Retour sur l’Acte 44 des gilets jaunes, à Nantes et Marseille, on n’oublie pas Steeve et Zineb !

Selon le décompte du Nombre Jaune, c’est près de 20 000 manifestants qui ont défilés dans les rues de France pour l’ des .

Cette mobilisation, en hausse avec la rentrée, témoigne de la dynamique populaire mesurable également avec les mobilisations sociales dans nombre de secteurs pour mettre en place un vrai rapport des forces pour cette rentrée sociale. Pour peu que s’organise le tous ensemble et en même temps. Face à cela, le régime Macron accélère sa fascisation, répondant à la mobilisation du peuple par toujours plus de violence.

Quelques chiffres et images

Plus de 4000 manifestants à Nantes

Manifestations dans l’aérogare d’Orly contre la privatisation d’Aéroport de Paris

A Toulouse les gilets jaunes, nombreux, occupent la gare

A Nantes et à Marseille, on oublie pas Steeve et Zyneb

A Marseille c’est dimanche 15 septembre qu’avait lieu la marche blanche en hommage à Zineb Redouane tuée à sa fenêtre par un tir de grenade lacrymogène par la police. Aucun policier n’a été inquiétés à ce jour, ni leur donneur d’ordre, ni même le parquet présent au coté des policiers lors de ces violences.

Une marche blanche violemment chargée par les policiers, tirant… des dizaines de grenades lacrymogène sur la foule.

A Nantes malgré la répression ultra violente qui frappe le mouvement social dans la ville, c’est plus de 4000 manifestants qui ont défilé, avec notamment comme slogan justice pour Steeve

A Nantes toujours, le journaliste Gaspard Glanz indique que le commissaire de police responsable de l’ultra violente charge de police dans la nuit de la fête de la musique, dont le gouvernement avait annoncé la suspension, semble avoir été présent dans le dispositif de répression de la manifestation

Une répression toujours féroce avec des témoignages de violences policières

A Nantes, alors que des dizaines de témoignages vidéos donnent à voir des violences policières frappant non seulement les manifestants, mais également des passants, notamment une personne en fauteuil roulant, les deux équipes de reporters de France 3 ont été visées, empêcher de filmer. (lire ci-après)

A Marseille :

A Nancy

Le communiqué de France 3 Pays de Loire

Ouvrir une manifestation qui peut potentiellement devenir violente n’est jamais chose facile. 

Il faut comprendre ce qui s’y passe, estimer les forces en présence, filmer, recueillir des témoignages, photographier, avant de rentrer “digérer” toute la matière en salle de montage ou dans sa rédaction et enfin sortir le reportage dans les temps.

A cela s’ajoute aujourd’hui l’alimentation des sites internet et réseaux sociaux parfois en direct.

Depuis quelques années, de témoins, les journalistes sont devenus des cibles. Il leur faut donc aussi estimer les dangers et éviter parfois les objets qui leurs sont lancés. Subir aussi des insultes et éviter les agressions physiques, elles se sont multipliées lors de la crise des gilets jaunes. 

Certains confrères ont reçu aussi des tirs de LBD. 

Des équipements de protection et des agents de sécurité

La plupart des journalistes emportent désormais avec eux un équipement de protection. 

Cet équipement comprend principalement un casque, des lunettes et un masque de protection contre les gaz lacrymogènes ainsi qu’un brassard presse les identifiant auprès des forces de l’ordre.

Ce samedi 14 septembre, France 3 Pays de la Loire avait mobilisé deux équipes, comprenant chacune un rédacteur et un journaliste reporter d’images (cameraman) ainsi que deux agents de sécurité pour les protéger d’éventuelles agressions.

►Interview de Vincent Raynald, journaliste à France3 Pays de la Loire.

“C’était une grande première pour moi” témoigne Céline Dupeyrat qui faisait partie de l’une des deux équipes et qui n’avait jamais exercé son métier avec cette protection.

Vous avez honte d’être journaliste ?

La suite sera également assez surprenante pour notre consœur.

“Vers 10h30 samedi matin, nous étions seuls sur la place Mellinet à Nantes (où devaient converger les manifestants). Des voitures de police sont arrivées, Vincent (le cameraman) a commencé à filmer pour alimenter le journal de midi. D’une rue adjacente est arrivée une petite dizaine de policiers en tenue. L’un d’eux a approché son téléphone portable et filmé mon collègue de près, quasiment sous son nez. Et en lui intimant l’ordre d’arrêter de filmer.”

Notre consœur est autant surprise par la situation que par le ton agressif des policiers. L’un d’eux regarde le brassard presse que le journaliste porte au bras et met en doute sa validité. Le brassard est pourtant tout ce qu’il y a de plus officiel, c’est celui que les journalistes peuvent se procurer auprès de la Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels.

Remarquant que Céline n’en porte pas, il l’interroge et lui demande pourquoi. “Vous avez honte d’être journaliste ?”

► Interview de Jean-Pierre Clavier, spécialiste du droit de la propriété intellectuelle.

L’agent de sécurité de l’équipe de reportage interpellé

Puis les policiers s’intéressent aux deux agents de sécurité qui accompagnent l’équipe.

“C’est quoi ces agents de sécurité ? demande l’un des policiers. Ils sont là pourquoi ?” Et ils sont fouillés. L’un d’eux est embarqué sans explication dans un fourgon. Emmené au commissariat central, il n’en ressortira qu’en fin d’après-midi.

“Ça fait 25 ans, que je travaille à France 3, je n’ai jamais été confrontée à ce genre d’attitude” s’étonne la journaliste intimement convaincue que les policiers voulaient provoquer un outrage de leur part.

Du matériel confisqué

La deuxième équipe couvre pour sa part la manifestation du côté du quartier Ile de Kervégan. Vers 17h, prise dans un nuage de gaz lacrymogènes, l’équipe se trouve séparée. Thierry Bercault, le rédacteur tente alors de fuir les gaz et de sortir du dispositif mais ils se heurtent lui et l’agent de sécurité qui l’accompagne à une barrière tenue par des policiers en civil.

L’un des policiers s’étonne alors que le journaliste et son agent de sécurité portent des masques de protection. “Donnez-les moi” ordonne le policier qui finit par arracher les masques. “Vous viendrez les récupérer au commissariat”.

Réaction du Club de la Presse

Thibault Dumas, le Président du Club de la Presse de Nantes Atlantique estime que depuis quelques temps “le danger vient à la fois de certains manifestants mais aussi de certains policiers”, citant entre autres le tir de LBD sur un journaliste de télévision en mai dernier à Nantes et la saisie de matériels de protection à l’encontre de photojournalistes à Saint-Nazaire en décembre 2018.

“On veut un rendez-vous d’urgence déclare Thibault Dumas, avec le Directeur Départemental de la Sécurité Publique mais aussi avec la Préfecture pour dire qu’on est là pour faire notre travail, informer les gens, ni plus ni moins.”

Le communiqué de presse du club de la presse