PRCF, 24 septembre

manif_pilotesMalgré le tapage médiatique visant à les calomnier et à les isoler, les pilotes d’Air-France, désormais soutenus par les personnels au sol, sont sur le point de remporter leur bras de fer avec l’arrogant M. de Jugnac et avec son mentor, le très patronal Manuel Valls.

Le PRCF, qui a d’emblée apporté son soutien aux grévistes, se réjouit de cette victoire à portée de main, qui encouragerait tous les salariés désireux de stopper l’offensive patronale et gouvernementale parrainée par l’UE.
Non les pilotes de ligne ne sont pas des « privilégiés » : leur salaire, ils ne le volent pas aux SMICARDS, dont l’ennemi n’est pas le salarié hautement qualifié qui assume chaque jour de lourdes responsabilités, mais les CAPITALISTES qui surexploitent les uns, précarisent, licencient et divisent les autres avec un seul mot d’ordre : DIVISER POUR REGNER.

Quelles que soient les conceptions politiques et syndicales qui sont les leurs, les pilotes grévistes d’Air-France ont à la fois défendu l’intérêt général de la classe travailleuse et l’intérêt national en empêchant la mise en place d’une filiale européenne à bas coût (et non pas « low cost », comme disent les journalistes américano-formatés !) qui visait à briser les salaires et les statuts de tous, à rogner sur la sécurité des vols et à exacerber l’odieuse « concurrence libre et non faussée » chère à l’UE maastrichtienne.

Les grévistes ont également défendu, rien de plus légitime, l’emploi en France et le pavillon aérien français : car laisser casser l’emploi hautement qualifié chez nous pour favoriser l’emploi précaire et à bas coût ailleurs aurait détruit in fine la compagnie nationale Air-France, tout en appauvrissant l’ensemble des travailleurs du transport aérien et de l’aéroportuaire de toute l’Europe. Rejetons l’argumentation ridicule du patronat public et privé qui, sous couvert de « sauver » telle société, tel acquis social, telle nation, ne cessent de les saigner à blanc, cassent leur identité et pour finir, les liquident après les avoir vampirisés !

En outre, les pilotes n’ont eu cure des « conseils » désastreux des confédérations syndicales euro-formatées, qui ménagent le gouvernement PS et promeuvent le mensonge éhonté de l’introuvable « Europe sociale ». Contrairement aux directions confédérales qui, ces dernières décennies, ont promené les salariés de « journées de lutte » en « journée de témoignage » impuissantes, les grévistes d’Air-France ont engagé la lutte « pour GAGNER selon le vieux principe cher à Guevara et à tous les grévistes dignes de ce nom : « HASTA LA VICTORIA SIEMPRE ! ». C’est précisément ce qui n’a pas été fait en 2010 pour sauver la retraite à 60 ans, ou à d’autres occasions pour empêcher la casse des statuts, contrer les déremboursements médicaux, empêcher la dénationalisation rampante d’EDF, etc. Sans parler de la manière dont la grève des cheminots a été poignardée dans le dos par la CFDT, puis abandonnée à elle-même ou carrément dévoyée par d’autres confédérations.

Inspirons-nous des objectifs et méthodes des grévistes de l’Air pour les luttes à venir, notamment dans le secteur des transports où marins, dockers, travailleurs de l’aéroportuaire et du ferroviaire, sans parler des salariés et des petits patrons routiers, sont soumis à la même entreprise de déréglementation et de paupérisation : à quand, dans la France actuelle, où la classe ouvrière des transports constitue un des principaux secteurs du salariat productif, le « tous ensemble » des salariés de l’Air, de la Mer, de la Route et du Rail pour stopper l’offensive antisociale en bloquant les profits des vampires qui dominent l’UE du capital ?

*et non pas d’ « Airfrance », comme disent désormais, les patrons angliciseurs de cette entreprise où toute la « com » vire à l’anglais (« France is in the air » est désormais la devise pitoyable de la compagnie « française » : en réalité, grâce aux grévistes, la CASSE d’Air-France pique du nez au lieu de « prendre son envol » !).