Que cache la démilitarisation du service national ? – par Jean Pierre Combe

Madame Darrieussecq, secrétaire d’État, vient d’annoncer à la télévision les premières intentions du gouvernement actuel en matière de .

Une chose est claire : ce service n’aura rien de militaire. La secrétaire d’État souhaiterait qu’il comporte une période d’hébergement en commun, mais n’est pas sûre qu’une telle période soit incluse dans le futur service.

De quoi sera-t-il donc fait, et à quoi servira-t-il ?

Les échanges entre le journaliste et la secrétaire d’État, qu’il est bien difficile de qualifier d’entretien ( ni même d’« interviou » ) tant le journaliste a fait preuve d’incompétence professionnelle en coupant la parole de son interlocutrice chaque fois qu’elle sentait la nécessité d’apporter une précision, ont tout de même permis au téléspectateur que je suis de comprendre que notre gouvernement cherche à y insérer toutes sortes de services qui apparaissent fort utiles, ou même nécessaires, mais que la société française, dans son état actuel de délabrement, n’assure pas ; ont été mentionnés, très vite et en désordre, des services aux personnes, des « secours aux voisins ».

Mais une chose ressort du chaos de cette annonce : c’est la prétention à utiliser ce « service national » pour inculquer à la jeunesse de notre pays, que le gouvernement présente aujourd’hui comme idéologiquement dispersée et incertaine, un cadre moral commun validé par le gouvernement ; c’est la volonté d’encadrer la jeunesse dans une institution qui lui imposera un cadre idéologique préfabriqué dans le plus haut niveau des coulisses du gouvernement, c’est-à-dire par le plus haut niveau de l’empire capitaliste dont nous voyons ainsi qu’il a pris réalité, et qu’il la manifeste par le gouvernement de Monsieur Macron.

Ce cadre idéologique, c’est le service de l’empire capitaliste : que restera-t-il de national à ce service ? Pas grand-chose en vérité.

Par contre, il est nécessaire de rappeler ici deux précédents : celui du « service du travail » ( arbeitsdienst ) de l’Allemagne hitlérienne, et son équivalent de l’Italie mussolinienne : fâcheux précédents qui confirment toutes nos dénonciations de la fascisation de notre régime de gouvernement, de la marche au fascisme qui nous est imposée, au point que nous sommes en droit de craindre qu’elle soit en train d’aboutir…

26 janvier 2018