Jaunisse dans les hôpitaux de Paris ?

Sarkozy et Hirsch directeur des hôpitaux de ParisDirecteur des hôpitaux de Paris, grand homme de « gôôôche » (au sens que les dames patronnesses du PS donnent à ce mot) et… ancien ministre de Sarkozy, Martin Hirsch vient de signer un accord qui aboutit, en échange de quelques miettes qui ne trompent personne, à voler aux hospitaliers surmenés trois journées de RTT par an. Ainsi les hôpitaux parisiens rentreront-ils dans les clous de la contre-réforme hospitalière qui les contraint à devenir rentables pour répondre aux critères de Maastricht, aider au sauvetage sans fin du maudit euro et contribuer au remboursement de la « dette souveraine » que « nous » sommes censés « devoir » aux « marchés financiers ».

HIRSCH-PARISOT -directeur des hôpitaux de ParisNotons d’abord que cet accord sur le temps de travail est ULTRA-MINORITAIRE puisqu’il est signé par un « syndicat » qui représente 15% des agents. Une fois de plus le gouvernement Valls-Touraine, dont dépend Hirsch, montre ce qu’il entend par « dialogue social ». Déjà M. Valls, le « socialiste » préféré du MEDEF (à moins que ce ne soit Macron ?) venait de valider un très douteux « accord » minoritaire sur les salaires des fonctionnaires en violation avouée des règles de représentativité que son gouvernement avait lui-même fixées. Comment mieux prouver que le « dialogue » entre « partenaires » sociaux, pour parler comme la Confédération Européenne des Syndicats, est un leurre qui sert à habiller les contre-réformes maastrichtiennes aux couleurs de la fumeuse « collaboration des classes » ? Où est l’époque si « ringarde » où le syndicalisme de classe et de masse dominait le mouvement ouvrier français et où c’étaient les patrons qui négociaient en retrait sur les revendications des salariés, et non l’inverse comme c’est le cas aujourd’hui, où certains syndicats « négocient » les pires régressions ? Bref, pour le syndicalisme, il est clair qu’il vaut mieux attraper la « rougeole » que la « roséole », ce premier pas vers la franche jaunisse !

manif hôpitaux de ParisSans surprise, c’est à nouveau la CFDT, dont chacun connaît le comportement félon depuis 1995 (défense par Notat du plan Juppé sur la Sécu, acceptation empressée du recul de l’âge de départ en retraite et mise en musique des « décotes », A.N.I., imposition du travail dominical dans le commerce, dénonciation des grèves à la SNCF ou à Air-France, trahison répétée des sidérurgistes lorrains, etc.), qui a poignardé dans le dos la lutte des hospitaliers parisiens. Quel cégétiste tant soit peu décent peut-il encore, dans ces conditions, non seulement défendre le slogan faux du « syndicalisme rassemblé », cet agent orange de l’UE et du patronat qui subordonne le drapeau rouge des travailleurs aux cornes jaunes de la CES et de la CFDT, mais considérer comme acceptable de traiter l’infréquentable confédération CFDT comme un gentil partenaire syndical parmi tant d’autres ?

Non seulement les salariés des hôpitaux de Paris paieront d’un surmenage accru ce nouveau marché de dupes qui, de fait, dilate leur temps de travail alors que les personnels hospitaliers, du médecin aux ouvriers d’entretien, sont soumis à une usante et dangereuse intensité de travail, mais les usagers de l’hôpital public et de la Sécu cesseront de se demander pourquoi la France, qui était la première nation au monde en 1995 pour la qualité des soins et le niveau des remboursements Sécu, a rétrogradé à la 16ème place au terme de vingt ans de mirifique « construction » européenne…

manif hôpitaux de ParisUn syndicaliste CGT-Santé interrogé sur France-Inter déclarait ainsi que désormais, « certains élus CFDT devront raser les murs » dans les hôpitaux ». Sans prendre de gants, ce syndicaliste évoquait même à l’antenne certaine « chemise » patronale qui, toute blanche qu’elle fût à l’origine, est devenue un nouveau symbole du combat des salariés, de moins en moins prêts à mordre au « dialogue social »-bidon et de plus en plus décidés à en découdre avec les casseurs patronaux du progrès social. Messieurs les PDG, MM. les hauts fonctionnaires pro-Maastricht, Mmes et MM. les gouvernants social-médéfiens, écoutez bien la petite chanson qui monte des manifs : aujourd’hui, ils sont nombreux à fredonner ce chant de lutte que devient, moyennant un petit toilettage des paroles, le joyeux refrain : « tombez-la, tombez, tombez la chemise ! ». Et demain, pour effeuiller les profits du CAC-40, nationaliser les banques et sortir de l’euro, de l’UE et du capitalisme, combien seront-ils de salariés décomplexés à coiffer le bonnet phrygien et à se souvenir, non pas des Sans-Chemises, mais des Sans Culottes ?

hôpitaux de ParisQuant au PRCF, sa proposition unitaire et combative fait son chemin sur les réseaux : ce 2 décembre, date de la comparution devant un juge des ouvriers d’Air-France, organisons de manière plurielle une première journée de lutte unitaire contre la répression antisyndicale, contre l’ensemble des « plans sociaux » et des contre-réformes UE/Sarko/Macron. Contactons-nous « en bas » et organisons des prises de parole plurielles devant les préfectures et les chambres patronales, non pour « témoigner de notre mécontentement » mais pour passer ensemble à la contre-offensive.

Et ce sera aussi la meilleure manière de fêter dans la lutte le « tous ensemble » victorieux de décembre 95, le premier affrontement de classes entre les travailleurs de France (et d’Europe) et la très patronale et très dictatoriale UE de Maastricht.

Floréal

Communiqué CGT http://www.sante.cgt.fr/AP-HP-Ripostons-a-la-tentative-de

Communiqué APHP http://www.aphp.fr/contenu/ap-hp-signature-dun-accord-sur-lorganisation-et-le-temps-de-travail-0