FILOCHE, T’AS TOUT QUI CLOCHE !

PS de droiteLire ci-dessous l’article écrit par Gérard Filoche, l’éternelle caution de « gauche » du Parti « socialiste ».

Dur d’expliquer aux gens que la « gauche socialiste » veut infléchir la politique du pouvoir dans un sens « socialiste » quand le gouvernement Ayrault se fait conseiller par HARTZ, l’homme qui a piloté la destruction totale de la protection sociale en RFA !

« Ne dites pas à ma mère que je suis encore inscrit au PS, elle me croit pianiste dans un bordel… »

Dimanche 2 février 2014

Le président de la Caisse Nationale d’ Allocations Familiales dément la Présidence de la République. Par Gérard Filoche

Article du blog de Gérard Filoche

Au début François Hollande annonce que 30 milliards de cotisation allocations familiales seront rétrocédées au patronat, à sa demande, dans le « Pacte de responsabilité ». Ensuite il parle de 30 à 35 milliards. A partir de 2017 ! Et en échange il demande des contre parties « chiffrées » y compris en termes d’embauche. Le Medef refuse.

Mais c’est alors que Jean-Louis Deroussen, (CFTC) président de la Caisse nationale des allocations familiales met les pieds dans le plat :

« Faux, rétorque t il. Les cotisations familiales représentent 35 milliards d’euros, dont 5 milliards proviennent de l’Etat en tant qu’employeur et des entreprises publiques (SNCF, EDF…). Le reste est donc censé être financé par les entreprises privées, mais c’est faux : elles ne paient pas 30 milliards de cotisations familiales, seulement 10 milliards. Tout simplement parce que les employeurs paient ces cotisations sur les salaires versés aux employés. Or, ils n’en paient pas pour les salaires au Smic et seulement en partie pour ceux qui représentent jusqu’à 1,6 fois le Smic. Ces exonérations représentent 20 milliards d’euros de cadeau pour les entreprises, que l’Etat paie donc déjà à leur place. Evidemment, les entreprises et le Medef se sont bien gardés de communiquer clairement sur ce point.

L’état n’a donc que 10 milliards a trouver. Effectivement.  Mais rajoute le Président de la CNAF, nous nous interrogeons tout de même sur la pertinence de cette décision. La suppression des cotisations familiales sur les petits salaires n’a pas entraîné la création d’emplois. De même, la baisse de TVA dans la restauration ne s’est pas accompagnée de massifs recrutements…

La ministre des Affaires sociales Marisol Touraine assure que les allocations familiales ne pâtiront pas de cette décision. Mais elle n’évoque pas les crèches ou encore l’allocation de logement (ALF ou ALS), également financées grâce aux cotisations des entreprises. Doit-on s’en inquiéter ?  demande une journaliste Céline Boff.

J’ose espérer que la ministre a évoqué les seules allocations familiales pour simplifier son propos, et non pas parce que le gouvernement envisage des coupes dans nos autres missions. Ce serait d’autant plus dommage que nous venons de signer une convention d’objectif avec l’Etat pour la période 2013-2017 dans laquelle la création de 200.000 nouvelles places en crèche est contractualisée. Mais nous devons bien sûr rester très vigilants.

(Propos recueillis par Céline Boff)

Ou va t on, en fait ? Le CICE devait couter 20 milliards. Le total des exonérations, les aides, à l’emploi, les subventions de toutes sortes aux entreprises coutent déjà 65 milliards. Là, il est question de 10 à 35 milliards.
Gattaz réclame 100 milliards. Toujours sans vouloir promettre d’emplois.

la grande presse ne dit rien, elle commente la météo, tel voyage en Inde, ou  au Vatican, pas les questions essentielles, on n’est pas informés dans ce pays.

100 milliards ça pourrait faire de 3 à 4 millions d’emplois. Eclaircir semble plus que nécessaire.

Et un autre

Echos de la Mutualité du 1er février : réunion nationale des secrétaires de section du PS

Je voudrais ne pas donner un écho trop mauvais de la réunion des secrétaires des sections du PS samedi à la Mutualité.

Ce n’est pas mon œil qui est mauvais, c’est la réunion qui était mauvaise.

J’ai connu depuis 15 ans, certaines de ces réunions pleines et enthousiastes. Là non. Mais c’est vrai beaucoup militent sur le terrain pour les municipales.

De 9 h à 17 h entre Michel Sapin, et Pierre Moscovici, on a eu un mélange de langue de bois et de clichés d’un cru exceptionnel. De 500 au début, on est allé vers 700 à 800 personnes au repas, avec des tablées vides, on a fini a moins de 300, bien avant que Pierre Moscovici ait conclu.

« Libération » a trouvé 5 secrétaires de section qui semblaient approuver et reconnaitre « une politique de gauche, pas révolutionnaire, mais de gauche ».

Pour ma part, tous ceux, nombreux, qui sont venus me parler, à un moment ou un autre, individuellement, se disaient accablés : inventaire :

« Où on va ?

Comment on peut défendre ca ?

C’est une catastrophe sur les marchés.

Ca grogne, partout.

Y’a pas grand monde aujourd’hui.

J’ai voulu parler mais y paraît qu’on peut pas.

C’est pas un débat, c’est cadenassé.

On réunit plus notre section, on n’a rien à y dire de positif.

Les gens ne comprennent plus, mais plus du tout.

On se fait engueuler partout.

Dire qu’on est de gauche, faut le dire vite.

J’y comprends plus rien.

Mais où ils vivent là-haut ?

On n’a jamais voté la baisse du coût du travail.

Faut se secouer sinon on va dans le mur.

Chez nous c’est le bordel à gauche, on a perdu un an à faire la liste maintenant il nous reste plus que février, c’est trop tard.

Quand tu l’ouvres, on te répond pas, et puis tu te retrouves à l’écart sur la liste.

Moi quand je fais du porte à porte, je dis aux gens ce que j’ai envie, surtout pas ce que fait le gouvernement.

Heureusement que c’est des municipales, on peut parler d’autre chose.

Le coup des retraites, c’est pas passé.

Faut les rattraper les militants.

J’ai jamais eu autant de gens partir.

On vous cherche à la télé, ou sur intérêt ca fait du bien quand vous parlez.

Tenez bon parce que nous on craque on a besoin de vous.

Je suis un vieux socialiste, ça fait 30 ans je ne peux plus supporter.

Ils nous prennent pour qui ?

On va gober leurs trucs.

Mais enfin c’est nous qui sommes légitimes, pas leurs discours.

Tu te rends compte Obama augmente le Smic de 40 % et nous on le gèle.

Y’en a marre du discours sur l’Allemagne, faut pas faire comme eux.

Sur l’Europe on va prendre une raclée, ca monte de partout, les gens en ont marre.

T’as vu à Continental, les salariés ont manifesté contre le .

C’est les banques on leur laisse tout faire, moi qui était content au Bourget.

 

Michel Sapin a fait son explication officielle sur l’inversion de la courbe de chômage ratée à 6000 prés, ce n’est pas une promesse, ce n’est pas un pari, c’est un objectif, un objectif vous dis je, on continue c’est déjà inversé pour les jeunes… Il expédie les « travailleurs détachés » en affirmant qu’il a fait « une descente dans un chantier avec l’inspection du travail » (ce qui n’est pas vrai) mais il ne dit pas comment il va s’y prendre avec les donneurs d’ordre, comment on peut faire respecter le Smic brut… Il ne dit pas que demain il va y avoir une grève à 90 % de l’inspection du travail qu’il est en train de casser pour plaire au Medef. Tout est a vau l’au : rien sur l’amnistie des syndicalistes, rien sur les élections prud’hommes, rien sur les salaires, sur le bilan de l’ANI… tout va continuer, on va y arriver, le chômage va reculer, reculer, reculer, bientôt.

Mais on a 6 millions de chômeurs, ça ronge la société, on en crève, mais comment ne rien dire sur la réduction du temps de travail, dans le parti des 35 h ?

Rien sur le fait que rembourser la dette augmente la dette, elle est passée de 85,9 du Pib au départ de Sarkozy à 94, 3 aujourd’hui.

Ensuite les interventions des secrétaires de section 5 ou 6 sur des mini podium au milieu de la salle, sélectionnées par thème (rythmes scolaires, IVG, outremer, emplois d’avenir…). C’est téléphoné. C’est verrouillé, pas débat. On est concentrés sur 3 dimanches à venir : les 23, 30 mars et 25 Mai. Au boulot, pas de critique, enthousiasme, enthousiasme. Faut combattre l’abstention.

Suivent des interventions techniques bienvenues sur le logiciel pour la porte à porte, et une insistance de Christophe Borgel : « abstention, abstention, abstention, c’est la le danger, c’est la le risque, c’est ce qu’il faut combattre ».

Bonne intervention de Patrick Menucci qui semble vraiment habité par la possibilité de gagner à Marseille. Du coup, il en appelle à la symbiose, la de toutes les populations marseillaises, il fait référence à la Commune de Marseille de 1871, et à Jean Jaurès, et il est le plus applaudi.

Une maire de Montdidier fait un excellent topo : elle a fait dans sa commune un parc public d’éoliennes, elle a repris l’eau, les cantines, une chaufferie à bois, soutient les cinémas à 4 et 5 euros, elle prouve en gros qu’en municipalisant tout, elle a fait des économies, rétabli son budget et rendu content ses administrés. Là c’est une vraie ligne de gauche, Patrick Menucci lui demande à haute voix si elle ne veut pas venir à Marseille.

Puis le discours d’Harlem avant la clôture de la matinée. Classique, disons. Il s’en prend a la droite qui veut supprimer le code du travail (l’ l’a voté) mais sans développer l’énormité de ce que ça représente. Il s’en prend a la première vraie manifestation fasciste qui a eu lieu derrière « jour de colère » et désigne le grand danger qui pointe, la salle est attentive, là et applaudit. Il cite l’année Jaurès et l’année de célébration de la guerre de 14. Tendance de plus en plus à utiliser les mots « salut public », « sursaut patriotique » « pacte républicain ». Et justice, et social. Mais pas d’enthousiasme de fond, c’est laborieux. Deux caméras de presse en tout et pour tout, le grand plateau réservé faiseurs d’images, est vide. Applaudissements plus vifs à deux autres moments, l’IVG, le non cumul des mandats.

On va manger, tout le monde se salue, c’est pas gai, comme dans la salle. A table, on fait des photos et on s’échange encore quelques mots d’atmosphère : autre inventaire

Heureusement que vous êtes là, la gauche socialiste sinon on serait partis.

Oh j’aime quand vous passez dans les médias, je vous guette, ca c’est socialiste.

On les cherche les vrais socialistes aujourd’hui.

Vous, vous parlez des salariés, là-haut savent plus ce que c’est.

Bravo tenez bon car sans vous on est mal partis.

Ca nous fait du baume au cœur.

Moi je lis tout ce que vous mettez sur internet.
Je vous suis sur face book, continuez, un je rediffuse tous vos trucs.

Benoit Hamon serre les mains en disant qu’en gros c’est pas lui, c’est pas sa faute, hein ? Mais il est bien au gouvernement qui fait la politique de l’offre, baisse le cout du travail, donne des dizaines de milliards aux patrons pendant que les services publics sont sacrifiés.

Reprendre ensuite la séance sur l’Europe. La salle est moins remplie. Le seul bon moment est le duplex avec Madrid et la manifestation de défense du droit à l’avortement. Le reste c’est Martin Shultz et un mot des « têtes de listes ». Schultz est prudent essaie de se faire local, fait oublier que son parti est au gouvernement avec Merkel, défend un Smic européen (mais pas son harmonisation vers le haut) affirme que « les banques sauvent les banques » et ce n’est pas le contribuable qui les sauve. Il indique qu’il ne faut pas d’austérité… mais ne parle pas de la Grèce, ni de nous, en France, qui adoptons des budgets récessifs. Il ne tire pas le bilan de cette période des 90’ ou il y avait 13 gouvernements sur 15 qui étaient socialistes, PSE et qu’on n’a rien fait que laisser les libéraux tout reprendre en mains. Il insiste surtout sur le fait que c’est le Parlement dorénavant, c’est nouveau, qui désigne le chef de la Commission, et qu’il veut, qu’il peut, qu’il faut qu’il remplace Barroso. Il faut une autre majorité pour une autre Europe. Sinon le 26 mai, il y aura toujours une Europe mais libérale.

Edouard Martin, qui se dit pas socialiste, mais peut être bientôt, qui n’est pas pour la pacte de compétitivité, mais pour une politique industrielle, est bien applaudi. Isabelle Thomas, Pervenche Berès, toutes les têtes de liste disent un mot. Jean Christophe Cambadelis qui a le d’être directeur de parle aussi.

Et c’est pierre Moscovici qui conclut. Il se défend, c’est dur, c’est dur, mais affirme que c’est la faute a la droite, à la crise qu’il faut corriger, redresser, et puis après, après après après… ce sera la justice sociale hein ? … Il insiste, s’auto-justifie, ,tenez bon, ne doutez pas, « on exige des contre parties chiffres, détaillés, secteur par secteur » dans le cadre du pacte de compétitivité : « sans contre parties pas de pacte ».

« Sans contre partie pas de pacte » ? Alors il n’y aura pas de pacte, car le patronat l’a déjà proclamé il n’y aura pas de contre parties. Alors normalement on devrait faire un bras de fer avec le patronat, et leur prendre au moins 50 % des 210 milliards de dividendes dont ils se goinfrent l’an passé… Mais non, ca Pierre Moscovici ne le dit pas, les applaudissements ont été mous quand il a été annoncé, un sur quatre environ, et les gens s’en vont, quand il a fini, les militants se lèvent, mais pour mettre leur manteau, les regards de militants, quand ce n’est pas leurs haussement d’épaules et leur départ précipité, traduisent leur immense scepticisme sur ce qu’a essayé de défendre le ministre de Bercy.

Dehors sur le parvis de la Mutualité, ca se disperse vite, à peine si des petits groupes restent à parler.

On fait une réunion de motion 3 dans un grand café, tous les participants sont exaspérés. On est socialiste, et on est légitimes. Ce qu’on a entendu n’a jamais été voté, on l’a tous ressenti, ca ne passe pas, ca broute, ca bogue, l’immense majorité du parti est contre, l’immense majorité de la gauche aussi, même si elle fait le gros dos en vue des prochaines échéances de mars et mai, mais d’une façon ou d’une autre il va y avoir un renversement, un choc inversant. C’est sur. On prépare la riposte. Il faut savoir dire « non » à la politique de l’offre et à la baisse du cout du travail. Il faut savoir dire qu’on veut la réduction du temps de travail, la hausse des salaires, le partage des richesses et non pas la distribution de nos richesses au patronat et aux actionnaires. Faut pas leur donner nos sous mais prendre leurs dividendes.

Prochaine échéance interne : le séminaire du BN du parti le lundi 10 février.

Une bonne nouvelle, les salariés de Continental (aliments pour animaux) dans le nord à Boulogne, pour défendre leurs emplois sont allés manifester devant le Crédit agricole qui refuse 15 petits millions d’euros qui permettraient de sauver la boite. Complice : le tribunal de commerce, comment se laisse t encore on « juger » par ces faux et opaques tribunaux, on ne les réforme pas ?

Cet article a été écrit par Gérard Filoche, publié le 2 février 2014 à 3:38