur industriel public menant le train de la reconstruction, la « solution »-miracle des altermondialistes (ne plus rembourser la dette) est intenable à long terme. Qui refuse de rembourser ne peut plus emprunter et qui ne peut plus emprunter mais ne sait plus rien produire, meurt de faim ou se tiers-mondise !

Il est donc essentiel que nous, militants marxistes, menions campagne pour les nationalisations industrielles et bancaires, pour la relance soutenue par l’État de l’agriculture paysanne, que nous fassions davantage le lien entre défense des services publics, sauvegarde des conquis sociaux et reconstitution du secteur public industriel : re-nationalisation à 100% de Renault, transformation des subventions accordées à PSA en actions, renationalisation de toute la filière ferroviaire d’Alstom, la SNCF réunifiée, reconstitution d’EDF/GDF (et non pas d’un vague et utopique “pôle public européen de l’énergie”), etc. Les services publics et les acquis sociaux ne peuvent pas marcher tout seuls; pour les alimenter en permanence, il faut produire en France et réindustrialiser notre pays en sortant du carcan européen. Et naturellement il faut le faire avec le souci de l’avenir, des technologies permettant de réduire les pollution, de la transition écologique et de la réduction du temps de travail qu’elles permettent sans diminution des salaires et des effectifs salariés.

Décomposition culturelle.

Le linguicide du français continue de manière honteusement antidémocratique puisqu’il est impossible d’en débattre sur quelque antenne publique ou privée que ce soit, sans parler du Parlement, totalement indifférent à la question tous groupes politiques confondus. Dernière mesure linguistique gravissime, sans le moindre débat parlementaire, par un simple arrêté, la secrétaire d’État aux universités Vidal vient d’imposer la détention d’un diplôme d’anglais, délivrable par le privé, pour s’inscrire en licence : ce qui, de manière inconstitutionnelle et dans l’indifférence absolue du PCF et de LFI, tire un trait sur l’Article II-a de la Constitution : « La langue de la République est le français » et discrimine les étudiants parlant d’autres langues étrangères que l’anglais. Cette disposition accroîtra considérablement la sélection sociale, voire “ethnique” à l’Université en privilégiant les anglophones de naissance, les milieux français favorisés et déjà anglicisants ; elle défavorisera les étudiants d’origine modeste et plus encore ceux qui viennent de l’Afrique francophone et dont souvent le français n’était pas la langue maternelle; ces derniers sont souvent sidérés de la manière dont la France officielle traite ce bien commun à toute la Francophonie mondiale, la langue française, dont l’Afrique francophone est désormais le principal dépositaire. Nous avons sonné l’alarme par l’intermédiaire de l’association CO.U.R.R.I.E.L., dont le site informatique redémarre, en grande partie grâce à Damien et à Stéphane, et que je vous demande de renforcer car cette association linguistique de gauche n’a aucun équivalent en France et en Europe. D’autant que, si nous, internationalistes, ne prenons pas la tête d’un Conseil National de la Résistance Francophone, la droite nationaliste, voire monarchiste, le fera tôt ou tard en dévoyant ce combat existentiel pour l’avenir de la nation et pour la diversité culturelle gravement menacée de l’humanité future.

Il faudrait aussi évoquer la décomposition scandaleuse que subissent l’Éducation nationale, le CNRS et l’Université, sans parler d’autres institutions emblématiques de notre pays comme l’Opéra, le Palais de la Découverte, ainsi que de l’audiovisuel public où les militants CGT ont mené des luttes dures et répétées…

Dans l’Éducation nationale où les professeurs ont dû se démener pour affronter les injonctions contradictoires et dangereuses du ministre Blanquer aux abois, sans cesse désavoué par les déclarations surréalistes de Macron appelant à la reprise des cours le plus tôt possible pour renvoyer tout le monde au travail. Les professeurs ont assuré un travail hors du commun à distance… et ils ont reçu en retour le feu nourri du haineux Blanquer, des LR et de la Macronie dénonçant les profs « décrocheurs » et remettant, puis supprimant le protocole sanitaire. Ainsi les collégiens et les écoliers ont-ils été exposés à une nouvelle vague de l’épidémie. Parallèlement, la destruction de l’Éducation de moins en moins « nationale » se poursuit avec le projet de loi visant à faire de l’enseignement distanciel une « alternative » au présentiel, renforçant ainsi les inégalités – accrues par la crise du coronavirus qui a révélé l’ampleur de la fracture numérique et des fortes inégalités sociales et territoriales – et le démantèlement de l’Éducation nationale du fait de l’autonomie croissante accordée aux proviseurs quasiment érigés en “patrons” de leur établissement. Il en va de même de la mise à mort du bac et du brevet, autrement dit des diplômes nationaux assurant la même qualification pour tous les collégiens et lycéens en France : nul doute que le ministère prendra prétexte du précédent de 2020 pour promouvoir le contrôle continu et ainsi détruire le service public de l’Éducation nationale – tendance qui concerne également les concours de l’Éducation nationale avec la contractualisation croissante et la disparition programmée du CAPES et de l’agrégation. Face à cela, les syndicats, SNES-FSU (en particulier la FSU du Tarn dirigée par notre camarade Benoît) et CGT en tête, n’ont cessé de dénoncer et combattre le projet réactionnaire et mortifère de Blanquer qui profite de l’épidémie pour poursuivre son « œuvre de destruction », tandis qu’un Conseil de classe a été publié au printemps pour mener la contre-offensive qui s’impose.

À l’Université et dans la Recherche, avec le projet de « Loi de Programmation pluriannuelle de la recherche » (LPPR) qui généralise davantage le financement sur projets, détruit la liberté de recherche, impose le diktat du court terme et constitue souvent une privatisation (lorsque les fonds viennent d’entreprises privées) ou une régionalisation (de nombreux fonds viennent des régions) de fait ; qui généralise la précarité et l’inégalité dans les rémunérations (à travers la systématisation des primes) et des carrières ; qui met de fait en extinction le statut de la fonction publique et réduit encore plus le rôle structurant des grands organismes publics de recherche (CNRS, INSERM…) ; qui renforce le Crédit Impôt Recherche (CIR) et la subordination des projets de recherche fondamentale à la recherche industrielle, dont la faiblesse n’est pas attribuée à la désindustrialisation du pays, ni aux stratégies parasitaires du patronat français, mais bien sûr aux coopérations insuffisantes des chercheurs du public avec le privé !

Casse organisée d’institutions emblématiques.C’est le cas de l’Opéra National de Paris, 350 ans en 2019 et « à genoux » selon Stéphane Lissner (directeur de l’ONP jusqu’à la fin de 2020), un établissement public qui, à ce titre, devrait être financé au moins majoritairement par l’État. Or celui-ci ne participe à son budget qu’à hauteur de 40% (contre 59% en 2005 et 48% en 2015), les 60% restants étant couverts par les recettes propres de l’Opéra dont le mécénat qui occupe une part croissante. Et Georges-François Hirsch, ancien co-directeur de l’Opéra et administrateur lors de l’ouverture de Bastille, redoute que Monsieur Neef, qui succèdera à Monsieur Lissner à la fin de l’année 2020, se trouve contraint de financer l’ONP jusqu’à 95% sur ses recettes propres, au regard des injonctions du Ministère de la Culture lui demandant de proposer, dès l’automne 2020, des orientations pour « maintenir l’excellence et le rayonnement de l’Opéra », tout en revisitant son modèle économique, social et organisationnel…

Le service public de la presse se trouve dans un état financier très inquiétant –malgré les subventions de l’État pour des quotidiens et hebdomadaires nationaux passant leur temps à cracher sur… l’intervention de l’État et l’aide aux « assistés »; ce secteur voit se multiplier les suppressions d’emplois, à l’instar de BFM où un salarié sur trois va être licencié ; parallèlement, la société Presstalis, chargée d’assurer la distribution de la presse en province, est en cessation de paiement, ce qui débouche sur des centaines de licenciements. La menace s’accroît sur une prétendue « liberté de la presse » confisquée par les puissances d’argent et une macronie qui, sous couvert de lutte contre les « fake news » (désinformation), mettent plus que jamais au pas une presse promouvant l’européisme, l’anticommunisme et piétinant même son outil de travail principal: la langue française sacrifiée au franglish.

Décomposition institutionnelle et territoriale.

Nous avons déjà évoqué l’ensemble cohérent que constituent le Traité franco-allemand d’Aix-la-Chapelle (la « capitale » de Charlemagne, alias Karl der Grosse), la sécession à bas bruit de l’Alsace-Moselle (devenue “collectivité européenne” par la suppression des départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin et par la création de l’euro-département de Moselle) et le séparatisme flamboyant (et largement mafieux) de la Région corse, les tentations euro-régionalistes de Bretagne, de la « Catalogne-Nord » (Perpignan et région), du « pays basque nord », d’une fraction de la Savoie ( le groupe de localités auto-baptisé In Annecy Mountains se rattachant au Grand Genève où le français recule devant l’anglais); tout cela s’opère sur fond de « Pacte girondin », de concurrence entre euro-régions, d’engloutissement des communes ouvrières et rurales par les euro-métropoles, de liquidation des départements malgré la volonté des populations (Collectivité unique de Corse, Collectivité unique ’Alsaced …) attachées au triptyque républicain “communes/départements/État-nation).

Il faut aussi parler du travail de sape mené par Macron, principalement à l’appui de l’épiscopat, contre la loi laïque de 1905 pour la défense de laquelle la Fédération Nationale de la Libre Pensée appellera à manifester le 9 décembre 2020. Bien entendu, nous devons éviter, en défendant cette loi de liberté, qu’elle ne soit récupérée par de pseudo-laïques de droite et de la « gauche » de tendance vallsiste comme le soi-disant « Printemps républicain » pour attaquer et stigmatiser une fois de plus les compatriotes musulmans. Rappelons que légalement, l’obligation de laïcité s’impose à l’État, aux fonctionnaires en service et aux services publics, pas à l’habillement des citoyens et des citoyennes se déplaçant dans l’espace public. De même, l’État n’a pas à « organiser le culte musulman » ni à financer indirectement le culte catholique, le culte protestant ou le culte juif par différents canaux directs (Alsace-Moselle) ou indirects (impôts). C’est en finançant correctement l’Éducation nationale qu’il faut mettre fin au “séparatisme” des couches sociales supérieures qui mettent leurs enfants dans le confessionnel privé ; de même que l’on combattrait mieux les communautarismes religieux et les intégrismes si l’État combattait vraiment le séparatisme le plus dangereux pour le lien social : celui des super-riches. Car si l’État confisquait systématiquement l’argent de l’expatriation fiscale des super-riches, s’il interdisait enfin les contrebandiers légaux que sont les cabinets d’ « optimisation fiscale », ce sont entre 80 et 100 milliards d’euros par an volés au peuple français qui retourneraient vers les quartiers populaires, les communes rurales et l’emploi public ; et cela changerait du tout au tout le cadre de vie dégradé de nos cités, de nos villages-dortoirs et de nos « périphéries» en coupant l’herbe sous les pieds à la fois des mafias de la drogue, des démagogues du RN et du terrorisme pseudo-religieux.

Fascisation galopante.

L’énorme colère sociale révélée par les Gilets jaunes et par les luttes inachevées pour les retraites n’est pas retombée et le discrédit de Macron est à son comble : depuis Chirac, les présidents maastrichtiens successifs s’usent de plus en plus vite puisque chacun constate qu’ils appliquent tous la politique unique des milieux financiers, que la France se liquéfie, que la perspective historique offerte est de vivre moins bien que les générations antérieures, etc. Mais comme le faux parti communiste, désormais inféodé au PGE, au PS et à l’UE, comme le PS arrimé à Bruxelles, comme la direction confédérale de la CGT inséparable de Berger et comme, hélas, certains milieux bobos dominants de LFI (de Autain à Ruffin) n’offrent aucun débouché révolutionnaire associant république sociale, solidarité internationale et indépendance nationale, comme en outre l’ « extrême gauche » trotskiste ou anarchiste est perçue, non sans raison, par le peuple comme irresponsable et antinationale, les deux sources de la fascisation, l’extrême droite classique – qu’il ne faut jamais banaliser – et le pouvoir maastrichtien faisant passer en force ses orientations impopulaires, continuent de déverser leur venin. Avec, de plus en plus, une pénétration inquiétante des idées fascistes

  • dans l’appareil répressif d’État, police, armée et justice, où des comportements cyniquement violents voire assassins, des propos clairement racistes, des déclarations grossièrement antirépublicaines voire séditieuses (« nous ne sommes pas dans le même camp », dixit le préfet Lallement à une manifestante), des brutalités systématiques contre les syndicalistes et contre tout manifestant progressiste, voire des comportements pré-putschistes s’étalent de plus en plus ouvertement (par exemple quand les BAC manifestent illégalement en armes et toutes sirènes hurlantes devant l’Arc de Triomphe).
  • Dans la tête de nombre de citoyens de base dont un nombre grandissant déclare « ne plus croire en la démocratie » ou à « la République», confondues avec leurs caricatures actuelles, et réclament un « homme fort» ou « une femme forte », voire la direction du pays par l’armée…

Attention, prévenait déjà Marx, « la France est le pays classique des luttes de classes menées jusqu’au bout »: soit jusqu’à la révolution bourgeoise démocratique, comme en 1793, voire jusqu’à la Commune prolétarienne de 1871, mais aussi, si ces tentatives révolutionnaires ne sont pas conduites à la victoire par une avant-garde déterminée et reconnue par le peuple, vers les coups d’État militaires (les deux coups d’État bonapartistes de 1799 et de 1851, la tentative d’insurrection boulangiste et l’agitation antidreyfusarde de la fin du XIXème siècle, le 13 mai 1958 qui donna naissance à la Vème République ») ou carrément fascistes (le coup du 6 juin 1934, l’avènement de Pétain en 1940, les tentatives putschistes de l’O.A.S…). Tout cela peut s’opérer le jour venu sous la direction de Le Pen ou même de Macron, voire contre lui s’il continue de décevoir ses mandataires du grand capital qui ne peuvent voir sans inquiétude se déliter l’autorité des élus, y compris désormais de la plupart des maires, sur les populations.

Face à cela, nous dénonçons les violences policières et le racisme structurel dans la police. Nous ne tombons pas pour autant dans l’outrance anarchiste ou « indigéniste » du genre « tout le monde déteste la police » ou « la France est structurellement raciste » : car tactiquement, ces postures aident les fascistes à progresser dans les milieux policiers et à accaparer le patriotisme populaire tout en le dévoyant. Sans nous illusionner sur leur poids réel, nous devons dialoguer avec les milieux démocratiques de la police et de la justice, fussent-ils aujourd’hui très minoritaires. Nous devons aussi cultiver les liens ténus et d’autant plus précieux avec les officiers gaullistes hostiles à l’UE et à l’OTAN, pourvu qu’ils ne flirtent pas avec l’extrême droite raciste.

Nous devons aussi, sur un autre plan, tendre la main à l’instar de Maurice Thorez aux travailleurs catholiques et aux autres travailleurs croyants, qu’il ne faut confondre ni avec la hiérarchie catholique réactionnaire, ni avec le CRIF, ni avec les islamistes fondamentalistes.

Surtout, souvenons-nous que pour le moment, dans une démocratie bourgeoise en voie de fascisation, les notions de “république” (ou, plus naïvement encore, de “notre république”), de police républicaine » et de « défense nationale » sont des références idéales et non des réalités vécues : ces principes ne pourront vivre pleinement qu’avec le socialisme, quand les appareils d’État démocratisés et contrôlés par le pouvoir populaire ne serviront plus qu’à défendre la sécurité publique, l’ordre socialiste et l’intégrité du territoire national.

Pour le moment, nous devons participer à toute action antiraciste et antifasciste revendiquant des avancées démocratiques précises et exigeant la punition exemplaire des exactions policières ; mais nous ne devons pas oublier pour autant que dans le cadre d’une révolution socialiste établissant le pouvoir majoritaire du peuple travailleur, les appareils d’État devront être purgés des éléments fascistes et reconstruits de fond en comble; il ne faut pas que le nouveau pouvoir cultive l’illusion suicidaire que, spontanément, la « police républicaine » et l’armée de métier accepteront bien gentiment de se mettre au service du nouveau régime. Il faudra pour cela des réformes structurelles prenant appui sur l’esprit républicain et sur les sentiments patriotiques des policiers et des soldats sincèrement républicains. Sans remonter à l’Espagne de Franco, à l’Indonésie de Soeharto ou au Chili de Pinochet, il n’est que de réfléchir à l’exemple récent du Venezuela bolivarien; celui-ci tient toujours parce que Chavez avait su armer le peuple et l’unir aux forces armées. Au contraire, la Bolivie de Morales est désormais par terre parce que l’armée fidèle à l’oligarchie a renversé le président élu. Toutes choses qui vérifient l’actualité de la conception marxiste de l’État qu’ont explicitée Marx dans La guerre civile en France, Engels dans L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat, et Lénine dans L’État et la révolution.

Nos résistances :

Question sociale et syndicale en France : où va la CGT ? Perspectives pour un syndicalisme rouge, de classe et de masse.

La crise sanitaire et le confinement ont comme suspendu la colère sociale, qu’avait encore accrue l’usage du 49/3 décidé par Macron à propos des retraites; mais cette suspension – qui a aussi forcé Macron à ajourner les contre-réformes pour tenter d’obtenir l’union sacrée… – n’a jamais signifié que l’affrontement de classes était terminé, ni même qu’il était sérieusement émoussé. La lutte des classes ne cesse jamais et en plein confinement, on a vu comment le patronat, aidé par la CFDT, servi par le gouvernement, de Pénicaud à Blanquer, et combattu « en bas » par de courageuses sections CGT, FSU, FO et Sud, a obtenu de nombreuses entorses au code du travail et à sa durée légale tout en forçant des ouvriers de chantiers ou d’usines à travailler sans protections sanitaires sérieuses à toutes sortes de chantiers non vitaux.

Où va la confédération CGT ?

On a vu aussi comment la direction confédérale de la CGT, avec en tête un P. Martinez qui a trahi la confiance qu’il avait suscitée en 2016 (quand il luttait contre la loi El Khomri), accompagnée par FO (Verrier) et par l’UNSA, a pu signer de honteux protocoles communs avec le MEDEF, puis avec la CFDT jaune, puis, battant tous les records de collaboration de classe, avec la Deutsche Gewerkschaftsbund (DGB), le tout sous la houlette d’un Berger qui venait juste de traîner dans la boue la CGT-Renault quand celle-ci a osé défendre en justice la santé menacée des ouvriers de Sandouville.

Dans le même temps, les bases combatives de la CGT n’attendaient pas la levée de l’interdiction de manifester (prononcée par le Conseil d’État le 13 juin) pour appeler à défendre l’hôpital le 16 juin. On a vu aussi des manifs syndicales –auxquelles a contribué le PRCF 13 par ex. – autour de la CGT provençale, laquelle a désavoué sa confédération, de même que de nombreuses autres structures de la CGT que la confédé a, à demi-mots, menacées d’exclusion ; cette même confédé euro-formatée, Berger-compatible et largement coupée des travailleurs avait déjà menacé d’expulser des cortèges syndicaux les partisans du Frexit progressiste, c’est-à-dire nous, en nous assimilant frauduleusement à l’extrême droite. Outre les justes prises de positions du Front syndical de classe sur ces sujets, on a vu dernièrement des camarades cégétistes, membres du PRCF, s’exprimer dans les colonnes d’I.C. pour appeler les secteurs rouges de la CGT visés par une euro-chasse aux sorcières se rencontrer, se coordonner à l’inter-pro, tendre la main au FSC et appeler ensemble à mener la lutte tous ensemble et en même temps sans se laisser isoler, sans ménager l’U.E. et la C.E.S., sans oublier de combattre les guerres impérialistes et l’OTAN et en se rapprochant de la FSM. Il est évident que pour liquider ce qui reste des conquis sociaux en France, pour en finir « en douce » avec la France indépendante, la grande bourgeoisie et les sociaux-libéraux du PS et d’En Marche ont besoin d’un « syndicalisme rassemblé » derrière Berger, désormais président à la fois de la CFDT et de la CES. Ils ont même besoin d’une union sacrée dans laquelle est déjà entré de fait Martinez puisque le communiqué commun CFDT-DGB (= syndicats réformistes allemands)-CGT applaudit à l’initiative Macron-Merkel appelant à un nouvel emprunt européen sur les marchés financiers; or cela revient à applaudir Macron quand il va à Berlin tout en feignant de le combattre quand il reste à Paris… et à fermer les yeux sur le fait que les régions françaises demanderesses ne recevront d’argent européen qu’en échange de « nouvelles réformes structurelles » à base de moins-disant social et de division accrue du territoire national en capilotade.

L’euro-syndicalisme « rassemblé » mène à la division de la CGT !

Il est non moins évident qu’une telle opération d’euro-consensus patronat /gouvernements /syndicats, de plus en plus cautionnée par la tête de la CGT confédérale (et insidieusement, par le PCF, qui ne cesse d’encenser la C.E.S. !), est de nature à diviser, voire à scissionner la CGT à l’initiative de ses forces euro-réformistes. Souvenons-nous que, historiquement, ce n’est pas la CGTU révolutionnaire qui avait quitté la CGT réformiste de Belin et Jouhaux dans les années vingt; ce furent ces derniers qui exclurent et persécutèrent nos camarades marxistes et anarcho-syndicalistes (le plus connu étant Gaston Monmousseau, que rencontrera Lénine et qui deviendra l’un des dirigeants du jeune PCF), en les forçant à créer la CGTU; laquelle, par la suite, à la faveur du climat éruptif du Front populaire, devint majoritaire dans la classe ouvrière et opéra la réunification de la CGT sur des bases rouges. Tant pour construire le tous ensemble des travailleurs que pour faire face à la répression qui frappe les syndicalistes combatifs (sans qu’ils soient soutenus par leur confédé…), il faut que se rassemblent les syndicalistes d’action et qu’ensemble, ils portent dans les A.G. de lutte un plan de mobilisation et une plate-forme revendicative susceptibles d’unir notre classe. Le PRCF ne s’est jamais ingéré dans les actions de quelque autre organisation que ce soit ; mais en l’occurrence, il y va de l’avenir de tout le monde du travail, dont les communistes (et notamment les militants du PRCF) font partie, il y va de la France, il y va du syndicalisme rouge international qui connaîtrait une défaite majeure si la CGT devenait l’appendice moribond de la CFDT, mais qui, à l’inverse, vivrait un rebond historique si le syndicalisme rouge de France repartait à l’offensive d’une seule voix. Le PRCF continuera comme il l’a toujours fait de publier les communiqués du FSC et d’encourager ses membres à y adhérer mais, comme le PCF d’avant la mutation, le Pôle n’aliènera jamais son droit imprescriptible d’avoir sa propre parole libre et franche sur la lutte de plus en plus ouverte et explosive qui se livre désormais à ciel ouvert entre l’euro-syndicalisme contre-réformiste d’accompagnement, qui peut même à l’avenir virer au corporatisme fascisant (souvenons-nous de l’évolution pétainiste de Belin, d’abord traître à sa classe, puis, logiquement, traître à son pays…), et le syndicalisme de classe et de masse. Il y va de l’alternative progressiste et de l’avenir du progrès social en France, en Europe et dans le monde.

 Le dispositif politique de l’ennemi de classe et notre riposte

La question communiste en France

On ne surestimera jamais assez la nocivité qu’ont eue les campagnes anti-soviétiques et anticommunistes des années 1970-1990 en France, ni la débandade idéologique honteuse qu’a constituée la « mutation » social-démocrate des années 1990 précédée par la dérive eurocommuniste et anti-léniniste des années 1970, pour ne pas remonter plus haut. Tant qu’il y avait en France un parti combatif, marxiste-léniniste, ancré dans la classe ouvrière et doté d’un grand prestige intellectuel et moral, un parti patriote et internationaliste, proche de la CGT et des tendances combatives du syndicalisme enseignant et étudiant, le grand patronat craignait pour son pouvoir de classe et il lui arrivait de devoir “lâcher de la pression” sous la forme de concessions sociales ; les dérives atlantiques étaient contenues, l’extrême droite était marginalisée, l’indépendance nationale était défendue, les travailleurs immigrés étaient intégrés politiquement, dans le respect de leur culture d’origine (voir le mélange extraordinaire de cultures, de musiques et de… cuisines qu’était jadis la fête de l’Huma), par le biais des luttes, du syndicalisme CGT et des municipalités communistes. Il y avait aussi d’énormes effets positifs dans le domaine culturel avec une philosophie, une science, une chanson, un cinéma et un théâtre francophones de renommée mondiale. Nous ne disons pas cela par nostalgie mais parce qu’il faut mesurer le bilan terriblement négatif de l’anticommunisme, y compris de l’anticommunisme « de gauche » cultivé par les Mitterrand, Cohn-Bendit, Guy Bedos et Consorts, et plus encore de la « mutazione genetica » qu’ont initiée Enrico Berlinguer (PC italien) et Santiago Carrillo (PC d’Espagne) dans les années 1960-1970; un eurocommunisme qu’aura, avec retard, rallié le PCF de G. Marchais, à la différence des PC grec et portugais qui ont maintenu la flamme du marxisme-léninisme en Europe occidentale. Nous continuons de vivre les effets à retardement de l’autodestruction sous influence d’un ex-parti communiste dont les conquêtes sont dynamitées jour après jour alors que l’organisation de combat qui les a produites, non seulement a perdu sa force et son prestige, mais a changé de cap et de camp idéologiquement et politiquement, sinon socialement. Car cette mutation n’est pas seulement une dérive idéologique » remédiable, comme le croient certains membres du PCF qui s’imaginent qu’il suffirait à F. Roussel d’épingler Mélenchon (et de faire alliance avec Hidalgo par l’entremise de Brossat !) pour redorer l’« identité communiste ». Comme son nom l’indique, une « mutation » est une rupture d’ADN, une brisure d’identité. Et en l’occurrence, le fait pour le PCF d’avoir répudié le léninisme, la dictature du prolétariat et le socialisme réel, de s’être enchaîné électoralement au PS (voir les dernières municipales où les soi-disant « communistes identitaires » du PCF-62 ont courtisé le PS local, pourtant particulièrement « gratiné »), puis de s’être arrimé au Parti de la Gauche Européenne (PGE), d’avoir distendu les liens fraternels avec la CGT, d’avoir accepté sur le principe, depuis 1992 (rapport renégat de Francis Wurtz sur l’euro-constructivisme en 1992), la « construction » européenne, tout cela équivaut à un changement de camp dans la lutte des classes, même si nombre de militants du PCF et des JC qui sont du bon côté dans les luttes partielles ne se rendent pas compte du rôle national et international que joue objectivement le PCF-PGE actuel : protéger le principe même de la « construction » européenne, bloquer l’anticapitalisme à un niveau « tribunicien » en empêchant que soient posées la question des nationalisations et du socialisme, ré-intégrer systématiquement le PS discrédité à la “gauche”, torpiller la renaissance léniniste du MC européen, faire chorus avec les campagnes antisoviétiques, abuser du drapeau rouge dépouillé des “outils” pour occuper et stériliser l’espace politique de la Renaissance communiste…

La Coordination communiste première manière (1991-1999) avait tenté de fédérer toute l’opposition de gauche au sein du PCF en vue de regrouper les léninistes, de les séparer des réformistes et, le moment venu, de reconstruire un PCF digne de son grand passé. Ce projet qui débouchait déjà sur l’idée d’un « nouveau congrès de Tours » a été fracturé, d’une part par un groupe sectaire qui n’a rien construit de sérieux depuis, d’autre part par de multiples forces centrifuges qui, pour certaines, flirtaient avec le trotskisme et un “luxemburgisme” de parade (Gauche communiste), pour d’autres refusaient le centralisme démocratique et l’idée d’un parti d’avant-garde (se contentant d’un “point de vue communiste” peu compromettant), pour d’autres encore se contentaient de vivre en tendance officielle du PCF muté ; d’autres encore contournaient la lutte patriotique et, tout en cultivant un stalinisme ostentatoire, pratiquaient le suivisme tantôt envers le PCF, tantôt avec les prétendus « comités antilibéraux » dominés par le NPA, quand ils ne s’inscrivaient pas institutionnellement, en tant que groupe communiste constitué, dans le Front de gauche ou dans les structures politiques officielles de la France insoumise. Nous avons néanmoins fait notre possible pour travailler avec ces groupes et nous avons bien fait, car nous ne cultivons pas l’esprit de boutique et l’isolationnisme politique à la manière de ceux qui, méprisant souverainement les réalités, se sont auto-proclamés « le parti » en obtenant régulièrement moins de 0,1% aux européennes… ; mais force est de constater la stérilité persistante de ces prétendus espaces unitaires, le principal obstacle stratégique étant actuellement,

  • du côté des camarades du réseau Faire vivre et développer le PCF qui, malgré leur attachement formel au marxisme ou à la Chine populaire, privilégient désormais leurs relations avec la “nouvelle” direction du PCF (pourtant tout aussi euro-formatée et socialo-vassalisée que la précédente, dirigée par Laurent)
  • du côté d’un groupe dogmatique qui, d’une part, refuse tout texte comportant les mots « fascisation » ou « indépendance nationale », à la manière des trotskistes, et qui, d’autre part, refuse tout engagement concret pour le Frexit progressiste puisque pour eux, la sortie de l’UE sera une retombée automatique de la révolution socialiste : ce qui revient à subordonner le Frexit à la révolution socialiste, à accepter de fait, en attendant, le démantèlement de la France et du produire en France (donc de la classe ouvrière), à minimiser les luttes patriotiques, par ex. sur la langue française, à flirter avec l’utopie d’une insurrection pan-européenne (avec 26 gouvernements plus thatchériens, anticommunistes et/ou proto-fascistes les uns que les autres !), à refuser de créer autrement qu’en paroles un front anti-monopoliste et anti-Maastricht centré sur la classe laborieuse: donc à travailler aux conditions pratiques et politiques de la révolution ; ce groupe très anti-PRCF s’aligne de fait sur les forces petite-bourgeoises qui ménagent l’UE ou qui, du moins, reportent aux calendes le combat contre elle en abandonnant, en pleine fascisation, le drapeau tricolore et la Marseillaise au souverainisme bourgeois.

Dans ces conditions, nous continuons les discussions avec ces groupes, mais nous ne subordonnerons pas à une prétendue « union des communistes » à la clarté politique sur des questions aussi capitales que la fascisation, la reconstruction d’un PC indépendant du PC/PGE et la dialectique indépendance nationale / révolution socialiste.

C’est pourquoi il faut renforcer prioritairement notre PRCF et nos JRCF, les discipliner davantage, les rajeunir et les rapprocher des travailleurs, et pour cela, préparer un grand meeting du 100ème anniversaire de Tours qui fera du PRCF le pôle de regroupement de tous ceux qui veulent un congrès de Tours d’aujourd’hui pour préparer demain ; et bien sûr, développer avec discipline la vente d’I.C., intervenir idéologiquement sur tous les terrains, promouvoir nos Associations départementales pour la renaissance communiste et en créer de nouvelles sur nos bases statutaires, multiplier les adhésions, dynamiser et aider notre commission JRCF, promouvoir Étincelles et toutes nos commissions nationales de travail. Concernant le 100ème anniversaire de Tours, alors que le PCF mutant vient de perdre la municipalité tourangelle historique de St-Pierre-des-Corps, nous y revenons dans la partie suivante de ce rapport.

Des initiatives concrètes pour construire le Front antifasciste, patriotique, populaire et écologiste (FR.A.P.P.E.).

Nous avons expliqué vingt fois que le dispositif politique de la grande bourgeoisie consiste à enserrer le peuple français et l’alternative politique dans un étau, qui est aussi un duel/duo de second tour lors des présidentielles, entre Macron – le représentant liberticide de l’euro-mondialisation néolibérale, et Le Pen, la représentante hexagonale du national-populisme européen. Le rôle du RN et de ses satellites (notamment “Debout la France”) est d’être l’aile marchante de la fascisation, en attendant si les circonstances l’exigent, de devenir carrément la pointe émergée d’une aventure proprement fasciste (notamment si Macron est réélu et qu’il semble manquer de fermeté face à une possible insurrection populaire : grèves de masse, retour des gilets jaunes, levée en masse de la jeunesse, éruption des quartiers ghettoïsés…). Pour briser cette tenaille mortelle, il faut refuser construire une alternative véritable à cette pseudo-alternative empoisonnée. C’est ce que ne font précisément pas,

d’une part, les partisans –  dont certains viennent de la gauche –             d’un souverainisme sans rivage » type UPR, qui effacent le clivage droite/gauche hérité de notre histoire, relèguent la lutte des classes au second plan, occultent ou combattent la perspective du socialisme, minimisent la fascisation et, le plus souvent, banalisent le RN en ignorant son anticommunisme violent, le racisme débridé de sa base, ses liens historiques avec Vichy et l’OAS, l’arrimage de sa branche « marioniste » avec l’intégrisme catholico-monarchiste, sans parler de ses réseaux potentiellement séditieux dans certains milieux dirigeants réactionnaires de l’armée et de la police ; c’est pourquoi nous boycottons les initiatives qui se réclament de la prétendue union des souverainistes des deux rives ». Un confusionnisme qui, dans le Pas-de-Calais avec José Evrard, ou avec le blogue de Jean Lévy (qui a appelé à voter Le Pen au second tour de la présidentielle 2017), a même conduit à une doriotisation, certes encore marginale, de certains milieux ex-communistes ! Nous regrettons que D. Kuzmanovic, qui portait initialement dans la FI un projet souverainiste de gauche intéressant, ait préféré dériver vers ce souverainisme sans rivage en acceptant de cautionner par sa présence la soirée Brexit organisé par l’UPR aux côtés de Jean-Frédéric Poisson, de Philippot et de Dupont-Aignan, puis de prendre part au mensonger « Front populaire » de l’anti-jacobin et anticommuniste maladif Onfray – lequel estime que le sinistre E. Zemmour symbolise le « génie français » d’avant-1789 ! –. Quant à l’UPR en voie d’implosion, certains de ses éléments en vue envisagent déjà de soutenir Le Pen. Nous devons d’autant plus débattre avec ses éléments sincèrement progressistes, patriotes et républicains;

d’autre part, les partisans divers et variés, concurrents entre eux jusqu’à un certain point, de l’union des euro-gauches qui font l’impasse sur la question stratégique du Frexit, et a fortiori, sur les questions des nationalisations et du socialisme pour la France. Nous avons en vue bien entendu le PCF-PGE, qui fait tout ce qu’il peut pour créditer la “construction” européenne en quémandant l’introuvable “Europe sociale” auprès des institutions européennes, en dialoguant avec le PS maastrichtien au risque de remettre en selle ce parti discrédité, en fermant les yeux sur le fait que les euro-écologistes et les eurodéputés« socialistes » ont voté un texte de chasse aux sorcières typiquement fascisant au Parlement européen. En dehors du fait que le PCF présentera sans doute un candidat à la présidentielle sur un programme euro-compatible au risque d’interdire définitivement à un candidat LFI ou assimilé d’accéder au second tour, puis d’appeler à re-voter Macron “pour battre Le Pen”, que reste-t-il de l’identité communiste du parti qui était encore capable en 1992 d’entraîner des millions d’ouvriers à désavouer Mitterrand pour voter non à Maastricht ?

On peut aussi parler de l’initiative de MM. Ruffin et Besancenot qui, lamentablement, ont en vain tenté d’exploiter le nom de notre président Léon Landini pour mettre en place un prétendu « CNNR » qui réussit le double exploit d’écarter tout communiste de sa composition et de promettre un amoncellement d’acquis sociaux sans poser la question de sortir de l’UE. Léon a eu raison de déclarer, lors de l’émission-guet-apens consacrée au lancement de cette opération politicienne, destinée sans doute à mettre Ruffin en orbite pour la présidentielle (?), que « le programme du CNR est antinomique de la construction européenne » et que ses camarades qui sont morts pour une France indépendante et souveraine auraient eu honte de cautionner une telle usurpation du mot « CNR », qui fait totalement l’impasse sur l’idée du Frexit progressiste.

C’est pourquoi, si modestes que soient encore nos forces, nous sommes fiers de porter la seule perspective qui soit réellement alternative en associant le drapeau rouge de la classe ouvrière, cœur du futur FRAPPE, et le drapeau tricolore, symbole de l’indépendance nationale, pour sortir la France de l’UE-OTAN et de l’euro, pour isoler le grand capital et créer les conditions de l’affrontement de classes et de masse qui permettra de battre décisivement l’oligarchie tout en dynamisant l’Europe des luttes et en ouvrant la voie du pouvoir populaire dans notre pays.

C’est dans cet esprit que nous avons lancé l’Appel du 29 mai dernier pour une Convergence Nationale des Résistances qui va se prolonger par une initiative politique unitaire le 14 juillet, 85ème anniversaire du meeting fondateur du Front populaire. Il s’agit du rassemblement du stade Buffalo où, symboliquement, Jacques Duclos entonna successivement la Marseillaise et l’Internationale pour fonder ce qui était à la fois un front social, un front démocratique et un front antihitlérien centré sur le monde ouvrier. Nous rebondirons après les vacances sur une initiative aux alentours du 20 septembre, dates anniversaires de Valmy et du Non ouvrier majoritaire à Maastricht. Cet appel, qui va de gaullistes anti-lepénistes comme Olivier Delorme, Jean-Luc Pujo ou Geneviève Blache aux camarades de Jolie Môme en passant par des syndicalistes rouges comme Cédric Liechti (EDF) ou Eric Caudron (SNCF), ou encore par les « Citoyens souverains » de Ramzi Kebaïli et Gwenaëlla Caprani, doit encore s’ouvrir (discussions en cours avec François Cocq) et s’ancrer en bas dans chaque département. Il ne s’agit pas d’une alliance électorale et la présenter ainsi serait la livrer par avance aux déchirements boutiquiers des périodes pré-électorales. Il s’agit d’un front idéologique et culturel qui aurait encore plus de forces si malheureusement, nos camarades du Rassemblement communiste n’avaient pas préféré célébrer le 29 mai 2005 en publiant un texte aussitôt oublié avec le PCRF plutôt que de nous aider à accentuer la présence communiste dans un front pluraliste qui fait du PRCF l’aile marchante, unitaire et fraternellement ouverte au dialogue, du seul rassemblement pour le Frexit progressiste existant dans le pays. A nous tous de le faire vivre en faisant signer l’appel largement aux syndicalistes, aux citoyens engagés, aux antifascistes et aux antiracistes, aux intellectuels de progrès, et bien entendu, aux militants communistes à la recherche d’une issue à la fois rassembleuse et potentiellement révolutionnaire.

Cela ne préjuge en rien de notre future attitude lors de la présidentielle 2022. Nous notons que J.-L.Mélenchon n’a pas répondu aux lettres ouvertes que nous lui avons adressées par deux fois (même attitude de F. Roussel), même si nous avons noté d’assez bonnes prises de position de sa part dans la dernière période, notamment sur les violences policières. Notre camarade Vincent Flament est toujours mandaté pour rencontrer les deux jeunes députés LFI du Nord, MM. Quatennens et Bernalicis, qui jusqu’ici montrent une attitude ouverte envers les militants du PRCF nordiste dans les manifs. Pour autant, chacun constate que l’entourage de Mélenchon est particulièrement euro-complaisant et coupé du monde ouvrier, en particulier Manon Aubry ; l’ex-présidente d’Oxfam choisit d’intervenir en anglais au Parlement européen et ne manque jamais de défendre dans les médias la chimère d’une réorientation progressiste de l’Europe . Comme toujours, le PRCF dira en toute indépendance ce qu’il aura à dire le moment venu et en attendant il promouvra son programme-candidat en ciblant spécialement les entreprises et les manifs ; s’il le faut, le PRCF présentera la pré-candidature, ou la candidature à la candidature de Fadi Kassem à la présidentielle comme en a décidé le dernier CC, tout en militant pour une candidature fédératrice de la Gauche patriotique, antifasciste, populaire et… nettement eurocritique !

Enfin sur le plan international, notre commission internationale a été très active ces temps derniers. Après avoir rencontré le KKE de manière franche et amicale à la fois, nous sommes heureux de constater que le PC portugais a accepté lui aussi de nous rencontrer officiellement. Par ailleurs, grâce l’activité de la commission Internationale, le PRCF s’est montré dynamique sur ce terrain à travers :

  • la signature de la pétition pour Cuba qui nous a valu les félicitations de l’ambassade ;
  • un entretien croisé réalisé avec les ambassadeurs de Cuba et du Venezuela ;
  • un courrier adressé à l’ambassade de Chine dans le cadre de la crise du coronavirus – et, signalons-le, des remerciements transmis par l’ambassade du Vietnam en Algérie à la suite de la publication de l’article rendant hommage à Hô Chi Minh ;
  • le succès des rencontres de l’Initiative des partis communistes et ouvriers au sujet du Covid-19, débouchant sur des textes signés par le PRCF (notamment pour les 150 ans de la naissance de Lénine en avril 2020) ;
  • l’invitation, pour la première fois, du KPRF de Ziouganov à Moscou (reportée en novembre) et, parallèlement, un texte envoyé par Pierre Pranchère à l’ambassade de Russie pour rappeler le rôle fondamental de l’URSS dans la victoire contre l’Allemagne nazie dans le cadre du 75 e anniversaire de la capitulation du IIIe Reich ;
  • la participation à la manifestation en faveur des droits des Palestiniens le 27 juin 2020 ;
  • le soutien et la réaffirmation des liens avec le parti Sadi du Mali ;
  • l’important travail de relai et de publication des communiqués des partis-frères par Daniel Antonini, renforçant ainsi les liens interna- tionaux du PRCF ;
  • des avancées dans le dossier Assange, les articles de notre camarade Aymeric Monville étant actuellement relayés et diffusés en Suisse, qui se présente comme le pays pouvant lui accorder un visa humanitaire ;
  • la réorganisation progressivement mise en place du travail par régions, permettant ainsi une meilleure répartition des articles dans IC, site et papier.

2 Commentaires de lecteur “Décomposition française et forces de résistance !

  1. Bernard Gilleron
    27 août 2020 at 17:11

    J’apprécie ce rapport sans concessions de Georges Gastaud. Je vais le partager sur l’inénarable Facebook.
    J’ai noté que contrairement à la situation de 2015, [avec le rassemblement à Paris pour le 10eme anniversaire du référendum qui refusa Maastricht], le Rassemblement Communiste [dont le nom est trompeur, vu ses effectifs indigents] n’est plus l’allié du PRCF, et tant mieux.
    Les rapprochements avec “Faire vivre et renforcer le PCF” sont également abandonnés [ce qui est la continuation logique des abandons de cette “tendance” qui ne dit pas son nom lors du 38ème congrès du PCFoù son “Manifeste” -pour convaincre au congrès- s’est associée avec les réformistes européistes de la section économique des Boccara, Denis Durand et autres lui faisant ainsi faire perdre toute crédibilité).
    Le soutien manifesté en 2017 à Jean-Luc Mélenchon et à LFI, ne semble plus non plus à l’ordre du jour.
    Les abandons réitérés de la Direction Confédérale de la CGT sont un énorme problème qu’il est bon de dénoncer. Mais la classe ouvrière sera beaucoup plus difficile à convaincre d’abandonner “SA” CGT, qu’elle n’est prête à se détacher du PCF.
    En conclusion, je constate que la Reconstruction d’un Parti de classe influent visé par le PRCF, est un objectif de plus en plus difficile à atteindre.
    Raison de plus pour en ouvrir plus les portes aux “repentis” dans mon genre, qui ont frappé à sa porte sans avoir de réponse à ce jour,

  2. - -
    30 août 2020 at 01:30

    Les militants du PRCF continuent d’agir, autant que possible et sur tous les plans où cela est possible avec tous les communistes. Et notamment avec les camarades du RCC.
    Les camarades du PRCF de ta région sont toujours à ta disposition Bernard.