Pénurie d’essence : les raffineries en grève et à l’arrêt . Vers un blocage total. #réformedesretraites

La pénurie d’ c’est ce qui risque bien d’être le fait marquant de ce tout début d’année 2020. En effet alors que les raffineries s’arrêtent les unes après les autres, en pour le retrait de la contre le nombre de stations services à sec ne cesse d’augmenter.

La CGT annonce un blocage totale de toutes les raffineries dès le 7 janvier.

Alors qu’une station sur vingt est désormais en rupture de carburant, il est désormais conseiller de veiller à faire le plein régulièrement pour qui ne veut pas redouter la panne sèche.

A Lyon, est bloqué !

Nouveau blocage en date le 28 décembre celui de Feysin, près de Lyon. Cette raffinerie alimente toute la région Rhone Alpes Auvergne et jusqu’à la Suisse et désormais : 70% du personnel est gréviste. Pedro Alfonso, raffineur et délégué CGT, explique la situation. 

“On souhaite faire reculer le gouvernement, donc depuis 4h00 du matin, la raffinerie est en grève : aucune sortie de produits pétroliers pour alimenter les stations service. Quand on est en pic haut, il y a 250 camions-citerne qui sortent chaque jour pour aller alimenter les stations services de la région et ailleurs”

Avant de poursuivre : “On rejoint tous nos camarades présents sur tous les sites pétroliers français dans ce mouvement de grève. On souhaite contrer le gouvernement et le forcer à retirer cette réforme. On a déjà bloqué une dizaine de jours et effectivement cette fronde sociale nationale amène aussi nos salariés à contrer cette réforme, injuste pour tout le monde“. 

en région parisienne, Lavera à , Gonfreville à l’arrêt

Sur l’étang de Berre, la raffinerie de Lavera à Fos a été mise à l’arrêt en raison de la grève dès le 23 décembre. Rejointe par la raffinerie de GrandPuits en Seine et Marne qui alimente directement la région parisienne. La grève y est reconduite jusqu’au 6 janvier

Puis celle de Feyzin alimentant la région lyonnaise.

le 14 décembre la raffinerie de Gonfreville, près du Havre, a subit un important incendie endommageant les circuits de raffinage de façon très importante. Mettant hors circuit la plus importante raffinerie de France.

De fait c’est déjà l’essentiel de la capacité de raffinage d’essence en France qui est à l’arrêt.

Sans compter que les dépôts de la Mede dans les Bouches du Rhône sont également à l’arrêt. Et que des actions de blocages concernent également d’autres dépôts importants ces derniers jours, comme à Donges.

Le bilan ce 30 décembre c’est

  • Gonfreville l’Orcher (12,3 MT/an)
  • Lavera (10,2 MT/an)
  • Feyzin (5,8 MT/an)
  • Grandpuits (4,8 MT/an)

Soit 33,1 MT/an de capacité de raffinage à l’arrêt, soit 54% de la production maximale possible.

Carte des raffineries de pétrole en France

La carte de la pénurie d’essence et des stations services à sec

Utilisation des stocks stratégiques dès début décembre

Si le gouvernement communique sur le mode “roulez tranquille” il est bien silencieux sur le fait que dès le début du mois de décembre il a autorisé le recours aux stocks stratégiques et même du prendre des mesures – dangereuses – d’autorisation d’allongement de temps de conduites des chauffeurs livreurs de carburant. Même avec ces mesures pour briser la grève, c’est déjà plus d’une station sur vingt qui est à sec, la pénurie est de plus en plus visible, alors que le mouvement vient seulement de s’intensifier sur cette fin du mois de décembre.

Si l’organisation patronale des pétroliers l’UFIP communique sur la taille des stocks stratégiques – 3 mois de consommations – ce qu’elle ne dit pas c’est que la majorité de ces stocks est sous formes de produits non raffinés, qu’une grande partie est stockée dans un unique de dépôt principal près de Manosque géré par la société géosel (9 sur les 14 millions de m3 des stocks stratégiques), et doit ensuite être acheminés vers les 80 autres dépôts et 8 raffineries en grève !

C’est bien parce que le risque général de pénurie d’essence grandit chaque jour que le gouvernement veut à tout pris éviter que les automobilistes se ruent sur les stations services pour faire le plein. Une augmentation même minime de la consommation d’essence rendrait d’autant plus visible la pénurie de carburant. Mais les automobilistes le savent, lorsque les stations seront vides et que les préfectures rationneront la distribution, il sera trop tard pour faire le plein. Trop tard également pour échapper à la hausse des prix liée à la pénurie.