Macron, l’aveu – par le FSC #Coronavirus #Covid-19

MACRON : L’AVEU, par le Front Syndical de Classe – 13 septembre 202

Jusqu’à peu, jusqu’à hier, la gravité de la crise sanitaire était en quelque sorte niée par le pouvoir.

Par exemple sur LCI hier au soir, le ministre de la Santé insistait sur ce qui selon lui distinguerait la France de l’Italie (débordement des services de réanimation notamment conduisant à une importante surmortalité) contre l’avis du professeur épidémiologiste de la Pitié-Salpêtrière Éric CAUMES.

MACRON sous la pression de ceux qui sont directement confrontés à l’épidémie a donc du opérer un  tournant.

Et de préconiser des mesures s’apparentant à celles prises en Italie tout en bénéficiant d’un délai de préparation dont l’Italie a été privée.

La similitude des situations résultant du fait que la France comme l’Italie, sous contrainte européenne, ont soumis leur système de santé à une véritable paupérisation : restrictions budgétaires massives, manque de personnels, fermetures de lits, insuffisance de moyens matériels.

Similitude des situations France Italie …

à une semaine près

Et que donc confrontés à une épidémie pouvant affecter gravement un grand nombre de patients, les risques de saturation des moyens, de débordement des personnels et des services sont grands.

Les choix opérés résultent donc de ce constat fait par le professeur É. CAUMES : un système de santé trop abîmé pour pouvoir encaisser l’étape de la montée en puissance de l’épidémie et d’un pic trop élevé

Afin donc d’éviter au final le scénario à l’italienne, il s’agit de freiner la contamination et d’empêcher l’émergence dans un temps court d’un trop grand nombre de malades atteints gravement et nécessitant l’accès à des équipements à disponibilité restreinte.

L’aveu de MACRON c’est cet incroyable constat dans son allocution:

” Il nous faudra demain tirer les leçons du moment que nous traversons. Interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis  des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour. Interroger les faiblesses de nos démocraties. Ce que révèle d’ors et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges, mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe.

Ce que révèle cette pandémie c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché ...”

Propos proprement hallucinants dans la bouche d’Emmanuel MACRON quand on connait et subit les choix politiques et économiques qui l’ont guidé jusqu’ici,  attaché jusqu’à l’obsession à la casse du modèle social français issu du programme du Conseil National de la Résistance.

Quand on connait son acharnement, après d’autres, à soumettre l’hôpital, l’indemnisation du chômage, les services publics construits précisément sur la gestion des biens communs devant échapper à la loi du marché en vue justement de les soumettre à la loi du marché!

La contre-réforme des retraites illustrant elle aussi cette volonté de placer au moins en partie leur financement sous la loi d’airain du capital et des assurances!

Ce passé récent, cet acharnement à passer en force au 49-3 contre l’avis populaire majoritaire ne nous donne pas confiance dans la parole du président.

L’ombre de la crise du système

Nul doute que la crise économique, la crise financière qui révèle en grand la profonde incohérence du système au regard de l’intérêt général ne peut plus être niée.

Tandis que la dépense publique, le rôle central de l’État, des services publics apparaissent aux yeux de tous comme les instruments indispensables du sauvetage commun.

Mais ses déclarations, cette reconnaissance du temps de crise et de crainte de subir la condamnation d’une politique au service des puissants et de la finance peut nous servir de point d’appui dans la poursuite du combat pour le RETRAIT de la contre-réforme des retraites et pour exiger que les moyens financiers nécessaires et conséquents soient donnés à l’hôpital public “quoi qu’il en coûte”.

OUI, “quoi qu’il en coûte” , mais c’est d’une toute autre politique qu’il s’agit, le contraire de celle dont MACRON, grand commis du capital a été chargé!

Pour les marchés financiers PAS de PROBLÈME : l’argent coule à flot !

L’injection de moyens monétaires considérables par la banque centrale des États-Unis ( la Federal Reserve), 

1.500 milliards de dollars

supplémentaires cette semaine, ne concerne pas les citoyens américains frappés par la maladie et qui, pour le test nécessaire, se voient présenter la facture : de 3 à 4000 dollars !

NON!

Cette injection est destinée au marché monétaire afin de rassurer les ” investisseurs” et pour réduire leurs pertes.

C’est une constante du capitalisme : dans la crise de 2008 les banques ont été renflouées et la facture a été présentées aux peuples et aux salariés, les dépenses publiques pour les systèmes sociaux ( santé, chômage, services publics, …) étant drastiquement diminuées ou appelées à l’être comme pour les RETRAITES!

On voit où cela nous a conduit face à une grave épidémie!

Les classes dirigeantes sont conscientes de ce hiatus, du fossé qui se creuse dangereusement pour leur domination, la française en particulier confrontée à un mouvement populaire actif et mobilisé contre ses choix politiques.

Comme dans le “Guépard” de Lampédusa, il s’agit pour eux de ” tout changer pour que rien ne change “, c’est-à-dire de préserver leur pouvoir et leurs privilèges.

La déclaration de MACRON hier considérant qu’il faut soustraire des biens et des services des lois du marché s’inscrit sans doute dans cette trajectoire.

PAS D’ILLUSION donc!

La crise passée, les manœuvres ne manqueront sans doute pas.

Mais nous pouvons utiliser ces affirmations de temps de crise comme un  point d’appui pour continuer le combat contre la réforme des retraites, les attaques contre les services publics, les fermetures  de postes, d’agences, de gares, les privatisations prévues comme celle d’ADP.

Exiger des investissements MASSIFS dans le système de santé.

Et faire monter l’exigence de NATIONALISATION des secteurs clés, des secteurs stratégiques comme celui du médicament.

Car d’ors et déjà du côté de l’oligarchie transparaît l’idée selon laquelle ” être placé en dehors des lois du marché” ce n’est pas aller vers la propriété collective mais qu’il s’agit seulement de ” réguler” le marché.

L’heure n’est pas à l’ “Union sacrée ” derrière MACRON mais à se saisir de ce à quoi la situation le contraint pour faire avancer les intérêts du monde du travail et préparer les changements radicaux auxquels la crise du capitalisme appelle!

Commentaire de lecteur “Macron, l’aveu – par le FSC #Coronavirus #Covid-19

  1. etoilerouge6
    13 mars 2020 at 22:03

    L’italie comme la France ont des lits équivalents pour 100000 habitants 1,5 Italie, 1,6 FRANCE . Cependant je vois comme frein pour La france , puisque rien n’a été fait que se laver les mains comme ponce Pilate, c’est que la France grâce à ses communes a une population beaucoup moins concentrée que l’Italie donc concentration population amène rapidement, lorsqu’on s’en lave les mains, une diffusion plus rapide du virus. La France ne connait qu’une grande ville Paris, Marseille c’est un gros bourg de chine. La région de Milan a beaucoup plus de villes de plus d’un million d’habitants, les villes de plus de 3 millions et plus st nombreuses en Italie en FRANCE toujours le seul PARIS. Alors la dénomination européiste Métropole montre sa nocivité en masquant la répartition réelle spatio- temporelle, conformément à son histoire, sa politique de la République