communiqué du PRCF

Très médiocrement représentatifs de la population française et européenne*, les euro-parlementaires s’étaient déjà odieusement signalés le 16 septembre 2021 en votant une résolution infame plaçant sur un pied d’égalité le Troisième Reich et son principal vainqueur militaire, l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Cette résolution ignoble osait en effet renvoyer dos à dos les nazis et les communistes, elle validait les persécutions anticommunistes en Europe de l’Est et, en fait de défense des libertés, elle appelait même à demi-mots à l’interdiction liberticide de l’emblème ouvrier et paysan du communisme sur tout le territoire de l’UE!
Comment s’étonner alors si ces mêmes euro-parlementaires chasseurs de sorcières qui fraient avec des pouvoirs fascisants et cléricaux (Pologne, Hongrie), voire ouvertement nostalgiques des nazis (Pays baltes, Ukraine, Croatie…), prétendent récidiver à l’encontre de Cuba socialiste ce 16 décembre 2021? En réalité, rien de ce qui est anticommuniste, contre-révolutionnaire, pro-impérialiste ou sourdement fascisant, n’est étranger à cette sorte de gens qui, en Europe, promeuvent l’austérité salariale sans fin, la casse des services publics, le démontage des protections sociales et la fin des souverainetés nationales et populaires.
Sous prétexte de soutenir un groupe de contre-révolutionnaires « cubains » inféodés à l’impérialisme nord-américain et euro-atlantique, le « Parlement » européen prétend maintenant accentuer les ingérences grossières de l’impérialisme euro-atlantique dans les affaires internes de la République de Cuba, c’est-à-dire d’un Etat souverain membre de l’ONU qui, malgré les conditions financières et économiques terribles que lui impose depuis soixante ans le blocus étatsunien, est à l’avant-garde de l’Amérique latine et de tout le monde opprimé en matière de recherche biomédicale, de santé publique et d’éducation. Un pays de taille très modeste qui donne un exemple au monde entier en matière de lutte contre la covid 19 en étant capable de vacciner toute sa population avec un vaccin endogène. Un pays où toute la population a récemment participé à la réécriture de la Constitution. Un pays dont la force dirigeante, héritière de la grande histoire révolutionnaire cubaine et aguerrie par des décennies de luttes patriotiques et internationalistes (y compris dans les luttes de décolonisation en Afrique et dans la chute de l’apartheid en Afrique australe), le parti communiste, est étroitement lié au peuple travailleur cubain et aux luttes anticapitalistes et anti-impérialistes de la planète. Un pays qui donne l’exemple en permanence en matière écologique et environnementale.
Bien entendu, les euro-parlementaires anticommunistes n’ont jamais eu un mot de condamnation contre l’inhumain blocus US anti-cubain qu’ont encore alourdi Trump et Biden (en pleine pandémie: bel exemple d’humanisme!). Bien entendu, ils n’ont jamais stigmatisé les énormes violations des droits humains en Amérique latine et dans le monde à l’instigation de Washington, à commencer par l’existence de l’ignoble bagne de Guantanamo, le seul endroit occupé par les USA où l’on torture et détient des hommes sans jugement. Bien entendu, ces euro-parlementaires indignes sont les mêmes qui voudraient bien intégrer à l’UE-OTAN le fascisant régime ukrainien, où les communistes sont pourchassés, les syndicalistes brûlés vifs et les nazis célébrés. Comment alors s’étonner si de tels personnages, fort peu représentatifs en réalité des travailleurs de France et d’Europe, sont plus affairés à tenter de déstabiliser Cuba socialiste en manipulant des personnes dénuées de toute dignité nationale, qu’à sauver la vie de dizaines milliers de migrants qui meurent aux frontières de l’UE, qu’à donner du travail aux millions de chômeurs européens et qu’à défendre la paix avec les voisins de l’UE inféodée à l’OTAN?
En juillet dernier, des centaines de milliers de Cubains patriotes sont descendus dans les rues pour casser les manoeuvres de Washington et de Miami et pour proclamer « Les rues appartiennent aux révolutionnaires ». La tentative télécommandée depuis Miami de déstabiliser l’île a de nouveau totalement échoué le 15 novembre dernier. La tentative des USA d’utiliser son vassal européen échouera également devant la volonté inébranlable du peuple cubain de rester un peuple digne, souverain, défendant pour toute l’humanité le drapeau du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes contre tous les Empires afin de construire une société libre, égalitaire et fraternelle, une société socialiste en marche vers le communisme.
Plus que jamais, face à un euro-parlement qui n’est que le masque pseudo-démocratique de la casse des souverainetés populaires, y compris de la souveraineté française, les véritables communistes, progressistes, patriotes républicains et autres internationalistes de France se souviendront du mot du député français Georges Hage: « au XIXème siècle, tout républicain avait deux patries: la sienne et la France. A notre époque, tout humaniste véritable a deux patries: la sienne et Cuba socialiste ».
* Rappelons que le parlement européen donne des leçons de démocratie alors qu’il est « élu » avec près de 50% d’abstention, et une large majorité dans les milieux populaires. Rappelons que ce chiffre de 50% n’est dépassé, quand il l’est, que parce que le vote est obligatoire dans plusieurs pays de l’UE. Rappelons enfin que le peuple français a voté à 55% des voix contre la constitution européenne, ce qui en dit long sur la popularité réelle des institutions européennes dans notre pays.
Fadi Kassem et Georges Gastaud, secrétaires nationaux du Pôle de Renaissance Communiste en France, le 15 décembre 2021
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Ci-dessous le communiqué de l’Ambassade cubaine en Belgique.

Bruxelles, 14 décembre 2021 – L’aile droite du Parlement européen promeut à nouveau un débat sur « la situation à Cuba », programmé pour ce jeudi 16 décembre dans le cadre de la session plénière de ce mois.
Comme prétexte, les organisateurs argumentent la prétendue situation d’un groupe de citoyens qui ne sont ni des défenseurs des droits humains à Cuba, ni des représentants de la majorité de la population cubaine. Ce sont des personnes qui répondent aux intérêts explicitement énoncés par le gouvernement américain. Leurs actions visent principalement à obtenir un « changement de régime » à Cuba, à renverser l’ordre interne et à déstabiliser le pays, coûte que coûte .
Les débats sur Cuba ont été présents dans trois des six dernières sessions plénières du Parlement européen. C’est le seul pays d’Amérique Latine et des Caraïbes dont on a autant parlé pendant cette période. Ceci démontre la singularisation, la manipulation de la question des droits humains et le double langage de ceux qui l’utilisent avec un arrière-plan politique marqué. Une telle attitude discrédite encore davantage l’image du soi-disant foyer de la démocratie européenne.
Aucune des dernières résolutions approuvées sur Cuba n’a la moindre décence de mentionner l’impact du blocus criminel économique, commercial et financier, imposé par le gouvernement des États-Unis depuis plus de six décennies et qui s’est intensifié de manière génocidaire et préméditée au milieu de cette pandémie.
Si les députés européens qui ont promu cette nouvelle manœuvre anti-cubaine s’intéressaient vraiment aux droits humains du peuple cubain, ils dénonceraient d’abord la violation flagrante et systématique que représente la mise en œuvre du blocus. Ses effets extraterritoriaux affectent, de la même manière, les intérêts des entreprises et des citoyens européens que les membres du Parlement européen devraient représenter.
Malgré l’impact de cette politique hostile qui étouffe et qui tue, et les faibles ressources dont le pays dispose, Cuba a réussi à contrôler la pandémie et a pu produire ses propres vaccins, grâce auxquels plus de 90% de sa population a déjà été immunisée. Cuba est devenu le premier pays au monde à vacciner les enfants de plus de deux ans. Une fois de plus, cette réalité et bien d’autres seront omises par la droite dans le débat sur Cuba jeudi prochain.
Évidemment, cette manœuvre anti-cubaine vise une fois de plus à entraver les relations bilatérales entre Cuba et l’Union européenne, et à saper la mise en œuvre de l’Accord de Dialogue Politique et de Coopération entre Cuba, l’Union européenne et ses États membres. Le dialogue sur un pied d’égalité, selon le principe du respect mutuel, de la non-ingérence et de la coopération, constitue la base appropriée pour renforcer les liens entre les deux parties.
Comme l’a dit le ministre des Affaires étrangères : « Ni les menaces ni le chantage ne nous arracheront la moindre concession politique ». Seul le peuple cubain peut décider de son destin.