Le régime Macron ferme les écoles, supprime les classes : le PRCF 84 au coté des parents d’élèves

Mère Courage

Sa voix puissante monte parmi les mamans rassemblées ce lundi matin pâle et froid du 12 février, place de la Mairie, à Apt.

Elle vient juste d’apprendre, à l’entrée de la Maternelle, à deux pas, l’appel des parents d’élèves.

Elle vient juste d’apprendre que dans l’école de son fils, une fermeture de classe est programmée par l’Inspection académique.

Au total, sur Apt, ce sont deux classes maternelles et deux classes primaires qui seraient rayées de la carte si on laisse faire.

Pour leurs enfants, ce qu’elles veulent, dit-elle, c’est l’éducation, et la meilleure.

Pour leurs enfants, ce qu’elles veulent, c’est la réussite.

Pour leurs enfants, ce qu’elles veulent, c’est un avenir.

Pour leurs enfants, ce qu’elles veulent, c’est une vie meilleure, une vie qui vaille la peine d’être vécue.

Ce qu’elle sait, c’est que ces fermetures, c’est un mauvais coup porté au futur de leurs enfants. La puissance de son discours improvisé saisit l’assemblée. Cette puissance, c’est celle de l’énergie de la colère. La colère jaillie de l’expérience répétée de l’injustice pour les familles du centre-ville (quartier de la Politique de la Ville qui concentre les personnes dont le revenu est en dessous de 60% du revenu médian, soit 750 euros par mois). Colère née du sentiment de l’inacceptable.

Le 6 février, le Directeur Académique des Services de l’Education Nationale de présente en Commission Technique Paritaire la carte scolaire pour la rentrée 2018. 7 fermetures en maternelle, 14 en primaire, pour 4 ouvertures en maternelle et 5 en primaire. Solde: 12 classes supprimées. Proposition cependant rejetée (10 voix contre, 0 pour, 0 abstention) par les délégués FSU, FO, UNSA.

L’affaire n’est donc pas dans le sac pour une Inspection Académique zélée dans l’application du programme d’abaissement du service public d’éducation. Tandis que le député « En Marche » Cédric Villani présente son rapport pour la réussite des élèves en mathématiques, qui peut croire, pour ne prendre que cet exemple, que les conditions seront propices aux apprentissages, à la manipulation des objets recommandée par le rapport, avec l’inéluctable augmentation du nombre d’élèves par classe? Cette dégradation de l’école publique, bien comprise par tous les parents, se traduira par la fuite des élèves vers l’enseignement privé, déjà amorcée, pour ceux qui le veulent et le peuvent. Qui veut noyer son chien, l’accuse de la rage. La programmation de la déficience du service public de l’Education constitue une atteinte au droit aux savoirs, à la qualification, une agression contre les familles des milieux populaires et de leurs enfants. La mobilisation particulièrement forte telle qu’elle se vérifie à Apt, le rejet opposé en commission technique, montrent une capacité de contrer les projets pernicieux d’un pouvoir sous l’empire des puissants. Aucune catégorie de la population n’est exemptée de la charge menée sans trêve par un président dont le masque de la bienveillance se déchire.

L’indécente moquerie des batailles pour des pots d’une célèbre pâte à tartiner pourrait bien prendre une saveur inattendue et rassurante. Elle tiendrait de l’incantation magique visant à repousser l’affolante perspective de l’entrée en lutte des opprimés. En cela, la fière mobilisation des « mères de la place de la Mairie » leur donne raison. Oui, un spectre hante la France. Celui de la mutation des colères en lutte organisée. Elle est en marche.

Françoise – PRCF Vaucluse

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