Contre la déclaration de guerre à la France du séparatiste Talamoni : sortir de l’UE pour conjurer l’euro-désintégration de la France

Affiche UE casse FRANCEPitoyablement, l’exécutif n’a pas réagi aux provocations anticonstitutionnelles de Talamoni, le chef des séparatistes corses dont nul, même dans la prétendue « extrême gauche » antijacobine, n’ira prétendre qu’il est « progressiste » : hymne à l’exclusion de la Marseillaise, serment sur un texte antérieur à 1789 (rappelons qu’au départ, Paoli était robespierriste), usage exclusif et illégal du par le nouveau « président », il s’agit d’une déclaration de guerre à la française.

Celle-ci est déstabilisée, non seulement par la « complaisance » de Paris envers les séparatistes corses comme le signale ci-dessous M. Chevènement, mais plus globalement par l’EURO-DESINTEGRATION en cours de la nation : substitution à la République « une et indivisible » des euro-régions, éviction du français au profit du tout-anglais (avec l’alliance de revers des régionalismes anti-francophones), destruction du « produire en France » à l’avantage de « l’économie de marché ouverte sur le monde » prescrite par Maastricht, dé-tricotage du lien social que garantissaient la Sécu, les retraites par répartition, le Code du travail, le statut national des fonctionnaires et l’existence de puissants services publics reconstruits par les ministres communistes de 45, en un mot, marche dévastatrice vers les « Etats-Unis d’Europe » pilotés par Berlin et de l’ « Union transatlantique » sous pilotage U.S., comme le prône ouvertement le MEDEF. Et si le danger principal pour l’unité territoriale de la nation n’était ni à Ajaccio, ni à Carhaix chez les « bonnets rouges » (tout sauf rouges !), mais bien à PARIS, dans cette caste de collabos privilégiés qui préfère la mondialisation de ses profits à la continuité de la nation et au maintien des positions que le mouvement ouvrier, laïque et démocratique avait conquis au fil de ses luttes dans le cadre national ?

Bien entendu, si la Corse est abandonnée aux séparatistes, avec tout ce que cela signifierait de discrimination pour les « non-Corses » (reconnaissables à quo, d’ailleurs ?), si les Le Drian, Alliot-Marie, Estrosi et Cie continuent de courtiser les mouvements antifrançais qui sévissent à des degrés divers dans les régions « périphériques » (Pyrénées-Orientales et atlantiques, départements bretons, Alsace, Savoie, pays niçois…), si l’Etat continue de piétiner la loi de 1905 séparant l’Etat de tous les cultes – au risque de favoriser les communautarismes religieux de plus en plus agressifs – , si les communes de France finissent par se fondre dans d’inhumaines métropoles, alors la République française sortira définitivement de l’histoire, et avec elle son mouvement ouvrier né de Babeuf et de la Commune : ce dernier deviendra même incapable d’articuler d’une seule voix, ce qui suppose une langue commune, celle d’Hugo et d’Aragon, son aspiration au tous ensemble et en même temps.

Refusons d’abandonner le mot « patriote » à ceux qui le dévoient, du liberticide Valls au Front prétendument « national ». Pour éviter qu’un jour de moins en moins lointain la France ne perde ses régions dites périphériques et ne se délite au seul détriment de ses classes populaires et moyennes, exigeons que notre pays sorte par la gauche de la délétère « construction » européenne.

– secrétaire national du


Entretien de Jean-Pierre Chevènement au site Figarovox, propos receuillis par Alexandre Devecchio.

FigaroVox : Les nationalistes ont pris la tête de l’Assemblée territoriale de Corse ce vendredi. Que cela vous inspire-t-il?

Jean-Pierre Chevènement: C’est le résultat d’une politique de complaisance à l’égard du nationalisme corse. Complaisance de la gauche d’abord, notamment avec le processus de Matignon promulgué le 22 janvier 2002. Complaisance de la droite également avec le référendum de Nicolas Sarkozy de 2003 qui proposait notamment une fusion des deux conseils généraux de Haute-Corse et de Corse-du-Sud au sein d’une collectivité territoriale unique. Une fusion qui avait été refusée par les Corses eux-mêmes. Qu’importe! On leur imposera dans deux ans la collectivité unique qu’ils rejetaient alors, dans le cadre d’une réforme territoriale sur laquelle ils n’ont pas eu à se prononcer. Rappelons que les nationalistes corses sont responsable d’une cinquantaine d’assassinats.

A l’heure où l’on parle d’union sacrée, existe-t-il un risque de fracturer l’unité nationale?

 Oui, d’autant plus que dans le même temps, le préfet des Pyrénées Atlantiques prépare un projet de communauté de communes unique pour le Pays basque. Voilà qui devrait donner une caisse de résonance inespérée à l’ETA. Enfin, il faut ajouter à cela, la volonté du gouvernement de ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Aujourd’hui la loi, dans notre pays, n’empêche ni l’enseignement ni l’utilisation des langues régionales. Mais alors que veut-on de plus? Appelle-t-on à une nouvelle conception de la République? Veut-on faire des régions le laboratoire d’un nouveau communautarisme avec les Bretons, Basques, Alsaciens ou Occitans «de souche»? Tout cela fait réfléchir.Veut-on le détricotage de l’Etat?