80km/h sur les routes, privatisation des radars : liquider la sécurité routière et taxer les français !

Déploiement massif de radars embarqués mis en œuvre par des sociétés privées et maintenant projet de réduction de la vitesse sur les routes à 80 km/h, le gouvernement a dans son viseur les automobilistes. Il est vrai que le nombre de morts sur les routes stagne (environ 4000 par an) et même s’il poursuit sa diminution (5,8 morts par milliards de kilomètres parcourus en 2016  soit -2% par rapport à 2015 et près de trois fois moins que les 15,6 en l’an 2000) on demeure très loin de l’objectif 2020 fixé par la Commission Européenne à la France d’avoir divisé par deux le nombre de morts sur les routes en France.

Dans le même temps, il n’a pas échappé aux dizaines de millions d’usagers de la route en France que les annonces du gouvernement relèvent toujours d’une même politique de tout-répressif ne concernant qu’un seul facteur celui de la vitesse. Une politique de l’amende et du tiroir-caisse : le gouvernement veut une hausse de 25% du montant des amendes collectées grâce aux radars automatiques qui devraient ainsi attendre le montant record de près de 850 millions d’euros en 2017, soit l’équivalent d’une taxe de près de 20 € par véhicule et par an.

C’est pourquoi nombre de nos concitoyens ne manqueront pas de faire le rapport entre les deux décisions mises sur la table par le gouvernement : diminuer la limitation de vitesse sur les routes et augmenter le nombre de radars et cet objectif de très forte croissance des recettes issues des radars !

Morts sur la la réalité des chiffres :

A l’opposé des discussions de comptoir, quand on veut parler de sécurité routière, le mieux est d’abord de regarder en face la réalité et pour cela le mieux c’est encore de se pencher sur les chiffres. www.initiative-communiste.fr s’est procuré les chiffres détaillés de l’Observatoire National Interministériel de la .

En 2016, il y a eu 59 432 accidents corporels en France, causant 75 127 victimes, dont 3 455 morts et 26 568 blessés graves.

Ces chiffres pour terribles qu’ils soient infirment totalement l’idée répandue par le gouvernement  qu’il y aurait une augmentation de la mortalité sur les routes de France. Dans le détail, l’ONISR précise les causes des accidents mortels:

  • la vitesse excessive ou inadaptée est – selon les forces de police – la première cause d’accident mortel (citée dans 31% des cas)
  • l’alcool est cité comme cause principale de 19% des accidents mortels, et 29% des décès interviennent alors qu’au moins un des conducteurs impliqués dépasser le taux légal d’alcoolémie. Les stupéfiants sont cités comme cause principale dans 9%, mais 22% des accidents mortels impliquent un conducteur testé positif
  • Le non port de la ceinture concerne 20% des morts
  • les refus de priorité (13%) et l’inattention notamment liée au téléphone (9%) sont des causes principales importantes d’accidents mortels
  • 14% des tués sur la route le sont dans des accidents impliquant des poids lourds.

La plus grande partie des accidents mortels se produit en virages (40%).

S’agissant des lieux d’accident, la majorité des morts est causée par des accidents intervenant sur les routes ( 2188 morts) ou en agglomération (1019) mais en baisse de respectivement 15,9% et 10,1%  tandis que le nombre de morts sur les autoroutes est plus faible (270) mais en augmentation depuis 2010 (+5,5%). Bien sûr le nombre de morts en lui même ne signifie pas grand chose du risque que représente chacun de ces types de routes. C’est pourquoi nous l’avons  rapporté au nombre de kilomètres de chaque type de route. Il apparait ainsi que ce sont les autoroutes et les routes nationales pour lesquels le nombre de morts rapporté à 1000 kilomètres est le plus élevé. En tenant compte du nombre de kilomètres parcourus sur chacun de ces types de voies (179, 22 et 384 milliards de km respectivement pour les autoroutes, routes nationales et autres routes d’après les chiffres du Ministère des transports pour 2017), il ressort que les risques les plus élevés sont sur les routes nationales ( 13,7 morts par milliards de kilomètres parcouru, contre 1,5 sur autoroute, et 7,6 sur les autres types de voiries). On remarquera que la vitesse de circulation bien plus élevée sur autoroutes ne conduit pas à une élévation du niveau de risque tordant le cou au raccourci un peu rapide vitesse = danger. En effet, la conception et l’entretien de l’infrastructure sont également des facteurs importants du risque routier. A titre d’illustration, le ministère des transports estime qu’un carrefour giratoire – les fameux ronds-points – permet de réduire par deux le nombre de morts par rapport à un carrefour classique.

Politique anti populaire ou sécurité routière ?

Privatisation et liquidation de la sécurité routière, c’est comme cela que l’on peut résumer la politique de sécurité routière des gouvernements de ces dernières années. Au tournant des années 2000, après une forte baisse du nombre de victimes sur les routes obtenues grâce à l’important travail de prévention, d’amélioration des véhicules et de l’infrastructure (suppression et protection des obstacles, création de milliers de carrefours giratoires ou dénivelés etc…), le renforcement des contrôles routiers a permis de faire diminuer les vitesses. En revanche l’automatisation et la privatisation des radars n’aura en définitive pas permis de maintenir le rythme de la baisse de la mortalité. Son résultat n’aura été que l’augmentation importante des montants d’amendes collectés et des pertes de points.

Le rapport 2017 de l’ONISR précise noir sur blanc les objectifs qui doivent être ceux de la politique de prévention routière pour diminuer efficacement la mortalité sur les routes de France :

“L’objectif de réduire de moitié la mortalité routière entre 2010 et 2020 impose d’agir sur l’ensemble véhicule-infrastructure-usagers et d’utiliser l’éducation routière pour réduire les comportements à risque, et cibler les usagers surreprésentés :

  • les jeunes de 18 à 29 ans, 25,8 % de la mortalité, mais 14,0 % de la population ;
  • les deux-roues motorisés, 21,1 % de la mortalité, 43 % des blessés graves, mais 1,9 % du trafic ;
  • les piétons et cyclistes, 20,7 % de la mortalité, et 26 % des blessés graves. 52 % des piétons tués et 41 % des cyclistes tués ont 65 ans ou plus.
  • les seniors de 65 ans et plus, 25,5 % des tués, et dont la population est en forte augmentation du fait du vieillissement de la génération du « baby boom ». ” ONISR Bilan 2016 – publié en 2017

Aucune de ces priorités ne sont concernées par la première mesure prise par le régime Macron – privatiser et augmenter le nombre de radars automatiques en service – et maintenant réduire à 80 km/h la limite de vitesse sur route. Pour autant le gouvernement poursuit dans une politique toute répressive et de diminution des vitesses de circulation qui montre pourtant dans les faits toutes ses limites puisque le nombre de morts sur les routes ne diminue plus franchement. Un ingénieur du ministère des transports, dépité, nous explique qu’au lieu de travailler sur les trois éléments constitutifs du risque routier usagers/véhicules/infrastructures, la politique de sécurité routière qui n’a plus d’interministérielle que le nom puisqu’elle est désormais entièrement confié au ministère de l’Intérieur ne repose désormais plus que sur la chasse aux “infractionnistes”. Une politique du chiffre qui ne se pose pas la question du traitement des causes – y compris en termes d’investissement dans l’infrastructure – mais ne cible que les usagers à travers une pluie d’amendes. Une politique dont l’efficacité n’est pas jugée à l’aune de la réduction du nombre d’accidents mais de celle de l’augmentation du nombre de PV et des millions rentrant dans les caisses de l’Etat et qui est parfaitement résumée dans les conclusions d’un rapport de 2016 de la Cour des Comptes faisant le point sur le montant rapporté par les amendes.

« A l’avenir, ce produit ne devrait plus croître, ce qui témoignerait d’ailleurs de l’efficacité de la politique de “contrôle-sanction” en particulier, et de sécurité routière en général ” Cour des Comptes – 2016

Une approche comptable par le nombre de PV qui explique les mauvais résultats de la sécurité routière :  cet ingénieur remarque que l’arrêt de la baisse du nombre de morts sur les routes correspond exactement au moment où la politique de sécurité routière a été transférée aux policiers et a quitté le ministère des transports. On ne peut donc que pointer du doigt le décalage entre les priorités du gouvernement – augmentation du nombre de radars automatiques associée à la diminution de la vitesse sur les routes – et la réalité de terrain. Rappelons qu’en dix ans, la vitesse moyenne sur les routes a nettement baissé, passant de plus de 85 kilomètres/heure en 2004 à 78 kilomètres/heure en 2014 et d’après les chiffres de la sécurité routière les grands excès de vitesse, de plus de 30 km/h, sont devenus très marginaux (moins de 0,2 %). Pourquoi donc le gouvernement tient-il à s’attaquer à une diminution de la limitation de vitesse sur les routes au nom de la sécurité routière ? L’exemple de l’Allemagne où la mortalité routière est plus faible et ses routes limitées à 100 km/h démontre que cette approche punitive n’a pas grand sens. Qui plus est en France, la problématique est plutôt celle de l’augmentation de la mortalité en agglomération et d’usagers vulnérables (piétons et cyclistes) : et ce d’autant plus que ce sont des modes de transport qui devraient être largement développés. La mortalité sur route hors-agglomération a elle diminué de 17% depuis 2010

De fait, et cela tous les rapports le démontrent, ce dont le pays a besoin c’est d’abord d’un investissement dans l’infrastructure et l’entretien des routes. La dégradation accélérée du réseau routier national – à mesure que les gouvernements successifs en raison de l’euro austérité ont diminué les moyens des Directions Interdépartementales des Routes – ainsi que du réseau routier départemental – qui comprend l’essentiel du réseau routier depuis le transfert en 2003 de la plupart des routes nationales aux conseils départementaux est en effet alarmante. La liquidation du service public de l’Equipement – de 130 000 fonctionnaires au début des années 2000, il ne compte désormais que moins de 50 000 fonctionnaires avec la liquidation notamment des DDE – n’est pas sans effet sur la capacité à conduire une politique efficace de sécurité routière et de transport. Et la casse de ses centres d’expertises et d’ingénierie (Laboratoire Central des Ponts et Chaussées qui transformé en un établissement public l’IFFSTAR est désormais exsangue, la casse du Sétra centre d’expertise des routes et autoroutes prélude à la création il y a 5 ans d’un autre établissement public le CEREMA qui vit une crise sans précédent avec un plan social prévoyant la suppression de centaines d’emplois de spécialistes…) ne va pas améliorer les choses. Pas plus que la privatisation en cours du Réseau Routier National : le gouvernement travaille ainsi dans le plus grand secret à la transformation en une agence des différentes DIR qui ont la charge des routes et autoroutes gérées par l’état et non encore privatisées. Une transformation en agence qui est le prélude, chacun le sait à la privatisation. Un scandale qui viendra s’ajouter à celui de la privatisation des autoroutes par le gouvernement De Villepin il  y a une dizaines d’années !

La sécurité routière doit passer par une vraie politique de transport, et notamment de développement des transports en commun

Diminuer à 80 km/h la vitesse sur les routes nationales c’est prendre le problème par le tout petit bout de la lorgnette. En effet, il serait bien plus pertinent de conduire une politique différentiée de limitation de vitesse permettant de réduire de façon plus pertinente les limitations de vitesse dans les zones dangereuses et d’accompagner ces limitations de vitesses d’investissement sur l’infrastructure pour rendre la route moins dangereuse. L’ingénieur du ministère des transports que nous avons pu interroger cite par exemple des mesures ciblées qui ont fait leurs preuves et permettent de réduire la mortalité de plus de moitié, et qui sont d’ailleurs disponibles sur le site internet du ministère des transports

  • traitement des obstacles latéraux (suppression ou protection par des dispositifs de type glissières)
  • transformation de carrefour en giratoire
  • aménagement des accotements et création de pistes cyclables séparées
  • affectation de la voie centrale des routes à trois voies, séparation physique des sens de circulations

Un autre rapport du ministère des transports souligne que le facteur principal d’accident sur les routes hors agglomération est la présence de virage dangereux (40% des accidents) et tout particulièrement les virages prononcés isolés, les enchainements d’un virage facile et d’un virage prononcé ainsi que les virages se resserrant. Bien sûr la diminution à 80km/h peut permettre de réduire la gravité des accidents liée aux tracés des routes, mais il semblerait plus pertinent de rétablir les moyens suffisants dans nos services publics pour mener les analyses de sécurité routières et conduire les aménagements pertinents afin de réduire réellement les risques  : de fait ce type de politique permettrait d’ailleurs de conduire le cas échéant des abaissement des limitations de vitesse qui en étant clairement compréhensibles seraient pleinement acceptés et participerait d’une élévation générale de la prise de conscience du risque routier et donc de l’amélioration des comportements individuels. Cette pédagogie apparait en réalité totalement absente, la politique du régime Macron étant la stigmatisation des individus et la répression des libertés individuelles à travers la mise en place de flicage généralisé à tout les niveaux et dont la répression routière n’est qu’un aspect. On peut ici rappeler les projets de censure de l’internet ou encore l’état d’urgence généralisé.

Le gouvernement veut se racheter une conduite en faisant diversion sur la sécurité routière

Au moment où le chômage ne baisse pas, on peut s’interroger sur les motivations de la mise en œuvre de ces mesures polémiques et impopulaires ? Ne s’agit il pas de faire diversion et de se poser en zorro de la route pour un gouvernement qui apparait comme ne se préoccupant que de distribuer des milliards aux riches ?
Car en réalité, à part faire sauter des points sur les permis et rentrer des millions dans les caisses de l’état, on peut douter de l’efficacité réelle de la baisse à 80km/h de la vitesse sur les routes.
D’autant qu’il faut rappeler que le premier acte de Macron s’agissant de politique de transport aura été de faire augmenter la part modale des autocars, réduisant d’autant celle du train, un mode de transport pourtant incomparablement plus sûr – et propre – que la route…
Il y aurait en effet bien un moyen pour faire diminuer de façon importante le nombre de morts sur les routes, augmenter massivement l’offre et la qualité des transports en communs en développement le service public. L’exact opposé de la politique conduite par le régime Macron, on le voit avec les graves dysfonctionnements qui affectent la SNCF. Une entreprise ultra rentable – on parle de plus de 2 milliards d’euros de bénéfice en 2017, qui licencie à tour de bras et transporte moins de voyageurs et quasi plus de marchandises…

On peut en tout cas s’interroger alors que les 20 000 morts par accidents domestiques en France ne donnent lieu à aucune campagne d’aucune sorte de la part du gouvernement. Et pourtant un nombre important de ces morts, concernant notamment des jeunes enfants, pourrait être évité en renforçant les mesures de prévention… Mais les mauvaises langues observeront que l’on ne pourra pas mettre de radar automatique dans les cuisines et que cela ne fera pas gagner près d’un milliard d’euros en amende au gouvernement… Et puis cela ne fait pas partie non plus des ordres donnés au gouvernement français par Bruxelles…

JBC pour www.initiative-communiste.fr
l’info par et pour les travailleurs. Abonnez vous et partagez sur les réseaux sociaux !

edité : 10/01.2017 – corrections de coquilles.

 

7 Commentaires de lecteur “80km/h sur les routes, privatisation des radars : liquider la sécurité routière et taxer les français !

  1. Aurélien Djament
    8 janvier 2018 at 21:15

    Ce texte dit pas mal de choses pertinentes, mais comment peut-on en arriver à prétendre que”le gouvernement a dans son viseur les automobilistes” ? L’auteur de ce texte n’a-t-il rien compris à la politique de transports du gouvernement pour écrire pareille contre-vérité ?
    Pourtant, comme le texte le rappelle lui-même (et d’autres articles pertinents sur le site d’IC), Macron et ses sbires s’acharnent avec véhémence contre les transports collectifs, notamment ferroviaires… Et les seules mesures soi-disant écologiques en matière de transports ne consistent pas à les favoriser mais à subventionner les automobiles individuelles électriques, tout en développant le réseau autoroutier (c’est punitif pour les automobilistes, peut-être ?) en parallèle du massacre à la tronçonneuse du réseau ferroviaire… On ne fait même plus semblant, comme à une certaine époque pas si lointaine, de développer un peu les transports en commun ou la marche à pieds, il est redevenu officiel que le seul transport qui a les grâces du macronisme est la voiture automobile individuelle (ou “partagée”… mais toujours mille fois plus individuelle qu’une voiture de chemin de fer).
    Certes, l’abaissement à 80km/h de la limitation de vitesse sur les routes est une mesure très secondaire pour la sécurité routière, mais :
    – serait-elle vraiment plus “punitive” que les limitations de vitesse sur le réseau ferré (qui est infiniment plus dégradé que le réseau routier, et a bénéficié de beaucoup moins de lignes nouvelles que ce dernier, sans parler les fermetures massives de lignes que les automobilistes ne connaissent pas : qui est la vraie cible du gouvernement ?) dus à son déficit d’entretien, où des milliers de kilomètres de voie connaissent des ralentissements bien plus brutaux que passer de 90 à 80 (ex. depuis 2 ans passage de dizaines de km de la grande ligne Nantes-Bordeaux à 60km/h, contre 100 à 140km/h auparavant) ?
    – Outre un effet légèrement positif sur la sécurité routière, l’auteur de l’article semble oublier que le passage de 90km/h à 80km/h réduit légèrement la consommation de carburant, d’où moins de pollution.

    Quant à parler de “tout répressif” sur les routes, est-ce une plaisanterie ? (Que propagent systématiquement les fascistes, favorables à la mansuétude pour les chauffards – comme pour les patrons – mais vraiment favorables au tout-répressif, pour les travailleurs et les opprimés.) J’invite l’auteur de ce texte à se promener quelques kilomètres à vélo ou à pieds dans n’importe quelle grande ville de France et à compter le nombre d’automobilistes qui mettent sa vie en danger en rendant un trottoir ou une piste cyclable impraticable par leur stationnement sauvage, en forçant le passage aux piétons sur les passages protégés, en rasant les cyclistes pour les dépasser, etc., et à compter combien d’entre eux se font verbaliser.

    Oui, la politique de Macron en matière de transports est une monstrueuse politique de classe, mais pas tout à fait au détriment des automobilistes… La mesurette sur les limitations de vitesse, qui est certes une diversion, mais au moins va plus dans le bon sens que dans le mauvais, ne change rien à un océan d’acharnement anti-ferroviaire, pro-automobile et pro-aviation. Et la moindre des décences, surtout pour un communiste, consisterait à mettre en regard les contraintes imposées aux automobilistes et celles imposées aux usagers du rail, aux piétons ou aux cyclistes, et avoir l’honnêteté de faire la part des choses, qui montre clairement que l’immense majorité des contraintes pèse sur ces derniers qui pourtant ne mettent la vie de personne en danger et causent une pollution et un encombrement de l’espace public négligeables par rapport aux premiers.

    1. - -
      8 janvier 2018 at 22:24

      Pourquoi opposer mesures punitives du régime contre les usagers populaires des transports, que ce soient ceux des réseaux routiers nationaux et secondaires non privatisés ou ceux des transports en commun ? de fait les autoroutes privatisées sont les grandes gagnantes de cette politique, qui ne conduira aucunement à une diminution du trafic automobile. L’article souligne a raison que la baisse de la limite de vitesse à 80 km/h n’a pas de but écologique. On peut en effet préciser que l’optimum écologique est à 70 km/h, mais cela limiterait les poids lourds… responsable de près de 10% des morts sur la route.
      On ne peut que difficilement nier que le contrôle permanent, automatisé et privatisé des usagers de la route est une première étape du contrôle permanent, automatisé et privatisés de l’ensemble des déplacements. Le fait est que les exemples données d’infractions dangereuses montrent bien tout le décalage entre ces contrôles ne visant que le respect de la seule règle de la limitation de vitesse, tandis que les contrôles des autres règles du code de la route et notamment celles visant aux respects de l’ensemble des usagers est totalement inexistant.
      Surtout, la limitation à 80 km/h des routes bidirectionnelles si elle apporte une contrainte nouvelle aux automobilistes ne retire rien des contraintes pesant sur les autres modes de transports et ne participe absolument pas d’un rééquilibrage des parts modales de transports vers le transport en commun qui serait a contrario une vraie politique de sécurité routière. Ce que souligne d’ailleurs très explicitement l’article. A l’évidence ce serait une tout autre politique que celle de la baisse des limitations de vitesse sur route si elle était accompagné d’un développement des transports en commun. Mais là c’est tout l’inverse qui est fait : une politique frappant en premier lieu ceux qui – privés de trains notamment dans les campagnes – sont obligés de se déplacer en voiture pour travailler.

    2. Jean-Pierre
      9 janvier 2018 at 22:06

      Je doute que vous soyez ingénieur dans le domaine des l’énergie car il est faux de prétendre que la consommation au km est moindre à 80 km/h qu’à 90 km/h !

      Et c’est même absolument mensonger à moyen terme, car un moteur qui tourne à 80 km/h, ou à bas régime va s’encrasser et son rendement, affaibli va engendre une usure prématurée et une mauvaise combustion, qui auont pour effet de polluer plus.

      L’article est parfaitement documenté et argumenté et met en exergue les vraies motivations de ce gouvernement.Une diversion sur la sécurité routière tout en taxant les automobilistes qui , au nombre de km parcourus, sont avant tout des salariés qui paient de leur poche non pas leur Porsche mais leur moyen de se rendre à leur travail.

      Comme les particules fines sont avant tout engendrées par les freins, je suggère à Macron d’interdire les freins on respirera mieux…

      Les bouchons autour de Paris accrus suite aux mesures d’Hidalgo de fermer la voie Express polluent.

      Je pense aussi votré réaction motivée par un anticommunisme de mauvais aloi : car l’article ‘n’est pas hostile au rail et c’est vraiment faire un mauvais procès… digne de Lipietz cet écolo qui voulait qu’on aille au boulot … en bateau (à Venise, OK , mais dans la RP…, c’est du délire démago) et qui s’est allié à un extrémiste de droite pour faire basculer Villejuif … qui est à présent un chantier pas très écolo ..

      1. - -
        10 janvier 2018 at 00:29

        Le sujet est polémique et passionné : cela ne doit pas conduire à ne pas garder un ton ouvert et respectueux pour mener un juste débat – absolument nécessaire – sur les questions écologiques qui sont un enjeux majeur pour les communistes alors que l’exterminisme capitaliste met gravement en danger l’humanité en détruisant notre écosystème et en épuisant les ressources. Au moment où des camarades sont durement réprimés en Pologne, en Ukraine, dans les pays baltes, et ou en France des milliers de syndicalistes subissent des procès politiques iniques, il faut savoir raison garder et ne pas user du qualificatif “d’anticommuniste” de façon un peu outrancière. Etre pour ou contre la limitation de vitesse à 80 km/h n’est pas une question de communisme ou d’anticommunisme. Attention camarades à ce que l’on écrit…
        En publiant cette analyse et les réactions qu’elles suscitent le but de la rédaction n’est pas de diviser les travailleurs mais de nourrir la réflexion de tous pour défendre ensemble des propositions communistes. Ne nous départissons pas de l’indispensable dialectique pour faire de la contradiction le moteur du progrès.
        S’interroger sur les motivations de ce coup de com’ gouvernemental, de la nature de la politique de sécurité routière d’un gouvernement qui n’a effectivement que la répression comme leitmotiv dans tous les domaine, n’est absolument pas incompatible bien au contraire avec la nécessité de défendre haut et fort le développement d’un vrai et solide service public nationalisé de transports en commun, pour tous et partout. Et notamment le développement du chemin de fer. Qui est une priorité du PRCF et un engagement qui est celui de son journal initiative-communiste.fr.

        Une précision technique de la rédaction : la plupart des voitures consommeront un peu moins de carburant à 80km/h qu’à 90 km/h, non pas en raison d’une amélioration du rendement du moteur, mais en raison de la diminution des accélérations nécessaires pour maintenir cette vitesse moyenne plus faible d’une part, d’autre part en raison de la diminution des forces de résistance aérodynamique. Ces dernières augmentant généralement au carré de la vitesse. Cela dit, si la motivation était écologique, il serait dans ce cas logique d’abaisser la vitesse de circulation des poids lourds à 70 km/h au maximum et également d’abaisser la vitesse sur autoroute.

    3. 10 janvier 2018 at 13:07

      Merci pour cet article, en effet la soit disant lutte contre “l’insécurité routière” et la “délinquance routière” au même titre que “l’écologie punitive” et “l’obsolescence réglementaire” (interdiction des véhicules anciens), comme l’abaissement de la vitesse sur route à 80kmh…, joue le même rôle…”Utiliser le contrôle de la “santé” pour prendre le contrôle des corps et des esprits !”…La méthode : “Emmerder chaque jour le peuple avec tout et n’importe quoi, pour qu’il perde de vue les fondamentaux qui font son existence”…Et la société qu’ils nous préparent !
      Les usagers de la route sont en permanence « sous pression » …Les yeux rivés sur le compteur et le bord de la route, guettant le képi ou le radar, redoutant l’amende, le retrait de points, l’annulation du permis. Le système est bien rodé, personne ou presque n’y échappe ! (sauf ceux qui comme les ministres ont un chauffeur), cette répression permet de culpabiliser et fragiliser psychologiquement la population ordinaire non délinquante. Cette menace permanente restreint ses capacités de prise de conscience, de mobilisation collective et d’action sur des sujets plus graves (comme ses conditions de vie, par exemple)…Cette répression conduit en fait au repli sur soi et à la passivité.C’est en cela que la politique dite « de sécurité routière » est instrumentalisée et détournée de son objet et utilisée comme une diversion paralysante. De même qu’un enfant battu devient craintif et aboulique, les usagers de la route, (hormis les motards !?) loin de protester, se font une raison et courbent l’échine…Mon point de vue ici : http://www.frico-racing.com/2015/05/securite-routiere-et-guerre-psycologique.html

  2. ROBERT Benjamin
    9 janvier 2018 at 15:46

    Chassons définitivement de nos têtes que la politique française de sécurité routière vise le bien commun. Ca se saurait depuis le temps. Le slogan de sécurité routière ? Tous coupables !
    Plus sérieusement, ce qui coûte de l’argent est remisé au fond du tiroir, ce qui peut en rapporter outrageusement mis en exergue.

    Cessons de dire qu’on est pour ou contre la délinquance routière (quel sens?) si on n’est pas d’accord avec telle ou telle mesure, que certains sont plus vertueux que d’autres…certes mais on verra toujours des abrutis sur la route ne respectant rien ni personne. La nature humaine est ainsi faite et à cause d’une minorité c’est la majorité qui morfle et prend en pleine face les dommages collatéraux d’une politique routière ultra-répressive.
    On n’empêchera malheureusement pas un irresponsable de rouler à contresens, à un type ivre de renverser des passants ou un inconscient d’avoir une vitesse inadaptée ou à un salarié de devoir prendre sa voiture.

    Je constate simplement que ce que je dénonçais à l’époque où je militais dans une association de motards se produit : la vitesse est réduite quand le produit du racket routier est insuffisant. On n’aménage pas les zones dangereuses, on cultive les zones à forte opportunité financière.

    Je roule tous les jours sur des routes rurales (pas de bus, pas de train, encore moins de mongolfière). La nuit ou par temps de pluie la route est dangereuse. Ca coûterait trop cher d’avoir un marquage au sol propre, des balises sur les accotements et des repères réfléchissants pour ne pas se mettre dans le fossé ? J’ai une vieille guimbarde qui ne dépasse pas le 90 (je n’ai pas les thunes pour m’en acheter une super moderne qui tourne sur batteries)! Des branques j’en croise tous les jours mais ce n’est pas pour autant que j’approuve les mesures répressives. Je ne fais pas l’éloge de l’individualisme, du pollueur ou du délinquant ! Je repense à la (très) mauvaise entrevue de ce jour sur Europe 1 (je sais…) vers 6h20 où la question posée est (en gros) « avez-vous la recette miracle contre la mortalité sur la route ? ». A part empêcher tout le monde de rouler je ne vois pas. Quel est l’intérêt de cette question? On en revient toujours pour des questions multiples à un dualisme journalistique simpliste et stupide : si tu n’es pas pour c’est que tu es contre, blanc ou noir, fromage ou dessert ? La question est à qui profite le crime. On nous sert l’argument humaniste (moins de morts) et écologique (moins de pollution) alors que seuls prévalent les intérêts des sociétés privées par le contrôle privatisé !

    J’enrage simplement quand on nous oppose toute amélioration des infrastructures pour des motifs comptables en préférant systématiquement nous montrer la matraque. Le plus symptomatique de cet esprit foncièrement répressif est la façon dont les schmidts se planquent pour contrôler la vitesse. S’ils n’ont pas l’art du camouflage ils ont le sens du traquenard.

    Si on veut mettre en parallèle cette limitation avec les transports en commun ou l’aménagement rural on s’éloigne, à mon sens, de la véritable portée de cette mesure purement budgétaire.

    Je vous adresse mes salutations les plus fraternelles !

    1. Julien
      10 janvier 2018 at 19:54

      Cessons ensemble de payer nos PV.
      Le gouvernement veut s’en prendre à notre porte monnaie, alors faisons de même.
      Jamais les services de l’etat ne pourront suivre…
      La désobéissance civile est un devoir quand la population est raquettée.
      Il n’y a qu’ensemble que nous serons forts…