5 mars la convergence étudiants, lycéens, travailleurs en marche contre le #49.3 la #LPPR et les #E3C

En dépit du 49.3, de la répression et de la menace du coronavirus et d’une météo particulièrement défavorable, ce sont des manifestations fournies qui ont défilé partout en France pour obtenir le retrait des contre-réformes mises en œuvre par le régime Macron sous l’égide de l’Union Européenne et du MEDEF: par points, et du lycée, privatisation de l’Université et de la recherche, même causes, mêmes effets. Et c’est pourquoi les manifestants de ces différents secteurs se sont retrouvés ensemble dans la rue.

De fait, la contestation monte très fort dans la jeunesse, dans les et les facs, mais également parmi les enseignants et chercheurs de l’Université particulièrement remontés contre la LPPR. En témoigne l’appel à la mobilisation lancé par le président de la Sorbonne que nous reproduisons plus bas.

Évidemment les militants du PRCF et des JRCF étaient en action, comme le montre les tweets pour ne donner que cet exemple des jeunes camarades de Toulouse.

les manifs vues avec le compte twitter du PRCF

Le président de l’Université de la Sorbonne appelle à la mobilisation contre la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche #LPPR

Cher.e.s collègue.s,

Cher.e.s étudiant.e.s,

Les propositions présentées dans les trois rapports préparatoires à la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) et les informations ayant filtré des rencontres entre la Ministre de l’Enseignement Supérieur et les organisations syndicales provoquent une inquiétude légitime au sein de notre communauté. Cette inquiétude, en tant que Président de la Sorbonne Nouvelle, je la partage car je m’oppose fermement à toute remise en cause des fondements du système de financement de la recherche publique en France.

En pareil contexte, et à l’encontre de plusieurs des préconisations contenues dans ces trois rapports, je tiens à vous redire mon attachement à une université de service public, et à vous confirmer mon opposition à toute mise en concurrence des établissements d’enseignement supérieur, des unités de recherche et des chercheur.e.s.

Si l’objectif est d’augmenter la part de notre PIB consacrée à nos activités scientifiques, au delà des effets d’annonce, de renforcer durablement celle-ci, les solutions présentées, au cas où elles seraient retenues, iraient à l’encontre de l’effet escompté. Depuis trop longtemps, la recherche fondamentale est négligée au profit d’une logique de performance immédiate. Depuis trop longtemps, les modèles et les temporalités qui régissent les sciences exactes et expérimentales sont artificiellement plaqués sur les ALL-SHS. 

Là où les mesures envisagées consistent à concentrer les moyens, renforcer une logique d’appels à projets et introduire un nouveau dispositif d’entrée dans la carrière universitaire avec les tenure tracks, il me semble à l’inversenécessaire de donner la part belle aux crédits récurrents et de réhabiliter le temps long d’une recherche prise en charge, dans des conditions plus sereines, par des enseignants-chercheurs fonctionnaires.

En tant que Président d’université, je considère que ma mission est de combattre sans relâche toutes les formes de précarisation qui frappent les métiers et les carrières de l’enseignement supérieur et de la recherche ainsi que nos étudiant.e.s. 

Afin qu’un débat le plus ouvert et constructif possible puisse s’engager au sein de notre communauté, je souhaite, en accord avec toute l’équipe présidentielle, organiser deux temps forts, de réflexion et d’échanges : une journée banalisée le jeudi 5 mars prochain ainsi qu’une demi-journée d’étude sur les enjeux des réformes en cours. Et vous pouvez compter sur moi pour relayer nos préoccupations auprès de la CPU et de nos tutelles.

Bien cordialement,

Jamil Jean-Marc DAKHLIA

Président de l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3