Agriculteurs

le 30 juillet 2015

Les éleveurs en luttes se heurtent à trois forces réactionnaires qu’il est d’intérêt  général de démasquer et de vaincre:

  • Les magnas de la grande distribution: gros actionnaires d’Auchan, de Carrefour, de Leclercq (ce faux « ami » des pauvres),etc. Ceux-ci passent leur temps à écraser les petits et moyens agriculteurs, à les soumettre à la pression déloyale des industriels de l’agro-alimentaire qui surexploitent leur main d’oeuvre (notamment en Allemagne), à écraser les prix à la production. Il faudrait au contraire augmenter les salaires petits et moyens pour permettre aux ouvriers, aux employés, au retraités, etc de consommer des produits agricoles de qualités fabriqués en France près de chez eux.
  • L’Union Européenne, en passe d’être coiffée par l’Union Transatlantique (GMT-TAFTA) dont le le rôle est d’impulser l’ « économie de Marché ouverte sur le Monde » prescrite par Maastricht, c’est-à-dire d’organiser la casse du Produire en France, d’interdire les protections douanières contre la concurrence déloyale et le moins disant social fiscal et écologique, de prohiber les subventions nationales à l’agriculture paysanne. En clair, le rôle de l’U.E est de mettre en place la jungle des prix et l’hégémonie de la grande distribution sur le monde paysan (étranglé), sur les employés de commerce (précarisés) et sur les consommateurs (gavés de produits suspects).
  • Le gouvernement Hollande, se faux allié des travailleurs salariés et indépendants, qui ne sait que proposer des palliatifs couteux pour le contribuable là où il faudrait envoyer Bruxelles en imposant le juste prix aux grandes surfaces.

Cela ne signifie nullement qu’il faille dédouaner la F.N.S.E.A, ce pseudo « syndicat » aux mans de la droite et des gros propriétaires agraires; cette organisation qui impulse des actions qui vaudraient la prison à des ouvriers ou à de petits fonctionnaires en lutte, cautionne depuis toujours la « construction européenne » grâce à laquelle les gros propriétaires terriens ont accaparé les terres, raflés les subventions et diminué drastiquement le nombre de paysans travailleurs (moins d’1% en France).

Cela ne signifie pas non plus qu’il faille à tout jamais accepter l’actuel modèle de développement agricole qui est négatif pour tout le monde sauf pour le grand Capital. Oui il est malsain que des fermes-usines à l’allemande comme l’usine des Milles-vaches en Picardie monopolisent la production de lait et de viande aux dépends de l’emploi agricole, de la qualité de la santé humaine et du bien être animal. Rappelons qu’en ex-R.D.A de nombreux paysans vivaient dans des fermes collectives à taille humaine que la « réunification » capitaliste a transformées en usines à viande fructueuse pour les seuls capitalistes. Le débat, promus par les faux contestataires de Charlie-Hebdo sur l’extinction de la consommation de viande et de produits laitiers est une diversion étrangère à la problématique des luttes actuelles. Certes il faut ouvrir le débat philosophique et stratégique sur l’éventuelle reconversion concertée d’une production agro-pastorale assurant l’alimentation future de l’Humanité dans le cadre d’un socialisme-communisme écologiquement responsable; mais cette éventuelle reconversion à venir du secteur productif agricole ne doit pas servir de prétexte pour détruire ici et maintenant ce qui reste du Produire en France agricole, comme les pollutions industrielles ont servi de prétexte écologique pour liquider les mines et la sidérurgie françaises.

Si l’actuel bras de fer était gagnée par l’U.E et par Auchan et consort, il y aurait encore plus de mal-bouffe de nuisances sanitaires et environnementales, de sous emploi agricole, encore moins de pouvoir d’achat pour les salariés qui, répétons-le, n’ont pas besoin de prix écrasés aux dépends des paysans mais d’une solide alliance ouvrière et paysanne pour diminuer le profit monopoliste et augmenter ainsi les salaires tout en rémunérant le travail agricole à son prix en faisant payer les actionnaires de la grande distribution. Charlie-Bobo et la Fausse Gauche, toujours avides de faux débats sociaux pour dévoyer les affrontements sociaux, peuvent toujours railler les éleveurs prix à la gorge en les traitants de « tueurs »: la réalité c’est que si les monopoles de la distribution et l’UE gagnaient l’affrontement en cours, c’est que les vaches et les moutons disparaitraient de nos prairies et que nous ne mangerions plus bientôt que du « minerai de viande » bardé d’OGM et « made in TAFTA ».

Cela n’interdit aucunement d’exiger ici et maintenant que tout le bétail soit de nouveau abattu en France c’est-à-dire localement et sur la base de normes civilisées: plus un seul animal abattu sans étourdissement préalable et après de longues heures angoissante de route! Non seulement cette revendication ne s’oppose pas à la lutte actuelle des éleveurs, mais elle la renforce puisque ceux-ci dénoncent les capitalistes de l’abattage qui, tout à la fois imposent des marges scandaleuses aux paysans et aux consommateurs, délocalisent l’abattage des régions françaises vers la R.F.A en accroissant les temps de transports, en aggravant la souffrance animale et la pollution routière tout et en dévastant l’emploi ouvrier comme on l’a vu aux abattoir Doux.

Plus que jamais une force communiste d’Avant-garde est nécessaire pour éclairer politiquement la juste lutte des éleveurs en les préservant des mauvais bergers de l’Etat-major européisme de la F.N.S.E.A. Non les malheureux ouvriers et paysans grecs essorés par Bruxelles ne sont pas coupables du malheurs des paysans français pas plus que ne le sont les salariés smicard du monde agricole, le code du travail ou les cotisations sociales indispensable à la Sécurités Sociale. Plus que jamais il faut revendiquer que la France sorte de l’euro et de l’U.E par la porte de Gauche: c’est indispensable pour permettre la cogestion des supermarchés par les consommateurs, les paysans, les travailleurs du commerce et l’Etat populaire à venir.

Dans l’immédiat, avec le P.R.C.F qui brandit le drapeau tricolore du produire en France assorti du drapeau rouge de la faucille paysanne et du marteau ouvrier, luttons pour que les monopoles de l’agro-alimentaire rendent gorge et que tous ceux qui vivent de leur travail, salariés ou « indépendants », s’allient contre ceux qui exploitent ce travail tout en détruisant notre pays.

Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF, et Jo Hernandez, responsable du secteur Luttes