Collectif National pour un Front Syndical de Classe

mis en place par les initiateurs CGT et FSU de la « lettre ouverte aux Etats-majors syndicaux »

collectif.syndical.classe@laposte.net 

Le CNFSC apporte un soutien sans faille aux dizaines de militants d’EDF-GDF d’Ile-de-France arrêtés, placés en garde à vue et menacés de poursuite par le gouvernement et le patronat. 

Les prétextes de « dégradations », « violences » et « menaces »… pourraient prêter à sourire si l’heure n’était pas à la colère : nous connaissons tous l’attachement des travailleurs d’EDF-GDF au service de la collectivité ; ce ne sont pas eux qui cassent EDF-GDF mais bien le gouvernement qui, obéissant aux directives de l’UE, est en train de privatiser le secteur de l’énergie pour le livrer aux grands entreprises privées et à leur stratégie du profit maximum qui mène le monde à la faillite : quelle plus grande violence et plus grande menace pour la grande masse des usagers ? On connaît par ailleurs la vieille habitude du patronat et du gouvernement de multiplier les provocations (policiers déguisés en manifestants, officines privées…) visant à discréditer et criminaliser les luttes revendicatives.

 

En tout état de cause, alors que les luttes continuent de se développer dans de nombreux secteurs face à la crise et à la politique anti-sociale du gouvernement aux ordres du Medef et de l’UE, celui-ci a bien choisi d’accompagner la répression patronale des travailleurs en lutte, qu’il s’agisse des étudiants bloqueurs matraqués, des ouvriers de nombreux sites industriels confrontés aux vigiles du patronat, aux CRS et aux poursuites judiciaires, ou aujourd’hui des syndicalistes d’EDF et GDF.

 

Face à cette dérive autoritaire qui accompagne la casse du pays et de l’ensemble des acquis de ses travailleurs, il est nécessaire d’affirmer haut et fort notre solidarité avec l’ensemble des militants arrêtes et traînés en justice dans tout le pays. Cette solidarité de classe est ancrée au plus profond de l’histoire du mouvement ouvrier. Alors que nos directions syndicales nationales se contentent de « déplorer » sans organiser de solidarité active, le CNFSC invite à diffuser les informations auprès des salariés, à multiplier les communiqués de soutien et adresser des messages de protestation auprès du pouvoir.

 

Mais cette solidarité consiste aussi à construire l’unité des travailleurs en lutte réduits pour le moment à se battre seuls et de manière isolée face à la toute-puissance patronale et étatique. Il n’est pas inutile de rappeler qu’en 1968, c’est à partir d’une charge des CRS faisant des blessés rue Gay-Lussac que la CGT conduite par Georges Séguy avait appelé a la grève générale du 13 mai qui 3 jours plus tard débouchait sur le blocage du pays. Aujourd’hui, tandis que les salariés de l’industrie mènent de dures luttes contre les suppressions d’emplois et les compressions salariales, les personnels de l’Energie, de l’Université ou de l’Hôpital combattent depuis des semaines les mêmes projets de casse des services publics « à la française », en défendant non seulement leurs intérêts mais ceux de tous les travailleurs. Contre un pouvoir décidé à passer en force et à criminaliser toute résistance déterminée, il n’est pas d’autre solution que de construire le « tous ensemble en même temps » créant un rapport de force de haut niveau permettant à la fois de gagner sur les revendications et de rendre impossible l’acharnement policier et judiciaire contre les travailleurs en lutte.