
Par Georges Gastaud, animateur du Secteur Etudes et Prospective du PRCF – 2 janvier 2026 – Entre recomposition des rapports de force mondiaux et crispation belliciste des élites euro-atlantiques, Georges Gastaud (PRCF) analyse l’impasse stratégique de l’hégémonisme occidental face à la montée d’un monde multipolaire. Il alerte sur les risques accrus pour les peuples — de la Palestine à l’Amérique latine — et sur la fuite en avant militariste de l’Union européenne. En contrepoint, il appelle à une mobilisation populaire pour la paix, la souveraineté et le progrès social, en France comme en Europe.
À l’échelle internationale,
Trump et son équipe archi-réactionnaire mais non dénuée d’un certain réalisme semblent avoir provisoirement admis que l’hégémonisme euro-atlantique, si surarmé, russophobe, antipalestinien, sinophobe, anti-cubain, anti- iranien, anti-Pyongyang, « Maduro-phobe » et belliqueusement enragé soit-il, n’était plus à même d’attaquer partout à la fois sur la ligne de front planétaire qui oppose l’Oncle Sam et son vassal germano-européen en perte de vitesse à la « majorité mondiale » des pays d’Afrique, d’Amérique et de l’Eurasie qui refusent désormais, Axe Pékin-Moscou en tête, la domination mortifère du dollar, du FMI et de l’OTAN sur l’économie et sur la politique mondiales. Le danger n’en est que plus grand pour les Palestiniens et pour les pays progressistes d’Amérique latine, Cuba et le Venezuela étant placés en première ligne, qui sont désormais ouvertement ciblés par les tenants du bloc « MAGA » : « rendre l’Amérique de nouveau grande » signifie en effet de plus en plus clairement, comme le PRCF l’avait signalé dès l’avènement de Trump II, permettre à Washington de refaire main basse sur le pétrole vénézuélien et d’annexer au passage le Groenland, le Canada et le Panama. Quant aux oligarchies latino-américaines, elles préfèrent ramper devant un maître yanqui plutôt que subir une révolution populaire qui les marginaliserait à domicile.
En Europe, les tentatives trumpiennes, non de faire la paix en Ukraine (car il faudrait pour cela remédier aux causes profondes d’un conflit par procuration que Washington a manipulé depuis plus de dix ans), mais d’apaiser momentanément le front russo-otanien pour avoir les mains libres contre Pékin, n’en déclenchent pas moins la panique. Les von der Leyen (UE), Merz (RFA), Starmer (GB), ainsi que leur petit soldat antipatriotique Macron, redoutent avant tout, non la perspective d’une guerre nucléaire avec Moscou, mais la catastrophe politique qui frapperait les oligarques européens si leur projet de guerre antirusse était reporté ne serait-ce que de quelques années. Comment alors faire accepter aux peuples, qui y sont déjà fort réticents, le projet d’un « État fédéral européen » recentré sur un néo-militarisme allemand résurgent, destructif des conquêtes sociales de 1945, liquidateur des souverainetés nationales et recentré sur une « économie de guerre » entièrement conçue pour la relance du complexe militaro-financier ? Plutôt le risque d’une guerre causant 500 millions de morts en Europe que la perspective de voir les peuples européens, peuple français en tête, jeter enfin aux orties cette « construction » euro-atlantique qui n’apporte aux citoyens que la régression sociale, la fascisation politique et la « perspective » de « perdre leurs enfants » dans une guerre absurde contre Moscou en ce 80ème année de l’invasion de l’URSS par la Grande Europe hitlérienne d’alors ?
Tout cela dessine a contrario les tâches des véritables communistes français et de tous les pays d’Europe : contrer le bourrage de crâne belliciste, dénoncer les mesures fascistes frappant les voix dissidentes (celles, à la fois, du colonel suisse Jacques Baud ou des PC ukrainien, tchèque et polonais interdits), appeler le peuple français à sortir de l’UE-OTAN, fédérer les luttes pour le progrès social, l’indépendance nationale, la démocratie et la paix mondiale. C’est possible, non seulement parce que, en France même, des voix diverses (S. Royal, L. Ferry, P. de Gaulle, J.-L. Mélenchon, H. Guaino, E. Todd…) dénoncent la marche à la guerre mondiale impulsée par la Macronie et soutenue en sous-main par la Lepéno-Bardellie, mais parce que, au niveau européen, le monde du travail s’est déjà montré capable ces derniers temps de bloquer l’Italie, la Grèce, le Portugal et la Belgique. Pourquoi pas nous en France, pour peu que nous secouions les puces des états-majors syndicaux CFDT-soumis qui refusent d’appeler au rejet de TOUTES les mesures antipopulaires (recul des salaires et pensions réels, démolition du produire en France agricole et industriel, mise à mort de la Sécu, des retraites par répartition et des services publics…), de mettre en accusation l' »économie de guerre », de fustiger la mortifère « construction » européenne et de porter une alternative populaire, patriotique et pacifique orientée vers un Frexit progressiste propre à fédérer les 4/5èmes du peuple français.
À l’échelle nationale,
le pouvoir macroniste usé jusqu’à la corde n’a plus rien d’autre à proposer qu’une guerre antirusse dont notre peuple a tout à redouter. L' »alternance » ultraréactionnaire que prépare la grande bourgeoisie sur fond d’alliance entre le RN, Zemmour et les débris putréfiés du sarkozysme, n’apporterait qu’une répression massive contre le mouvement syndical, qu’une division en profondeur du peuple, qu’une humiliation mondiale pour l’ex-pays des Lumières et des droits de l’homme, sans, ne serait-ce qu’annuler une mesure antisociale ou que ralentir la marche à la guerre : l’exemple de Meloni, la Le Pen italienne, est là pour le prouver.
Dans ces conditions, le PRCF renouvelle son appel pressant à une rencontre des forces de paix, de démocratie et de progrès social pour que, au plus tôt, se mette en place à la rentrée un grand meeting pluriel sur le thème « l’argent pour les salaires, pas pour la guerre », « investir dans l’éducation, pas dans les porte-avions », tous ensemble pour la paix, l’indépendance nationale, la démocratie, le produire en France, les services publics et le progrès social !





