Info Luttes – Les travailleurs n’on rien à attendre de Macron !n° 48 -novembre 2019

Le 22 Novembre, lors de sa visite dans la Somme, Macron , accompagné de la Secrétaire d’État de l’économie et des finances, de  la Préfète, du Président de la Métropole, et du député François Ruffin, a participé à une rencontre avec les salariés de Whirlpool. Lors de l’échange , il s’est engagé à des poursuites pénales pour les entreprises qui ont « fauté. » Il est vrai que les promesses rendent les fous joyeux. Alors qu’il est aux commandes de l’Etat depuis 921 jours et que nombre d’entreprises ont été dans la situation de Whirlpool, il aurait eu le temps si l’intention y était vraiment,  de mettre en œuvre des poursuites pénales contre Ford Blanquefort, ArcelorMittal, General Electric, Ascoval etc . Mais rien de cela . Il s’agit,  une fois de plus,  d’un mensonge d’Etat,  dans le but de calmer la colère des travailleurs de Whirlpool. Les travailleurs n’ont rien à attendre de Macron et de sa majorité pour régler les problèmes industriels et économiques. Ce sont les grands patrons du CAC 40 et les actionnaires qui détiennent le véritable pouvoir en matière industrielle. Ils ne recherchent que le profit maximum et la rentabilité immédiate, n’hésitant pas à fermer ou délocaliser leur entreprise sans se soucier des travailleurs qui, pourtant, sont les réels créateurs de richesse. De plus en plus de travailleurs et la jeunesse en ont assez de la politique anti-sociale menée par Macron et son gouvernement. C’est pourquoi, il faut crier haut et fort le 5 décembre sous les fenêtres de l’Élysée : MACRON DÉGAGE, MACRON DÉMISSION.

LE PRCF et sa commission luttes appellent les salariés de Whirlpool à rester mobilisés et à rejoindre les rangs des manifestants du 5 décembre et au-delà . Ce ne sont pas les cellules psychologiques et les promesses présidentielles qui résoudront le drame social que vivent au quotidien les travailleurs de Whirlpool , de Ford, de Général Electric auxquels nous témoignons toute notre solidarité de classe.

Revue de presse :

Des brèves :

§ – Grève chez Radio France à partir du 25 novembre 2019

Plusieurs syndicats appellent les salariés du groupe Radio France à faire grève dès le lundi 25 novembre 2019. Plus précisément :

  • CFDT, SNJ et SUD appellent à une mobilisation du lundi 25 novembre au vendredi 29 novembre. 
  • UNSA appelle à un mouvement uniquement le lundi 25 novembre. 
  • CGT appelle à une grève reconductible indéterminée à partir du lundi 25 novembre. 

Tous dénoncent le plan de départs volontaires.

§ – Manifestation des agriculteurs de la FNSEA le mercredi 27 novembre 2019 pour exprimer leur ras-le-bol de la profession. Plus de 1000 tracteurs vont converger vers Paris. Ils seront aux portes de la capitale dès 6h du matin.

§ – Manifestations des gilets jaunes (acte 55) le samedi 30 novembre 2019 à Paris et dans toute la France.

§ – Grève générale nationale illimitée à partir du jeudi 5 décembre 2019 (lancée à la RATP et à la SNCF à l’appel de 5 syndicats de la RATP et de SUD-Rail puis rejoint par de nombreuses autres professions, notamment chez Air France). Manifestation à 14h de la Place d’Italie à la Place de la Nation.

§ – Grève des professions libérales (avocats, médecins, pilotes, …) concernant le projet de régime universel de retraite le lundi 3 février 2020.

§ – Grève dans les magasins du groupe Casino le 26 novembre 2019

La CGT appelle les employés de l’enseigne Casino à faire une grève nationale le mardi 26 novembre 2019, pendant la semaine du Black Friday. Le groupe Casino regroupe les magasins Casino, Franprix, Leader Price, Monoprix… Le syndicat s’inquiète des annonces de fermeture et de cession, avec les conséquence que cela pourrait avoir sur l’emploi et les conditions de travail..

Des luttes gagnantes :

A – Ratp, victoire totale pour notre camarade

Source : CGT -19/11/2019

Depuis des années, la direction de la Ratp s’efforce sans succès de décourager Ahmed de défendre les agents qui l’ont élu, quitte à le menacer par voix disciplinaire.

Après un 1er round en 2017, avec une histoire à dormir debout qui remontait à 2013, une sanction de 5 jours de mise à pied ferme lui était attribuée, la justice a par la suite annulé cette décision.

Le 2ème round là encore sans fondement, lui avait valu également 5 jours de mise à pieds.

Les prud’hommes viennent de lui rendre justice au moment où la direction décide d’ouvrir un 3ème round pour des soi-disant blocages de bus du dépôt de Belliard.

Pour la 2ème fois la justice donne raison à notre camarade, la direction enregistre un nouvel échec dans ses tentatives, elle doit cesser immédiatement cette discrimination syndicale.

B – Les victoires se cumulent à la FAPT 58

Source : CGT 21/11/2019

La Poste Centre courrier de Châtillon en Bazois . A l’issue d’une journée de grève et à l’appui d’une pétition aux usagers, le personnel obtient : 

* Un renfort pour les (TI) travaux intérieurs préparatoires et les (TE) travaux extérieurs de distribution, jusqu’à l’appropriation des casiers de tri,

* Le détachement des agents pour mettre à jour leur casier de tri, 

* Un casier de tri supplémentaire pour la tournée « renfort »,

* Le passage de tous les agents du grade le plus bas au niveau supérieur direct,

* Le recrutement d’un CDI…

Des Grèves et Manifestations :

1- Journée d’action mardi contre la précarité étudiante 

Source : L’Humanité du 22/11/2019

Révoltées par le geste de détresse d’Anas K., le jeune Lyonnais qui a tenté de s’immoler le 8 novembre, les organisations étudiantes dénoncent l’inaction du gouvernement et appellent, ensemble, à se mobiliser le 26 novembre. 

A lors, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, se lève et quitte la salle, furieuse. Ainsi s’est abruptement terminée, mardi, la rencontre sur le sujet de la précarité étudiante entre les représentants du ministère et ceux de la FSE (Fédération syndicale étudiante). Il faut dire que ces derniers avaient eu l’outrecuidance de signifier à la ministre qu’ils tenaient le gouvernement pour responsable de la dégradation de la situation sociale de nombreux étudiants, de la détresse que celle-ci entraîne, et donc de la tentative d’immolation, le 8 novembre, d’Anas K., l’étudiant lyonnais (et militant de Solidaires étudiants) – toujours plongé dans le coma. 

La scène en dit long sur la volonté de dialogue de ce gouvernement et sur sa capacité à entendre ce que les citoyens en général, et les étudiants en particulier, souhaitent lui dire. Cela alors qu’Emmanuel Macron sera ce jeudi en déplacement sur le thème de la jeunesse à Amiens, où il doit notamment rencontrer… des étudiants. On ignore s’il fera des annonces sur le sujet, autres que ce que Frédérique Vidal a déjà divulgué mardi, à l’issue de ces fameuses rencontres avec les organisations étudiantes. 

Il s’agit principalement de la création, avant la fin de l’année, d’un numéro d’appel pour favoriser l’accès aux aides d’urgence. Celles-ci, faute d’être connues, sont en effet sousutilisées : « Il reste chaque année un peu plus de 15 millions d’euros », a précisé la ministre, sur un total de 5,7 milliards d’euros. Elle a également annoncé la satisfaction d’une revendication unanime et de longue date des syndicats étudiants : « On va faire en sorte que la trêve hivernale s’applique dans les cités universitaires dès à présent. » Car, aussi stupéfiant que cela paraisse, il est toujours légalement possible de jeter un étudiant à la rue en plein hiver – même si, précise Mélanie Luce, la présidente de l’Unef, « peu de Crous (centre régional des œuvres universitaires) le font, car les syndicats agissent et les personnels des Crous font preuve d’humanité ». 

Ces annonces sont « indécentes », clame Thibaud Moreau, de la FSE, « alors que ce gouvernement ne fait qu’aggraver les conditions de vie des étudiants », les poussant, selon lui, à un « point de rupture ». Mélanie Luce, dont le syndicat a chiffré à 2,84 % l’augmentation du coût de la vie étudiante cette année, indique que « derrière les chiffres, il y a une réalité dure. Nous voyons de plus en plus d’étudiants qui vivent à la rue, dorment dans leur voiture ou sous une tente ». Dans certaines villes universitaires, certains en viennent à louer des Mobil homes – moins chers hors saison – dans des campings. « La ministre annonce la construction de 60 000 logements », indique la syndicaliste, « mais elle ne fait que répéter la même annonce depuis 2017 ! Très peu ont été construits. On nous parle de 30 000 en projet mais en outre, la plupart sont des logements privés, plus chers que les cités universitaires. » De plus, achève Thibaud Moreau, « ces 60 000 logements suffiraient à peine à absorber l’augmentation du nombre d’étudiants ». Cela alors qu’après avoir baissé l’APL (aide personnalisée au logement) de 5 euros, le gouvernement s’apprête à valider un nouveau mode de calcul avec lequel il espère économiser 1,3 milliard d’euros, pris dans la poche des bénéficiaires… 

« De plus en plus d’étudiants sautent des repas faute de moyens » 

L’Unef réclame donc « un plan d’urgence pour les aides sociales », après trois ans de gel des bourses et une simple « revalorisation » cette année, inférieure à l’inflation : pas moins de 20 % d’augmentation des bourses et une croissance significative du nombre de bénéficiaires. L’alimentation aussi est un problème : « De plus en plus d’étudiants sautent des repas faute de moyens », constate Mélanie Luce, qui rappelle que le prix du repas en restaurant universitaire a grimpé de 20 % depuis 2006. Et les Crous, dont l’État rogne chaque an- née les budgets, multiplient les points de restauration type cafétéria, bien plus coûteux. De quoi expliquer le succès croissant des épiceries solidaires sur les campus. « Quand on n’a qu’un euro par jour pour manger, même un ticket de resto U à 3,30 euros est trop cher», commente Thibaud Moreau. Une situation qui explique que, fait rare, l’ensemble des syndicats étudiants (Fage, Unef, Solidaires, FSE…) se soient accordés pour appeler à une journée nationale d’action contre la précarité, mardi 26 novembre. Tout en annonçant qu’ils se joindront, tous, à la journée nationale du 5 décembre sur les retraites. ■ 

2 – Pôle emploi vote une externalisation massive de 120 millions d’euros

Source : CGT

La CGT dénonce le recours à une entreprise privée pour se délester des précaires

Le gouvernement l’avait annoncé, le conseil d’administration de Pôle emploi a majoritairement avalé la couleuvre : l’opérateur va passer un marché de 120 millions d’euros pour des appels d’offre auprès de prestataires. Ce ne sont donc plus les agents de Pôle emploi qui s’occuperont des personnes privées d’emploi mais des salariés d’opérateurs extérieurs. Ces derniers seront chargés « d’accompagner » les salariés précaires – soit 1,3 million de personnes inscrites à Pôle emploi qui travaillent en intérim, en CDD, à temps partiel – en les aidant à trouver un emploi « stable ». Mais qu’entend-on par stabilité ? Un CDD de 6 mois est-il suffisamment stable pour vivre décemment sur le long terme ?

Parmi les membres du conseil d’administration de Pôle emploi, les cinq représentants de l’État et les cinq représentants patronaux ont voté pour cette mesure. La CGT s’est prononcée contre et les autres organisations syndicales se sont abstenues.

Le gouvernement et la direction de Pôle emploi affirment que ces travailleurs précaires ne peuvent être rencontrés que le soir ou le week-end donc en dehors des horaires d’ouverture des agences, ce qui est fort curieux s’agissant de personnes n’occupant pas un emploi à temps plein.

Pôle Emploi a déjà expérimenté cette externalisation sur des dispositifs plus limités et qui ont montré, à plusieurs reprises, que le service rendu aux salariés concernés pouvait être déplorable et coûter plus cher.

En revanche, les opérateurs qui vont se tourner vers ce marché seront intéressés au résultat. Et, dans le contexte de chasse aux chômeurs instaurée par l’alourdissement des sanctions, depuis le début d’année 2019, et le durcissement des règles d’assurance chômage au 1er novembre, les chasseurs de primes pourraient se présenter nombreux.

La CGT dénonce cette juteuse externalisation des activités de Pôle emploi qui se fait au détriment des missions de service public, au détriment de l’activité des agents et au détriment des salariés privés d’emploi ; décidément les victimes préférées du gouvernement.

La CGT appelle tous les salariés, notamment précaires et privés d’emploi, à se mobiliser massivement les 5 et 7 décembre contre ces réformes régressives et exiger de nouveaux droits.