Thomas Sankara: Le révolutionnaire communiste Africain

Par Pierre Olivier Poyard du PRCF

Qu’est-ce qu’un communiste ?

Le terme de communiste est aujourd’hui galvaudé, vu les renégats, rejetons du réformisme, qui s’en réclament (HUE, GAYSSOT). Thomas SANKARA, président du Burkina-Faso (la Haute-Volta) de 1983 à 1987, héros et martyr de la jeunesse africaine, nous donne lui une idée plus claire et plus distincte du communiste, celle du marxiste-léniniste.

Le ML ne veut rien de très compliqué:

« Notre révolution n’aura de valeur que si nous pouvons dire que les Burkinabè sont un peu plus heureux »:

la révolution c’est le bonheur. La conquête du pouvoir n’a pas d’autre but que celui d’une vie meilleure, réponse des masses laborieuses exploitées aux crimes du capitalisme impérialiste. Le communiste porte cet espoir des masses: c’est leur héros.

Le ML est incorruptible:

« Terreur et vertu », il va jusqu’au bout. Jusqu’à la mort s’il le faut: de héros il devient martyr. SANKARA fut sacrifié le 15 octobre 1987 aux vautours de la « Françafrique », lors d’un complot compromettant des responsables français (Chirac, Foccart, Mitterrand, Penne), des dictateurs africains (Houphouët-Boigny, Eyadema, Kadhafi), des services secrets, des réseaux maffieux (dont l’IS, l’Internationale Socialiste), des mercenaires (Charles Taylor) autour du traître corrompu Blaise Compaoré, aujourd’hui président milliardaire du Burkina et ami de la France bourgeoise.

Le ML s’approprie l’histoire de l’émancipation humaine et en tire les leçons nécessaires.

A l’école de Marx et Lénine, SANKARA a appliqué, en leader charismatique mais démocrate, par le centralisme démocratique, les principes du communisme: lutte contre les ennemis de classe (« le capitalisme international (…), le bourgeois en Haute-Volta »), contre l’impérialisme (lire le discours sur la dette à Addis-Abeba en juillet 1987); internationalisme avec le Nicaragua, Cuba (« une révolution-soeur »), la Palestine, les militants noirs d’Amérique (« notre maison blanche se trouve dans le Harlem noir »); organisation de la jeunesse par « les pionniers développement du secteur public nationalisé et du travail des fonctionnaires sous contrôle des CDR (Comité de Défense de la Révolution) sans nouvelle classe privilégiée; planification économique par le CNR (Conseil National de la Révolution) de grandes campagnes populaires et volontaristes (comme « la bataille du rail ») ou patriotiques (produisons et consommons Burkinabè) basées sur la mobilisation des masses. Souvent à l’avant-garde: écologiste (campagne de verdissement du sahel) et féministe (journée des hommes au marché), SANKARA le communiste africain avait 20 ans d’avance.

Le ML organise la mobilisation populaire de masse, base de toute révolution: comités de sans-culottes en 1789, soviets en 1917; au Burkina, les CDR, lieux de pouvoir populaire, remplacent police, justice et armée: c’est le peuple en arme. « Nous affirmer marxiste-léniniste… c’est quelque chose qu’il faut mériter. »: plus que tout autre, SANKARA le méritait, cet africain exemple pour les révolutionnaires du monde entier.

Pour en savoir plus:

Bruno Jaffré, Biographie de Thomas SANKARA: La patrie ou la mort…, l’Harmattan, 2008; www.thomassankara.net

Pierre Olivier Poyard