Info Luttes – Ouvrons la voie aux succès revendicatifs – n°35 – août 2019

Dans les éditées par le secteur syndicalisme/luttes du PRCF, il est fait la démonstration que les travailleurs résistent aux mauvais coups portés par Macron et son gouvernement aux ordres de l’UE et du MEDEF. Une chose est sûre, la lutte de classes est une réalité dans notre pays, même si les grands médias aux mains des milliardaires relaient en permanence la pensée unique du capitalisme.

Le monarque Macron aux ordres du capital et du MEDEF fait tout pour exploiter toujours davantage les travailleurs. Disparition progressive des CDI – Remise en cause des 35 heures – Attaque en règle contre les conventions collectives, la Sécu, les retraites par répartition, le repos dominical et le code du travail – Atteinte aux libertés individuelles et syndicales dans les entreprises etc., baisse même plus déguisée des salaires et des pensions, augmentation des tarifs des services publics démantelés et privatisés, déclin organisé de l’Éducation nationale et suppression des hôpitaux de proximité, cessation de paiement menaçant nombre de paysans travailleurs…

Pendant ce temps, les profits des grandes entreprises, notamment de celles du CAC-40, ne cessent de progresser et leur PDG empochent des parachutes dorés indécents qui se chiffrent à plusieurs millions d’euros. De plus en plus, la situation de la France ressemble à celle de la fin de l’Ancien Régime, à ceci près que notre pays a perdu toute indépendance, voire toute dignité nationale (Macron rampe littéralement derrière Angela Merkel!) !

Pour changer la donne, pour cette rentrée 2019/2020, il faut arrêter avec ces “journées nationales ” d’action sans but revendicatif clair et sans construction de la grève nationale interprofessionnelle, car ce type d’action parrainé par la C.E.S et par la C.F.D.T., ne fait que décourager les travailleurs. Ce qu’il faut pour contraindre le gouvernement et le MEDEF, c’est une grande grève nationale dans la durée pour empêcher Macron de poursuivre son travail de démolition de notre société ayant comme socle le programme du CNR. Il faut arrêter d’injecter des milliards dans les poches des entreprises du CAC-40 pour soi-disant relancer l’emploi mais qui en fin de compte viennent remplir les poches des actionnaires: l’emploi ne pourrait être relancé que par une augmentation du pouvoir d’achat des ménages, par une politique industrielle et agricole au service de la nation avec la reconstitution d’un fort secteur public démocratisé.

Donc, sans attendre, par la lutte et dans le tous ensemble en même temps, construisons un large Front antifasciste, patriotique, populaire et écologiste pour sortir de l’euro, cette austérité continentale faite monnaie, de l’UE, cette dictature supranationale du capital, de l’OTAN, cette machine à mondialiser les guerres US, du capitalisme, ce système inhumain qui n’apporte plus que casse des libertés, de la France et de la République !

Commission luttes du PRCF – 28 août 2019


Revue de presse : Des luttes et :

1 – Fédération de la Santé et de l’Action Sociale

Source : CGT – 08/082019

Préavis de grève national pour le 23 août 2019. Pour les agents soumis à des services continus et dont les horaires d’embauche et de débauche débordent les jours et horaires précités, le préavis doit couvrir les agents en amont et en aval de ces journées. Ce préavis est valable pour l’ensemble des personnels médicaux et non médicaux relevant des établissements, notamment : Les personnels en lutte, doivent voir s’ouvrir de véritables négociations en vue du règlement des revendications portées par l’action de ces personnels

2– Forte affluence en août pour les guichets des services de la DGFIP toujours dans l’œil du cyclone d’une géographie revisitée!

Source : CGT Finance – 20/08/2019

Cette année, les agents des services d’accueil de la DGFiP assurent la réception du public dans le cadre de la sortie des avis d’imposition, et ce dans un contexte particulier.

Cette campagne de savis intervient alors que les pouvoirs publics continuent de vouloir imposer leur projet de déstructuration des services vendu comme une « géographie revisitée » ou une « déconcentration de proximité ». C’ est aussi la première depuis la mise en œuvre du prélèvement à la source (PAS). Et pour couronner le tout, les premières annonces du projet de loi de finances 2020 laissent augurer une nouvelle baisse en termes de moyens humains et budgétaires.

L’intersyndicale DGFiP, Solidaires Finances Publiques, CGT Finances Publiques, FO DGFiP, et CFDT/CFTC Finances publiques, a pourtant maintes fois alerté les responsables politiques et administratifs sur la situation alarmante de notre administration, tant au regard de la qualité des missions qu’elle exerce et du service public qu’elle rend que des conditions de travail de plus en plus dégradées de ses personnels.

Déjà lourdement sollicités en début d’année, du fait de la mise en œuvre du PAS, les services de la DGFiP en charge de la fiscalité des particuliers voient arriver un nombre croissant de contribuables. Le CIMR (crédit d’impôt de modernisation du recouvrement), les réductions et crédits d’impôts, sont autant de dispositifs nouveaux, dans le cadre de la mise en place du prélèvement à la source, qu’il faut expliquer alors que les services sont au bord de la rupture faute de moyens.

Des moyens qui seront à nouveau en baisse, notamment sur le plan humain, avec une énième saignée de 10 000 emplois sur l’ensemble du quinquennat annoncée à l‘occasion du débat d’orientation budgétaire pour2020. Le ministère des comptes publics, donc essentiellement la DGFiP et la Douane, absorberait ainsi 2/3 des disparitions d’emplois de toute la Fonction Publique d’État !

Enfin, le nouveau projet de transformation de la DGFiP va remettre totalement en cause l’organisation de la DGFiP, sa structuration, les droits et garanties des agents. Ce projet, vendu de façon trompeuse aux élus locaux comme un renforcement du service public de proximité, n’est qu’un leurre. En effet, ces nouvelles cartographies mélangent l’évolution du réseau territorial de la DGFiP « proprement dit » et celle de « points de contacts » généralistes. Parmi ceux-ci, les maisons France service, qui ne sont pas des services de la DGFiP, n’auront vocation qu’à offrir un accès au numérique .

Face à la destruction inégalée de la DGFiP, l’intersyndicale DGFiP Solidaires, CGT, FO et CFDT-CFTC Finances publiques appelle tous les personnels à une mobilisation nationale massive le 16 septembre 2019. Cet appel à une journée nationale de grève sera le point de départ d’une nouvelle mobilisation des personnels de la DGFiP , partout sur le territoire, sous des formes d’actions variées décidées localement en assemblées générales.

3 – Grève aux urgences : le risque de contagion inquiète

Source : L’Opinion 21/08/2019

« UN SERVICE D’URGENCE sur trois est en grève dans les hôpitaux publics, c’est du jamais vu », s’inquiète Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF). Cette grève a commencé le 18 mars à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, suite à une série d’agressions sur le personnel. Elle a fait tache d’huile depuis. 218 services d’urgence sont aujourd’hui en grève d’après le Collectif Inter-Urgences, 195 d’après le ministère de la Santé – certains services en sont sortis et notamment sept d’entre eux à l’Assistance publique des hôpitaux de Paris.

« C’est un mouvement inédit et porteur d’espoir pour la mobilisation », assure Fanny Vincent, sociologue, spécialiste des conditions de travail à l’hôpital. En dépit des 70 millions d’euros débloqués par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, en juin – dont 55 millions pour des primes de risque, notamment pour les personnels non-médecins – et malgré l’arrivée de l’été, une saison où les protestations ont l’habitude de faiblir, le nombre de services en grève a doublé depuis fin juin. « Nous ne lâcherons rien », dit Candice Lafarge, une des responsables nationales du Collectif, aide-soignante à Saint-Antoine. Cette détermination inquiète le gouvernement qui, avec sa rentrée déjà très chargée, aurait voulu vite refermer ce dossier. Si Agnès Buzyn a d’abord mis du temps à réagir, c’est

aussi parce que, comme les Gilets jaunes, le mouvement n’adoptait aucun des codes habituels de la contestation. Les syndicats nationaux ou de médecins urgentistes avec qui les pouvoirs publics ont l’habitude de discuter ont été laissés de côté. Ce sont les soignants eux-mêmes qui ont pris les choses en main et uniquement des paramédicaux, infirmières ou aides-soignantes, sous une forme de démocratie directe.

« Jouer sur l’émotion ». « Le collectif correspond au type de soignants des urgences, des jeunes qualifiés, hommes et femmes, délurés et entre- prenants, mais pas militant au sens classique. La majorité d’entre eux n’est pas syndiquée et il n’y a pas de militant politique revendiqué », analyse Ivan Sainsaulieu, professeur de sociologie à l’université de Lille. Quand la ministre de la Santé a an- noncé ses premières mesures au congrès des médecins urgentistes Sa- mu-Urgences de France, ils l’ont d’ailleurs très mal pris.

Surtout, « ce mouvement de grève bénéficie d’un soutien total, inédit et inconditionnel dans l’opinion : 92 % des Français y sont favorables », selon Gaël Sliman, président de l’institut de sondage Odoxa. « Leur stratégie de communication fonctionne très bien, ils donnent à voir leur quotidien de travail, quitte à jouer sur l’émotion », note Fanny Vincent. Difficile en effet de ne pas se sentir concerné, quand Candice Lafarge par exemple, sur Arte le 14 août, reconnaît « qu’il y a des morts dans nos services d’urgence par manque de moyens. »

« Les Gilets jaunes leur ont servi de leçon, ils ont bousculé la contestation sociale et le mouvement Inter- Urgences, consciemment ou pas, s’en inspire. Ils obtiennent une prime, mais ils ne sortent pas de la grève pour autant, fait valoir Patrick Pelloux, le célèbre président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf). Et en plus, ils réclament des mesures structurelles d’organisation : 10 000 embauches et pas de fermeture de lits. C’est nouveau que ceux que certains appellent les “petites mains” s’intéressent à l’organisation de l’hôpital, c’est dans la droite lignée des Gilets jaunes, qui se sont mêlé de la vie institutionnelle en demandant le référendum d’initiative citoyenne. »

Avec un mouvement bien vivace, le risque d’embrasement n’est pas à prendre à la légère. « Nous cherchons des alliances avec les personnels des maisons de retraite et des Ehpad, avec les services de psychiatrie, avec les associations de patients et avec l’Amuf de Patrick Pelloux, pour intensifier le rapport de force vis-à-vis des pouvoirs publics », explique Candice Lafarge. Les Ehpad comme la psychiatrie ont en effet les mêmes problématiques de salaires et d’effectifs.

Avec les médecins urgentistes de l’Amuf, l’approche est cependant plus prudente. L’idée d’une plate- forme de revendication commune fait son chemin, mais les paramédicaux se méfient. « Il n’est pas toujours facile de porter des revendications communes, l’Amuf demande par exemple que la prime de nuit pour les gardes des médecins soit la même pour les universitaires et les autres médecins, soit 450 euros la nuit. Pour les paramédicaux, compte tenu du montant en jeu, c’est difficile à entendre », reconnaît Patrick Pelloux – une aide-soignante débutante gagne trois fois cette somme par mois.

Autre crainte du gouvernement, que le mouvement n’embrase l’hôpital tout entier. « C’est la possibilité la plus tangible d’extension du mouve- ment. Mais ce n’est pas facile à mettre en œuvre, car plus le Collectif défend les spécificités des urgentistes, plus il s’éloigne des autres. Le côté corporatiste peut refroidir le reste de l’hôpital », analyse Ivan Sainsaulieu. « Nous allons essayer d’entraîner les hôpitaux dans la grève. Nous en parlons chacun dans notre hôpital, il faut que l’idée fasse son chemin », explique Candice Lafarge. Les syndicats traditionnels en rêvent, à l’image de la CGT qui appelle à manifester le 11 septembre. « Ils veulent en faire un combat de l’hôpital public, pour entraîner tout le monde dans un grand mouvement de contestation », dit François Braun, président de Samu-Urgences de France. Pour le moment, il n’y a pas de convergence des luttes avec la CGT ou FO, mais des discussions plus naturelles avec Sud. Le Collectif re- fuse cependant toute récupération et veut rester aux manettes.

Risque politique. Si le conflit s’étend aux hôpitaux, le danger sera autrement plus sérieux. « L’hôpital est depuis de nombreuses années déjà, une véritable poudrière », confirme Raymond Soubie, ex-conseiller social de Nicolas Sarkozy et président des sociétés de conseil Alixio et Taddeo. Avec cet autre risque que le conflit ne s’étende jusqu’aux élections municipales de mars 2020… « Si la grève s’éternise, la question va nécessairement s’inviter dans les débats préalables aux élections municipales. Car sur la question de l’hôpital et des urgences, les maires, également membres des conseils de surveillance des hôpitaux de leur territoire, sont en première ligne et c’est à eux que la population va s’adresser », craint Jean-Carles Grelier, député de la Sarthe, ex-LR et futur Agir.

La ministre de la Santé qui a toute la confiance de Matignon pour gérer cette crise, prend le sujet très à cœur. Elle l’a suivi de près tout l’été et a veillé à ce que les sommes promises en juin soient bel et bien versées aux agences régionales de santé, pour qu’elles les dispatchent ensuite aux services demandeurs. De nouvelles annonces devraient aussi être faites début septembre, suite aux premières propositions issues du rapport qu’elle a commandé au député LREM Thomas Mesnier et au professeur Carli. « A un moment, nous met- trons toutes les parties prenantes au- tour de la table », complète un conseiller ministériel. En attendant, le mouvement poursuit son chemin.

4 – À la fermeture nocturne répond la solidarité

Source : L’Humanité du 21/08/2019 – par Lola Ruscio

À Sisteron, des rassemblements se déroulent chaque lundi devant l’hôpital public pour exiger la réouverture des services de nuit, clos depuis la mi-juillet.

Ils sont nombreux, les citoyens, à déplorer la fermeture nocturne du service des urgences de l’hôpital de Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence). Depuis la mi-juillet, une centaine de personnes se rassemblent chaque lundi soir pour exiger sa réouverture immédiate. La résistance s’organise avec la mobilisation de la CGT, d’élus locaux PCF, de gilets jaunes et de collectifs citoyens.

Les colères foisonnent depuis l’arrêt temporaire des urgences, à partir de 20 h 30 jusqu’au lendemain 8 h 30. « C’est inadmissible ! dénonce Cédric Volait, coordinateur CGT santé pour la région Paca. Le service des ur- gences doit être ouvert 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Tout a été fait à la va-vite, alors que le service tient sur un fil depuis des mois grâce à l’engagement de l’ensemble des personnels médicaux et paramédicaux. Sisteron, c’est une petite ville. L’été, il y a beaucoup d’activités. On répétait qu’un seuil serait atteint, nous venons de l’atteindre. »

Une décision qui « met en péril la santé des malades »

Cette fermeture nocturne intervient à la suite de l’arrêt maladie pour sur- menage d’un médecin urgentiste. Depuis la mi-juillet, la direction de l’hôpital souhaite recruter des rem- plaçants. « Il manque quatre méde- cins pour que le service fonctionne correctement », pointe Cédric Volait.

Sans surprise, ils ne se bousculent pas pour exercer leur activité dans cette petite ville de montagne. En at- tendant, à Sisteron, trois médecins généralistes ont répondu à l’appel de l’agence régionale de santé (ARS) pour effectuer des gardes la nuit. En cas d’urgences vitales, une ligne de service mobile d’urgence et de réanimation (Smur) est opérationnelle. Mais ce dispositif reste largement in- suffisant. « La dernière fois, une petite fille s’est ouvert la tête, rapporte Cédric Volait. Ce n’est pas suffisamment grave pour justifier l’envoi du Smur et en même temps le médecin généraliste n’a pas pu la prendre en charge. Nous sommes obligés de nous rabattre sur les services d’urgences de Gap et de Digne-les-Bains, à environ 1 h 15 de route. Ce qui met en péril la santé des malades. »

« Il faut arrêter de nous traiter comme des sous-citoyens »

Citoyens, syndicalistes et élus locaux craignent une fermeture définitive du service d’urgences. « Tout le monde souhaite la réouverture du service, mais sans recrutements, cela ne sera pas possible », alerte Valérie Clément, secrétaire CGT du centre hospitalier intercommunal. « Le transfert des patients vers Gap sera difficile à assurer sur le long terme, tant l’ensemble des personnels sont déjà au bout du rouleau. »

La responsable syndicale pointe aussi les conséquences désastreuses de la logique comptable, à l’œuvre depuis la fusion des deux établissements. À cette époque, « l’hôpital de Gap avait une dette structurelle. L’ARS a im- posé un plan de retour à l’équilibre, prévoyant notamment une suppression au total de 80 postes », explique- t-elle.

À Sisteron, les manifestants sou- tiennent la grève nationale des paramédicaux, en lutte depuis la mi-mars. Le mouvement s’amplifie et touche aujourd’hui 218 services d’urgences, sans obtenir d’avancées no- tables. Ils réclament toujours l’arrêt des fermetures de lits, la création de 10 000 postes et une revalorisation salariale de 300 euros. Face à la mobilisation historique, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, continue à faire le dos rond.

« Que l’on soit à Paris ou en zone rurale, les personnels souffrent, rap- pelle Cédric Volait (CGT). À Sisteron, la population se sent complètement délaissée depuis la fermeture des urgences et des autres services publics comme La Poste et la trésorerie. » Et le syndicaliste de lancer : « Il faut arrêter de nous traiter comme des sous-citoyens. Il faut arrêter de parler d’économies sur la santé. On se rassemblera devant l’hôpital jusqu’à la réouverture ! » Une nouvelle manifestation est prévue lundi prochain, devant l’établissement hospitalier. ■

5- Les syndicats enseignants prêts à la grève

Source : Le Figaro du 21/08/2019 – par Pauline Verge

ALORS que la première génération d’élèves concernés par la réforme du lycée s’apprête à faire sa rentrée, pour les enseignants opposés à la réforme du lycée et du baccalauréat, la fin des vacances sonne la reprise de la mobilisation. À l’amertume de ceux qui ont perdu leur bras de fer sur la rétention des notes du bac au mois de juillet s’ajoutent des revendications salariales, mais aussi une inquiétude grandissante face aux réformes de la fonction publique et des retraites.

Des préavis de grève concernant l’ensemble du mois de septembre ont d’ores et déjà été déposés « au cas où », bien que rien ne soit encore fixé, explique Jean-Rémi Girard, secrétaire national du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc) et professeur de français à Asnières. Les enseignants doivent encore se concerter localement sur leurs revendications et les forces qu’ils sont prêts à mettre dans cette mobilisation. « Tout dépendra de savoir si le ministre de l’Éducation nationale est prêt ou non à revenir sur certains points de la réforme », détaille Frédérique Rolet, secrétaire générale du Syndicat national des enseignements de second degré (Snes), majoritaire dans le second degré, et pour qui il faut « reprendre entièrement la réforme du bac ».

Malgré ces tensions, Philippe Vincent, secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (SNP- DEN) s’apprête à aborder la rentrée sereinement dans le lycée d’Aix-en- Provence dont il est proviseur : la grève, il « n’y croit pas ». « Il est possible qu’il y ait une résurgence du mouvement au mois de septembre, mais je ne pense pas qu’elle dure », déclare-t-il, estimant que les syndicats ont déjà « épuisé leur capacité d’action, alors que le train de la réforme, lui, ne peut pas reculer ». S’il admet que certains points de la réforme méritent quelques réglages, il s’attend à ce que Jean-Michel Blanquer soit davantage ouvert au dialogue qu’au mois de juillet.

Comme pour prendre les devants, le ministre a convié l’ensemble des organisations syndicales à une prérentrée anticipée le lundi 26 août, cinq jours avant la reprise officielle des enseignants, qui attendent des pré- cisions sur de nombreux points. À commencer par les modalités des épreuves de contrôle continu du baccalauréat censées se dérouler dès le deuxième trimestre au sein même des lycées pour les élèves de première. « En l’absence de sujets types à quelques semaines de la rentrée, on ne sait pas à quoi préparer les élèves », souligne Claire Guéville, professeur d’histoire-géographie à Dieppe et chargée du lycée pour le Snes. « Si la simplification prévue par la réforme se transforme en complexification, on ne s’y retrouvera pas, et ça, Jean-Michel Blanquer le sait », conclut Philippe Vincent.

6 – « Nous ne lâcherons pas ! » – Villeroy & boch V &B Fliesen de la Ferté Gaucher

« Tant que nous n’aurons pas plus d’information sur une offre de reprise, nous ne lâcherons pas ! ». Anthony Pataut et ses camarades ne désarment pas. En dépit de la condamnation de 26 d’entre eux, ces salariés de l’usine V & B Fliesen (ex Villeroy & Boch) de La Ferté-Gaucher entendent bien poursuivre la mobilisation pour sauver leurs emplois.

Depuis le 19 juin, ces salariés empêchaient la sortie de camions de livraison pour protester contre la prochaine fermeture de l’usine et la suppression de 113 emplois.

Assignés en référé devant le tribunal de Meaux par leur employeur, ils ont été condamnés le 14 août à débloquer l’accès la sortie du site, sous peine d’une astreinte de 300 € par jour et par récidiviste. Une décision qui ne leur a été notifiée que mardi par un huissier.

« C’est un moyen détourné de briser le mouvement mais, au contraire, cela nous soude encore plus reconnaît Laurent Blanhard (CGT).

« Une perte de 600 000 € » selon la direction

Par l’intermédiaire d’une agence de communication, la direction se réjouit de cette décision précisant « que ces actions ont entraîné une perte de résultat de près de 600 000 € sur la période ». En plein plan de sauvegarde pour l’emploi (PSE), Anthony Pataut rit jaune quand il entend ce montant. « Si l’usine rapportait autant en deux mois, dont trois semaines de fermeture estivale, elle n’aurait pas besoin de fermer », ironise le salarié.

Autres revendications de ces salariés : être informés de l’avancée de la recherche d’un repreneur et rencontrer un représentant du groupe turc Eczacibasi, propriétaire de V & B Fliesen. « Le cabinet Altedia a simplement envoyé des mails pour trouver un repreneur et seuls quatre offres de reclassement ont été proposées dans l’Eure, dans une autre usine du groupe », dénonce Sébastien Boutrois.

La direction assure qu’elle souhaite « reprendre les termes de l’accord de méthode, signé le 9 juillet pour définir un certain nombre de dispositions plus favorables aux salariés que celles proposées dans le projet de PSE présenté en juin ». Pas convaincus, les représentants de l’intersyndicale CGT-CFTC appellent à une assemblée générale. Elle sera organisée lundi à La Ferté-Gaucher dans un lieu qui reste à déterminer. ■

7 – LA CGT APPUIE LE MOUVEMENT #PasTaPotiche

Source : Communiqué CGT – 23/08/2019

Le 16 août, Alice, hôtesse d’accueil de 23 ans, a lancé sur change.org la pétition « dépotichons le travail d’hôtesse en évènementiel » adressée à Mme Pénicaud, ministre du travail, et Mme Schiappa, secrétaire d’état à l’égalité femmes hommes.

Pétition qui dénonce la déconsidération, le sexisme, les harcèlements et agressions sexuelles dont les hôtesses d’accueil sont régulièrement victimes sur leur lieu de travail.

Parallèlement, elle est aussi à l’origine de l’hashtag #PasTaPotiche qui recueille les témoignages anonymes de dizaines d’hôtesses décrivant un quotidien parsemé de violences sexistes et sexuelles infligées en toute impunité.

A l’heure actuelle, aucune réponse n’a été donnée à cette hôtesse et, derrière-elle, aux 20 000 signatures obtenues en 3 jours.

La Fédération CGT des Sociétés d’Etudes qui couvre l’intégralité des salarié-e-s de la prestation de services dont sont issues les hôtesses d’accueil, apporte son soutien inconditionnel à cette mobilisation et rappelle au gouvernement qu’il s’est engagé à ratifier la convention contre le harcèlement et les violences au travail de l’OIT et à, ainsi, favoriser un « environnement général de tolérance zéro ».

Les hôtesses d’accueil de l’évènementiel et d’entreprises sont des salariées majoritairement payées au SMIC, sous contrat à durée déterminée. Leur métier est l’accueil, la gestion du flux d’une population donnée, invité-e-s ou public d’un évènement, entre autres tâches quotidiennes. Derrière les sourires de façade se cache une précarité savamment entretenue par le cumul des contrats précaires et majoritairement incarnée par les femmes : 90% sont des femmes.

« Sois belle et tais-toi »
Alice, comme tant d’autres, a répondu à ce type d’offre d’emploi « recherche hôtesse d’accueil, anglais courant, excellente présentation exigée » pour payer ces études.

En tant qu’hôtesse d’accueil dans l’évènementiel, elle a été embauchée par une société prestataire de services à l’accueil par le biais d’une des multiples agences réparties sur le territoire. Une agence éloignée du siège social où elle ne retournera que très rarement.

Entre les lignes et les mots utilisés lors du recrutement, les futures hôtesses comprennent que c’est parce qu’elles sont femmes, jeunes et compatibles physiquement avec les exigences de l’agence (taille, poids, âge, origine ethnique) qu’elles ont été retenues ou pas… Peut-on accepter que ces critères d’embauche discriminants connus de toutes et tous soient appliqués et, parallèlement, punis par le code du travail ?

En plus du statut de « belles » hôtesses, ce qu’elles ignorent c’est qu’elles deviennent aussi prestataires d’un service qui sous-entend « soit belle mais aussi… tais toi ». Elles travailleront à demeure chez le client de l’agence prestataire qui l’emploie. Le client deviendra donneur d’ordre et comme le dit l’adage, « le client est roi ». Les hôtesses d’accueil, comme des milliers de salarié-e-s en prestation de service, sont régulièrement victimes de cette relation de travail triangulaire qui les rend vulnérables,créent des situations malsaines et les empêchent de porter plainte de peur de ne pas être soutenu-e-s par la société qui les emploie.

En 2014, et en équivalent temps plein le secteur des services à l’entreprise représentait 14.5 % des emplois du secteur marchand hors agriculture et secteur financier. La législation reste indifférente à la situation de ce salariat.

Mais en plus d’être à la merci d’un client peu soucieux de protéger leurs conditions de travail, elles sont en contact direct avec un public de passage. Surexposée physiquement « à portée de main » de n’importe quel inconnu, l’hypersexualisation de leurs tenues et les fantasmes qui en découlent génèrent en retour de violentes atteintes à leur intégrité physique et morale.

Mais à qui se plaindre du comportement d’un invité VIP ou visiteur lambda quand le client « patron » d’une soirée est tributaire du contentement de ses invité-e-s ? Quel est le poids de la parole d’une hôtesse externe à l’entreprise organisatrice de l’évènement « postée » pour une soirée face au poids d’un invité VIP qui abuse de sa position dominante, mais dont dépend la signature d’un éventuel contrat juteux ? Comment connaître la réaction de l’agence prestataire qui vous emploie face à un dépôt de plainte contre un de ses clients ?

Travail prescrit et travail réel

Si le témoignage d’Alice et des centaines d’autres hôtesses diffusés sur les réseaux sociaux prouvent qu’elles ne sont pas protégées des violences sexistes et sexuelles par leur employeur, il est un autre aspect sur lequel le respect n’est pas de rigueur, c’est leur salaire.

Le recueil de témoignages effectué par notre fédération auprès d’hôtesses d’accueil en entreprise, révèle qu’elles peuvent effectuer plus de 11 tâches différentes au cours d’une même journée, allant de l’accueil physique et téléphonique à l’édition des bons de commandes, location de voiture, répartition des factures, gestion des salles de réunion, des visio-conférences, etc… Un travail d’accueil qui se transforme en travail d’assistante. Une multitude de tâches pour lesquelles elles ne reçoivent pas la rémunération adaptée.

Pour toutes ses raisons, la Fédération CGT Sociétés d’Etudes, de Conseil et de Prévention demande, en toute urgence :

  • La tenue d’une réunion entre partenaires sociaux de la branche de la prestation de service et la ministre du travail Mme Pénicaud, pour protéger les hôtesses d’accueil prestataires des violences sexistes et sexuelles.
  • Mettre fin aux critères discriminants dès l’embauche et faire appliquer la Loi.
  • Ré-évaluer la grille de salaire et les fiches de fonction.
  • Protéger les conditions de travail des salarié-e-s mis-e-s à disposition chez le client