Mexique : une plainte déposée pour violation de la liberté syndicale à l’usine GM de Silao

La solidarité internationaliste est un impératif gagnant pour les travailleurs. Pour exploiter toujours plus et préserver ses profits, la classe capitalistes ne cesse à travers ses traités de libre échange de mettre en concurrence les travailleurs les uns contre les autres. C’est l’objet même de l’Union Européenne sur le vieux continent. Mais des mécanismes semblables sont évidemment à l’œuvre outre atlantique dans la zone de libre échange nord américaine impliquant le Mexique, le Canada et les USA. Permettant tout particulièrement les délocalisations au sud du Rio Grande dans des conditions sociales désastreuses. La récente mobilisation autour de l’usine Tridonex, produisant des pièces automobiles pour le géant américain General Motors est un exemple éclairant. Pour aider les travailleurs mexicains en lutte contre la répression antisyndicale, alors qu’ils s’organisent pour s’opposer à leur exploitation, des syndicalistes américains ont profité des mécanismes de contrôle du traité de libre échange pour obliger l’administration Biden à se saisir de la question.



Deuxième plainte pour non respect du T-mec

L’USTR et le Ministère du travail des États-Unis ont demandé au gouvernement mexicain de réexaminer le cas de violations présumées de la liberté syndicale dans l’usine Tridonex, usine de pièces automobiles.



En mai dernier, des syndicats états-uniens dont l’AFL-CIO (centrale proche du parti démocrate) et d’autres groupes ont présenté la première demande d’un cas de réponse rapide de travail contre Tridonex dans le cadre du nouveau Traité entre le Mexique, les États-Unis et le Canada (T-MEC, promu par l’administration Trump en 2018-2019).


Pour la deuxième fois en un mois, les États-Unis ont donc pris des mesures dans le cadre du mécanisme de réaction rapide du T-MEC, en déposant première plainte pour violations présumées le 12 mai dernier pour violation présumée de la liberté syndicale dans la légitimation de la convention collective de travail dans l’usine de General Motors, à Silao, Guanajuato.

Dans un communiqué, le représentant commercial des États-Unis, Katherine Tai, et le secrétaire américain au Travail, Marty Walsh, ont annoncé ce mercredi que les États-Unis ont demandé au Mexique de vérifier si les travailleurs de l’usine de Tridonex, à Matamoros, Tamaulipas, voient leurs droits de libre association et de négociation collective violés (ce qui est un fait avéré selon les dénonciations de l’avocate Susana Prieto et du mouvement ouvrier de Matomoros)

(« Ceci) démontre l’engagement de l’administration Biden-Harris pour l’application du droit du travail », a souligné la Représentation commerciale (bien que Biden ait critiqué Trump pour la mise en place de ce nouveau traité jugé « protectionniste » au moment de sa signature, il en récolte les fruits aujourd’hui).

« Faire respecter les normes de travail au sein duT-MEC est un pilier central de la politique commerciale centrée sur le travailleur de l’administration Biden-Harris », a déclaré Tai.

« Le mécanisme de réponse rapide a été créé pour traiter rapidement les conflits du travail, et cette annonce démontre notre engagement à utiliser les outils de l’accord pour défendre les travailleurs dans le pays et à l’étranger », a-t-il ajouté.

L’affaire est dirigée contre Tridonex, société basée à Matamoros, dont la société mère est Cardone Industries (Philadelphie) et qui est contrôlée par la société canadienne Brookfield Asset Management.

Les syndicalistes états-uniens font valoir que les travailleurs de Tridomex ont été harcelés et licenciés pour leurs efforts pour s’organiser avec un syndicat indépendant, SNITIS (fruit du grand mouvement de grève à Matamoros depuis 2019) au lieu du syndicat pro-patronal imposé en faveur de Tridonex (le SJOIIM affilié à la tristement célèbre CTM, centrale pro-patronale qui reste majoritaire au niveau national).

Dans le cadre de la répression Susana Prieto Terrazas, l’avocate mexicaine du travail et leader du SNITIS et du mouvement ouvrier, a été arrêtée et emprisonnée l’année dernière pendant 23 jours ainsi que menacée de mort (aujourd’hui le gouverneur de l’État du Tamaulipas, Cabeza de Vaca, est poursuivi pour corruption et pour abus de pouvoir pour avoir orchestré la chasse aux sorcières contre l’avocate et les représentants du mouvement ouvrier en violant l’autonomie de la justice de l’État).

« La capacité des travailleurs à exercer leurs droits humains fondamentaux et la liberté d’association et de négociation collective sans représailles est essentielle pour construire des syndicats indépendants au Mexique », a déclaré Walsh.

L’ILC examine les plaintes dans le cadre du Mécanisme de réponse rapide du Traité qu’elle reçoit et les informations qui les accompagnent dans un délai de 30 jours.

Ce mercredi, le Comité a conclu qu’il existe suffisamment de preuves crédibles d’un déni de droits permettant l’invocation de bonne foi des mécanismes de mise en œuvre.

En conséquence, le représentant commercial a demandé au Mexique de vérifier si les travailleurs de l’usine de Tridonex se voient violer leur droit à la libre association et à la négociation collective.

Le Mexique a 10 jours pour accepter révision et, 45 jours à partir pour y remédier. Dans un communiqué commun, les ministères de l’Économie et du Travail ont déclaré qu’ils examineront la demande du gouvernement des États-Unis et que le gouvernement du Mexique est déterminé à garantir le respect du Traité en faveur de la reconnaissance et du respect des droits des travailleurs du Mexique et de la région de l’Amérique du Nord. Le cas reste à suivre.

Depuis notre correspondant au Mexique pour www.initiative-communiste.fr