Les Goodyear ne lâchent rien et ils ont raison

Source: http://www.sitecommunistes.org

Jeudi 11 juin à 4 h 30 du matin, 14 bus dont 4 doubles ont emmené près de 1000 salariés Goodyear au siège social à Rueil-Malmaison en région parisienne manifester contre les 820 suppressions d’emplois prévues sur Amiens.

Face à la provocation, (plusieurs dizaines de cars de gardes mobiles avec un rapport de 3 pour 1 salarié et un quadrillage complet du quartier) les Goodyear dont le slogan « les voyous c’est pas nous » ont répondu aux forces de l’ordre qui bouclaient l’accès de la salle de réunion par des jets d’œufs, de confettis, de tomates et de pétards pendant 4 heures durant.
Plusieurs fois, les gaz lacrymogènes ont été utilisés pour faire reculer les salariés qui demandaient à leur direction des explications sur les 820 licenciements.

Mickaël  Wamen, le secrétaire du syndicat CGT majoritaire  à plus de 85 % chez Goodyear Amiens a annoncé le début d’une procédure juridique afin de faire annuler les 820 suppressions d’emplois, comme l’ont été les 402 prévues il y a 2 ans et que les tribunaux ont refusé (oui messieurs les Américains, en France il y a des lois qu’il faut respecter).

Sur requête de la CGT Goodyear, le plan de 820 suppressions de postes dans l’usine d’Amiens et la suppression de l’activité agraire du groupe en Europe (il n’y a pas si longtemps, pendant une campagne électorale, on nous parlait d’Europe sociale !!!) seront attaqués devant le tribunal de Nanterre où sont assignés les actionnaires américains et Européens qui vont devoir s’expliquer sur la casse de l’usine d’Amiens Nord sous couvert de crise économique.

Toujours sous couvert de crise économique mondiale on assiste à une restructuration des principaux fabricants de pneumatiques (fermeture de Continental à Clairoix, tentative de licenciements chez Goodyear et Michelin),  après Kléber à Turin et l’italien Pirelli en Catalogne. Aux USA, le japonais Bridgestone arrête des productions dans le Tennessee et ferme une usine de 1000 salariés en Alabama.

Pour Goodyear Amiens, une nouvelle réunion de CCE s’est déroulée à Rueil-Malmaison le jeudi 25 juin où la surprise des élus du personnel a été totale devant l’impressionnant service d’ordre en place (n’y aurait-il pas eu de mauvaises informations sur le déplacement de 1000 salariés pour cette réunion ? Ce n’est pas bien de dénoncer ses petits camarades !!!). La direction a vraiment peur de la légitime réaction des salariés. Comme les salariés le disent souvent « envoyez les lettres de licenciements, vous serez obligés de venir nous chercher un par un dans l’usine et nous y sommes chez nous !!! »

Constat est fait que la direction et le pouvoir en place cherchent la provocation, quand  il n’y a pas de CRS il n’y a aucun problème avec les salariés de chez Goodyear. Les responsables de stands du Mondial de l’Automobile à Paris et ceux de la foire exposition d’Amiens peuvent en témoigner.

Après une réunion de CE sur Amiens, où la même déclaration a été faite, rendez-vous est pris à Nanterre le 17 juillet devant la justice.

Les militants du syndicat CGT Goodyear disent avec raison « il n’y a que les combats que l’on ne mène pas que l’on perd » et ils posent plusieurs questions de fond à Bernard Thibault Secrétaire Général de la CGT ; la lutte des Goodyear est une lutte opiniâtre, de tous les instants, sans aucune concession, une lutte anti-capitaliste et le syndicat attend des réponses du Secrétaire Général de leur syndicat.

Extraits de la lettre:

«  Nous trouvons que la situation de notre site, mais également la situation de milliers de salariés en France est alarmante et nous attendons une réaction massive et d’envergure. Les salariés attendent un mouvement qui mettra fin à l’insolence de ceux qui détruisent des milliers d’emplois et autant de vies de famille. La réponse ne reste que des journées de mobilisation épisodiques, éclatées sur plusieurs mois.
Des milliers de salariés attendent un appel à une grève générale et totale et non pas des manifestations encadrées, sur des parcours connus de tous et qui ne servent plus à rien, si ce n’est se faire plaisir et montrer qu’il y a encore des syndicats en France.
Face à l’arrogance de Sarkozy et de son équipe  plurielle qui se moque des manifestations actuelles,  il ne reste que des bases CGT qui luttent pied à pied avec les salariés et qui n’attendent qu’une seule chose, un appel à une action totale. Seule, la CGT peut le faire car la crise actuelle doit avoir en réponse une mobilisation de tous au même moment, ne pas agir serait un crime contre le monde du travail. Les patrons et le gouvernement criminalisent les luttes sociales et nombre de militants CGT se font passer à tabac, sont placés en garde-à-vue et passent en correctionnelle pour avoir défendu les emplois supprimés par les actionnaires.
« Les voyous c’est pas nous », ce sont ceux qui gèrent la crise capitaliste qu’ils ont engendrée et s’octroient des parachutes dorés de plusieurs millions d’euros. La CGT, celle pour laquelle nous sommes devenus militants, doit rester le syndicat qui répond aux besoins des salariés, qui écoute la base, les syndiqués, enfin tous ceux qui souffrent des injustices. Sur nos piquets de grève, sur les blocages de la zone industrielle d’Amiens, sur toutes les actions nombreuses et diverses que nous organisons, des salariés disent « ils attendent quoi la CGT en haut ? »
La régression sociale n’a jamais connu une telle ampleur. Tout le monde est touché, du privé au public, de l’actif au retraité et la jeunesse est bradée sur l’autel du profit.
Quel monde laisserons-nous à nos enfants si nous continuons à laisser faire ?

La conclusion de ces quelques lignes, s’il peut y avoir  une conclusion pourrait être « Nous ne voulons pas vivre à genoux, les seuls combats que l’on perd, sont ceux que l’on ne mène pas ».