Hollande, Moi, président des patrons

Moi, président des patrons

Hollande moi président des patronsUn président des patrons c’est :

  • un président qui aux propositions du MEDEF demandant en novembre 2013 un “pacte national de croissance et d’emploi”, avec l’ouverture d’un certain nombre de chantiers, et surtout un moratoire sur tous les projets de loi, propositions de loi, qui touchent l’entreprise et l’économie, répond par un « pacte de responsabilité » prévoyant la fin des cotisations familiales (30 milliards d’euros).

Un président des patrons c’est :

  • un président qui répondant aux exigences de l’Union européenne et des marchés financiers d’engager résolument des réformes structurelles comportant une réduction massive de la dépense publique, une réforme de l’état et des collectivités locales répond par l’objectif d’une réduction des dépenses publiques de 50 milliards entre 2015 et 2017, d’une nouvelle loi de décentralisation visant de fait à la suppression des départements, au regroupement des régions et sans doute à la suppression de nombreuses communes.

Un président des patrons c’est :

  • un président qui après avoir désigné la finance comme son ennemi au Bourget durant la campagne électorale s’aligne sur ses exigences bien qu’il le nie. En prétendant que la politique de l’offre qu’il préconise (les cadeaux au patronat et aux entreprises) devrait permettre aux entreprises d’investir et donc de créer des emplois.

Comme si les contreparties jetées en pâture aux syndicats d’accompagnement n’étaient pas un leurre agité pour vendre chaque régression. Ce type de promesse et donc de leurre n’est pas nouveau : déjà en 1974, le chancelier allemand Schmidt affirmait que « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain ».

Musique lancinante reprise en 1976 par Valéry Giscard d’Estaing et son premier ministre Raymond Barre.

On sait ce qu’il est advenu de tout cela avec la montée en puissance au fil des années d’un chômage de masse !

Des politiques qui ont conduit à l’échec et à la crise de 2008 et qu’on nous propose donc de reconduire… et d’approuver !

Un président des patrons c’est :

  • un président qui ment en prétendant que le nouveau “compromis historique” qu’il vise en fait à imposer aux salariés et aux organisations syndicales est destiné à sauver le modèle social français.

En réduisant massivement les dépenses publiques et donc en s’en prenant aux services publics, aux collectivités de proximité et donc aux moyens dont elles disposaient encore jusque-là !

En détricotant selon les vœux de l’assureur et responsable patronal Denis Kessler toutes les conquêtes sociales issues de la Libération et du programme du CNR ?

Commencer par exemple à briser le lien qui unit le financement de la branche familiale de la sécurité sociale et les cotisations sociales (exonération patronale à 100%), c’est commencer à briser le modèle mis en place par Ambroise Croizat.

La cotisation sociale n’est pas un coût. La cotisation sociale est partie intégrante du salaire, y compris la part patronale : y toucher, c’est s’en prendre au salaire avec l’objectif de le faire baisser au nom de la sacro-sainte compétitivité.

Car c’est ouvrir la brèche ET vers la fiscalisation du financement de la protection sociale (TVA et CSG) ET vers la substitution progressive des fonds de pension et des assurances en lieu et place de la mutualisation actuelle.

Un président des patrons c’est :

  • un président qui brandit la dette (que l’on devrait refuser de payer parce qu’illégitime, parce que 100 fois payée, parce qu’instrument de domination des banques et des marchés financiers) pour insuffler la peur et la soumission du peuple et tenter de lui faire accepter les mesures d’austérité présentées comme inévitables et de nature à sortir de la crise.

Un président des patrons c’est :

  • un président qui sur le parking de l’usine Goodyear d’Amiens, le 14 octobre 2011 déclarait :

  “Il faut que face à ces situations où il y a des plans sociaux, des licenciements dont la seule justification est le rendement d’un cours boursier, il faut que la jurisprudence qui maintenant s’est établie puisse être en forme de loi, pour que vous puissiez là, non pas empêcher des licenciements, nous ne les empêcherons jamais dans les entreprises qui connaissant hélas des diminutions de charges ou d’activité. Mais là où il y a la recherche de licenciements pour un seul but boursier, il faut qu’il y ait la saisine d’un tribunal qui puisse suspendre ce plan et obliger l’entreprise et le groupe à revenir dans la négociation et dans la discussion avec les salariés. L’état peut fixer les règles

Et qui à présent détourne les yeux et laisse fermer l’entreprise avec une seule idée en tête : rassurer la multinationale contre des travailleurs qui se battent depuis des années pour leur emploi.

On pourrait multiplier les exemples qui prouvent que , son gouvernement, le parti socialiste sont les gérants loyaux du capital et les meilleurs amis des patrons licencieurs et non pas créateurs d’emplois.

C’est à démystifier cette propagande éhontée qui laisse présager une accélération de l’agression contre toutes nos conquêtes qu’il faut nous préparer dans les entreprises, les établissements et les régions.

En construisant l’indispensable contre-offensive du monde du travail qui seule sauvera les travailleurs et le pays !

Au plan syndical l’appel commun CGT, CFDT, UNSA et FSU concernant l’emploi, le pouvoir d’achat et la fiscalité et appelant à une journée européenne de mobilisation contre les politiques austéritaires le 4 avril affiche une unité trompeuse.

L’action prévue dans le cadre de la CES inscrite dans les illusions d’une « Europe sociale » et qui réitère les manifestations européennes bidons et défouloirs ne correspond pas aux besoins du combat nécessaire qui ne peut consister à réclamer de soi-disant contreparties à la marge.

La direction de la CFDT est le relais du pouvoir en milieu salarié et ne combattra pas les mesures favorables au patronat qu’Hollande veut mettre en place.

La déclaration commune est parfaitement inscrite dans le plan prévu par François Hollande en ouvrant la perspective d’une négociation bidon dans le cadre du « pacte de responsabilité » qui consistera à faire avaliser ses choix libéraux aux dirigeants syndicaux.

Il est donc plus que temps de rompre avec ce genre d’unité mystificatrice qui trahit les intérêts des travailleurs !
Le ,

14 janvier 2014