Loi Travail : Les syndicats de journalistes dénoncent la partialité de la presse du Capital !

liberté de la presse“Loi travail : violences attendues, “des débordements observés en marge des manifestations”, “Semaine noire : grèves et manifestations contre la loi travail”, “A paris mobilisation tendue contre la Loi Travail” “Loi travail des incidents à Paris Nantes et Rennes” “Loi travail : encore des violences” “Nouvelle manifestation contre la loi travail : tension à tous les étages””Loi travail : Manuel Valls “inquiet” des violences” “ Loi Travail : l’État face à la violence”... voila quelques exemple des gros titres de la presse et des médias tels qu’on peut les observer par exemple sur google actualité ce 18 mai. Rendant bien compte du traitement médiatique partial de l’important mouvement social pour le retrait de la Loi Travail. Un traitement à charge visant à donner une image violente d’une mobilisation totalement et démocratique. Pour faire peur au 75% des français qui sont contre la loi travail et les dissuader de rejoindre les cortèges et la mobilisation. Adoptant quasi systématiquement le point de vue du gouvernement, de sa police. Adoptant en fait tout simplement le point de vue des propriétaires des grands médias, un point de vue de classe, celui de l’oligarchie capitaliste.

De manière emblématique, on pourra citer comme exemple cet article du Parisien – caricatural – voyant le journal envoyer un “journaliste” s’embarquer dans une compagnie de CRS “au cœur de la manif sous un casque de CRS“. Et le journal de se faire le porte parole sans aucune critique de la police. Ou encore du traitement très favorable réservé à l’opération de communication du 18 mai lancée par les syndicats policiers d’extrême droite (Alliance etc) taisant la faible mobilisation (tout au plus quelques centaines de participants) malgré la mobilisation de l’extrême droite

Mais on pourra généraliser. Citation uniquement des chiffres de la police quand il s’agit de rendre compte de l’ampleur de la mobilisation, citation à sens unique des blessés dans les rangs de la police, jamais de ceux dans les rangs des manifestants, quittent parfois à propager des rumeurs alarmantes. Diffusion massive d’images d’affrontement, mais d’aucune des images de violences policières. permettant d’occuper le temps d’antenne des JT et de réduire à la portion congrue le temps de parole donné aux manifestants. Il s’agit bien là de ce qu’il faut appeler une campagne de presse. Soulignant d’autant plus la nécessité de médias indépendants de l’oligarchie capitaliste, de classes, donnant la parole aux travailleurs. A l’image de votre serviteur, .

Sans compter que les violences policières visent régulièrement les journalistes, en particuliers les journalistes citoyens. Menaces, interdictions de filmer ou de photographier font l’objet de nombreux témoignages sur les réseaux sociaux. Jusqu’au préfet de police de Paris tentant d’interdire l’accès aux manifestations à un photo reporter.

Face au manque de distance, à la violation répétée des règles élémentaires de déontologies, et sans aucun doute des pressions sur les journalistes et travailleurs des médias (sans doute un des domaines parmi les plus précarisés et qui aura encore plus à souffrir de la loi travail), les syndicats de journaliste appellent à un sursaut.

PM pour www.initiative-communiste.fr


Traitement médiatique des manifestations contre la loi travail : journalistes, retrouvons les bonnes distances !

De plus en plus de journalistes – des équipes de télévision en particulier – sont expulsés des cortèges par des manifestants, se font bousculer et voient leur matériel jeté à terre. Jugés indésirables par une partie de ceux qui manifestent contre la « loi travail », ils sont considérés comme les porte-parole des pouvoirs politique et économique … et de la police.

Cette méfiance et cette défiance vis-à-vis de ceux qui font profession de témoigner doivent nous interroger. S’il n’est pas acceptable que des journalistes soient agressés alors qu’ils font leur travail, le traitement médiatique des manifestations, avec une focalisation sur les violences et les « casseurs » par les journaux télévisés, toutes chaînes confondues, pose question.

Comme si le gouvernement avait besoin d’auxiliaires pour décrédibiliser une contestation populaire majoritaire dans l’opinion de la loi travail. Le SNJ-CGT regrette que certains journalistes y contribuent par obéissance à leur hiérarchie, par réflexe sensationnaliste, par manque de recul, par négligence des principes professionnels…

Pourtant les règles de notre profession sont claires : « un journaliste digne de ce nom …/… tient la calomnie, les accusations sans preuves, la déformation des faits, le mensonge pour les plus graves fautes professionnelles, …/… tient le scrupule et le souci de la justice pour des règles premières, ne confond pas son rôle avec celui du policier ». (Charte des devoirs professionnels des journalistes français, juillet 1918, révisée en 1938).

Le SNJ-CGT regrette que dans certaines rédactions, les journalistes et leur hiérarchie aient l’indignation sélective à l’occasion des mouvements sociaux. Quand des portiques d’écotaxes sont détruits, les responsables ne sont pas des « casseurs » mais des « bonnets rouges » symboles d’une région en lutte. Quand, après une semaine de mobilisation des agriculteurs, le montant des dégâts se monte
à 4 millions d’euros, on ne parle pas de casseurs mais de « colère compréhensible » d’une population en souffrance.

Rien à voir avec le lynchage médiatique subi par les salariés en lutte de ou d’Air France qui n’ont pas bénéficié, loin de là, de la même mansuétude de la part de la « grande presse ». Cette dernière n’a pas non plus beaucoup rappelé les 8000 emplois supprimés, la fermeture d’Aulnay ou le sauvetage par l’Etat de la banque PSA-finance lors de l’annonce du salaire indécent du PDG de Peugeot (5,2 millions d’euros en 2015). Ou le contrat de compétitivité et les mesures de modérations salariales chez Renault en 2013 qui ont permis à son PDG d’augmenter sa rémunération de 2,6 à 7,2 millions d’euros en un an !

Pour le SNJ-CGT la violence est d’abord celle des salaires indécents des PDG du CAC 40 et d’un système économique qui broie les plus faibles. Il y a bien d’autres violences à rappeler, à interroger et à dénoncer que celles des bris de vitrines d’agences bancaires ou de boutiques de marques de luxe !

Si les journalistes doivent témoigner des violences lors des manifestations contre la loi travail, ils doivent aussi rendre compte des violences policières inacceptables comme les tirs de flash-ball dans les visages, les lancers de grenade de désencerclement en hauteur et non au sol, les coups de matraque sur des manifestants assis, ou la tactique provocatrice de la coupure des cortèges !
Il y a suffisamment de témoignages, de récits et d’images de blessures sur les réseaux sociaux pour que les journalistes trouvent matière à relater de manière équilibrée de la réalité du malaise social qui s’exprime dans les rues du pays.

Montreuil le 16 mai 2016
SNJ-CGT

Communiqués de presse  SNJ : ETAT D’URGENCE : Un journaliste interdit de manif !

Oui, vous lisez bien ! Un journaliste vient de se faire signifier un arrêté préfectoral visant à interdire sa présence et donc l’exercice de sa profession lors de la manifestation de ce mardi 17 mai contre la loi El Khomri.

Les raisons de cet interdit à la Liberté de la presse, du jamais vu, dépassent l’entendement. Le confrère, photographe journaliste, membre du Collectif OEIL (Our Eye Is Life), travaille pour une agence de presse “Newzoulou” qui alimente notamment l’AFP. Ses photos des manifestations ont été souvent publiées.

L’arrêté, “d’interdiction de séjour”, s’appuie sur les dispositions de l’Etat d’urgence et est ainsi motivé :
Il “/../a été remarqué, à de nombreuses reprises, lors des manifestations contre, notamment les violences policières et le projet de réforme du Code du Travail;
– que ces manifestations  ont dégénéré en troubles graves à l’ordre public et notamment des affrontements avec les forces de l’ordre;
– que des groupes d’individus masqués et portant des casques sont systématiquement à l’origine de ces désordres ;
– qu’il y a dès lors tout lieu de penser que la présence de {X} aux rassemblements organisés contre le projet de loi visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs, vise à participer à des actions violentes;
– que compte tenu de ces éléments il y a lieu d’interdire sa présence à la manifestation organisée le mardi 17 mai 2016 conjointement par l’Union Régionale Ile-de-France CGT, FO, SOLIDAIRES, l’UNEF, l’UNL et la FIDL ainsi que place de la République;”

Ainsi donc, les journalistes sont, si l’on suit le préfet, les vrais instigateurs des violences !

Le Syndicat National des Journalistes (SNJ), première organisation de la profession :

– est scandalisé par cet interdit, qui vise simplement à empêcher tout témoignage sur les réalités de ce mouvement ;

– appelle toute la profession à soutenir le confrère ;

– se met immédiatement à ses côtés pour faire lever cet arrêté illégal et révoltant ;

– demande un rendez-vous au préfet de police pour s’assurer qu’une telle atteinte aux droits démocratiques d’informer et d’être informé ne pourra se reproduire.
Paris, le 16 Mai 2016