Communiqué de la Commission Education du PRCF,

1 décembre 2021,
Signe supplémentaire de la fascisation en marche accélérée de la France, l’Education Nationale vient de suspendre à titre conservatoire un professeur de Lettres, Jean Christophe Peton, au motif qu’il a utilisé la messagerie interne de son établissement pour dénoncer le manque de soutien dont a été victime Samuel Paty.

Cette atteinte à la liberté d’expression est inacceptable et doit être combattue par tous ceux pour qui l’idée de République et l’Idéal démocratique font encore sens.

Cette répression injuste et infondée se double d’une attaque violente contre la Vérité.

Il est incontestable que Samuel Paty n’a pas été soutenu par la hiérarchie de l’Education nationale, cela est établi par des enquêtes journalistiques comme celle du Point, ainsi que par le rapport commandé par le ministère lui-même.

 

Chacun doit en effet savoir, faire savoir que dans le rapport de l’IGEN intitulé « Enquête sur les événements survenus au collège du Bois d’Aulne (Conflans-Sainte-Honorine) avant l’attentat du 16 octobre 2020 », on apprend que :

  • « la principale renseigne l’application « faits établissements », en classifiant les faits comme étant de niveau 3, c‘est-à-dire « d’une extrême gravité », et en indiquant bien les deux aspects de la situation, à savoir d’une part la démarche adoptée par le professeur (qui, à rebours de ses intentions, a choqué des élèves musulmans en leur proposant de sortir de cours s’ils pensaient pouvoir être offensés par une caricature), d’autre part la présence aux côtés d’un parent en colère d’un individu connu comme un militant islamiste cherchant à exploiter la situation. À linverse, dans le cadre prévu par lapplication, la principale indique comme « victimes signalées » « Groupes d’ELEVES » et comme « auteur présumé » « personnel de l’établissement ». La menace de la démarche parentale est donc bien perçue et explicitement exprimée ; en revanche, la classification révèle que le fait retenu à ce stade est celui de la sortie de classe des élèves. »

    Quelle ignoble inversion des valeurs faisant de la victime le coupable ! Est-ce cela que, par une inversion des responsabilités, M. Blanquer essaie de cacher ?

  • « L’échange est ouvert, Samuel Paty a du mal à percevoir qu’en proposant aux élèves de sortir il a fait une erreur, il pense qu’en cela son comportement est conforme aux principes de la laïcité. Toutefois, il est dans une attitude d’écoute. Il perçoit que cette démarche vise à l’accompagner, que le soutien de l’institution lui est réaffirmé même si le contexte mérite une réflexion. Le référent laïcité développe une argumentation autour de deux axes : le fait d’avoir montré des caricatures n’est pas remis en cause ; en revanche avoir fait sortir des élèves pour leur épargner la vue des caricatures, même avec les meilleures intentions et dans le cadre d’une démarche pédagogique construite, est une erreur. Reprenant à l’appui de son propos, les termes de la lettre de Jules Ferry aux instituteurs, il explique au professeur qu’en voulant le contraire, il a « froissé » les familles. »

    Un Inspecteur Pédagogique Régional a donc bien accusé Samuel Paty de commettre une « erreur » et par suite de ne pas transmettre les Valeurs de la République. M Blanquer se permettrait-il d’insulter un mort martyrisé ?

  • On y apprend aussi que toute la chaîne hiérarchique reprend sans aucun recul la propagande islamiste dénonçant un professeur qui aurait visé des élèves musulmans.

    C’est évidemment FAUX et Samuel Paty n’a pas fait sortir de classe des élèves en fonction de leur confession.

  • Enfin, on y apprend qu’à aucun moment Samuel Paty ne fait l’objet d’une quelconque protection, fonctionnelle ou policière. Une protection rapprochée aurait évidemment sauvé la vie de cet enseignant, décapité par un criminel de 18 ans armé d’un airsoft et d’un couteau ! Et ce, alors que Samuel Paty était seul et sans défense hors de l’établissement.

    Nous reproduisons ici le message écrit par jean Christophe Peton dont le contenu est publié dans le journal l’Express.

« Samuel Paty a été assassiné pour avoir défendu l’idée qu’on pouvait rire de tout, même et surtout avec les caricatures outrancières de Charlie Hebdo, parce qu’il n’y a rien de sacré en droit français, dans une démocratie laïque, et que la liberté d’expression ne s’arrête que devant les appels à la haine ou au racisme ou à l’antisémitisme (voire au sexisme) concernant des individus précis et non des clichés », écrit-il. Ajoutant : « Toutes formes de discriminations a priori qui sont évidemment gerbantes si elles ne sont pas humoristiques ».  « Avant d’être égorgé, Samuel Paty a été abandonné par sa hiérarchie, l’Education nationale et ses sbires, et même tancé pour avoir montré des caricatures qui pouvaient heurter X ou Y ou Z, affirme l’enseignant. Cette minute de silence, il faut la faire pour lui, évidemment. Mais ne soyons pas dupes de l’hypocrisie de l’institution et de ses relais. » Jean-Christophe Peton ne s’arrête pas là puisqu’il publie son texte sur Twitter et interpelle à ce sujet le recteur de l’académie de Besançon, Jean-François Chanet.

Nous apportons notre soutien à cet enseignant dont la liberté d’expression est garantie par la Constitution. Il doit être immédiatement réintégré dans ses droits, et doit se voir protégé en tant que lanceur d’alerte.

le système Blanquer qui ne tient que par la distorsion de la réalité, la répression et la peur doit finir.

Le ministre Blanquer qui a failli à protéger Samuel Paty et qui par son action abime l’Ecole publique ciment de notre société doit démissionner.